‹ Beire-le-Chatel et ses anciens fiefsChapitre 80 sur 174 · XXXIX. -^François Gueneau · texte numérisé non relu

XXXIX. -^François Gueneau

Ainsi qu'il vient d'être dit à l'article précédent, par contrat en date du 20 août 1704, reçu Jean- Baptiste Rousselot, notaire à Dijon, il acheta avec Marie Borthon, son épouse, la seigneurie de Beirela-Ville en totahté et de Beire-le-Châtel en partie.

— Le prix de cette acquisition ne fut, cette fois, que de 45,000 livres, dont les anciens seigneurs, c'est-à-dire les époux Priouset, ne reçurent que 916 livres. François Gueneau et son épouse se

1) Arfli. lin cliût., terrier de 1723, fol. 125.

chargèrent de la liquidation de leurs dettes s'éievant à la somme de 44,084 livres. — Ce contrat qualifie le nouveau seigneur de Beire du titre d'avocat au parlement, résidant à Auxonne (1).

François Gueneau et Marie Borthon ne conservèrent leur seigneurie de Beire qu'une douzaine d'annés environ, car ils la vendirent au commencement du règne de Louis XV. — On voit, néanmoins, qu'ils soignèrent leur terre mieux que ne l'avaient fait les époux Priouset : en effet, l'acte de la vente qu'ils en firent en 1716, indique plusieurs propriétés nouvelles qu'ils avaient ajoutées à leur domaine, une, entre autres, du prix de 2,000 livres provenant de « damoiselle Leblanc, légataire universelle de M. le conseiller Le Belin. » Ceci nous fait comprendre assez clairement que la famille Le Belin, qui posséda plus tard le château de Beire, avait déjà quelques intérêts dans cotte commune; — dèsrannéel704, d'ailleurs, M.Etienne Le Belin était créancier de Denis Priouset pour une somme de 10,000 livres (2). — On voit aussi, bien avant celte date, un avocat du nom de Malpoy posséder un domaine sur le finage de Beire : si nous en faisons ici la remarque, c'est qu'André Malpoy va devenir le successeur de François Gueneau dans la seigneurie de ce lieu.

Le 11 novembre 1713, par devant M« Ixousselot, notaire à Dijon, un traité lut passé entre messire Gueneau et les habitants de Beire, en vertu du-

(1) Arcli. (lu cliAt., grosse ilii coiilrat.

(2) lil.

ET SES ANCIENS SEIGNEUlîS 2o3

quel ce seigneur, qualifié des litres d'écuyer et de seul seigneur de Beire-la- Ville et de Beire-le- Chàtel en partie, accorda aux iiabitants la concession, à perpétuité, du droit de parcours dans deux pièces de pré : l'une située près du moulin et appelée le pré du verger; l'autre provenant d'un essart fait récemment au Bois-Bas et qui portait le nom de pré Petin. — De leur côté, ainsi qu'il est écrit dans la délibération du 8 octobre de la même année, les habitants, on la personne de Jean Bonnette et de Nicolas Poirel, leurs écbevins, s'étaient engagés, envers leur seigneur, à une corvée d'une journée de charrue par chaque laboureur, et cela également à perpétuité, sous peine d'une amende de 20 sols, pour chaque infraction au traité convenu. — Le seigneur et les habitants s'engagèrent réciproquement de leurs biens pour le maintien des clauses de ce contrat.

La communauté, « convoquée à la manière accoutumée, » s'était assemblée à l'issue de la grand'messe, heure de midi, sur la place publique, probablement celle de la croix de la Charme. — Elle était composée « de la majeure et plus grande partie des habitants, » parmi lesquels on remarquait, outre les deux écbevins plus haut nommés : Nicolas Bonnette, Jean Collaudin père, Jean Collaudin fils, Jean Golton l'aîné, François Monnet, Jean Cotton dit Grand pré, Michel Canet, Denis Millot, Nicolas Millot, etc. (1).

']) Arcli. (lu cli;U., terrier do 1735, fol. 128 et 1-29.

25 i LE CHATEAU DE [JE IRE

Les actes des registres de catholicité nous apprennent que messii'c François Gueneau avait au moins deux enfants : 1" Jean qui fut parrain, le 28juin 1705, de Jean Lanil)ert; 2*^ Marie-Elisabeth qui fut aussi marraine, le 13 janvier 1706, de Marin- EHsabeth Piccardet, tenue par elle sur les fonts baptismaux, avec Pierre Petit, fils de l'ccuyer de ce nom, possesseur d'un domaine sur Beire.

Le nouveau seigneur, selon la coutume , fit sa reprise de fief le 19 décembre 1704, et présenta son dénombrement au seigneur de Mirebeau, le 20 mai 1705. Il y prend le titre d'avocat au Parlement, mais sa résidence est alors indiquée à Chàlons en Champagne (1).

Quant à la foi et à l'hommage qu'il devait à l'abbé de Bèze, alors Jean deFerrière Sauvebœuf, pour ce qu'il possédait sur le territoire de Yiévigne, dont l'abbé du monastère de Bèze était le seigneur, l'acte en fut accompli par délégation et eut lieu, devant ledit abbé, le 11 février 1705, à l'hôtel de la Croixd'Or, rue Guillaume à Dijon, où maître Gabriel Davot, conseiller du roi, substitut du procureur général au Parlement de Bourgogne, « s étant mis en vassal, » fut admis comme mandataire de messire Gueneau, à sa prestation de serment (2).

Pour bien faire comprendre au lecteur ce qui se passait en semblable circonstance, nous allons mettre ici, sous ses yeux, la copie d'une pièce des archives du château (3) ; — c'est l'acte do foi et d'hom-

'M Pei.nceoé, vol. vil, p. C31. (Arch. dép., B. 1092:^.) {i) Arch. (lu cbât., copie île rhonima<ïe rendu (3) Id.

mage rendu par l'écuyer Petit au président Badoux, pour un fief sis à Beire, qu'il avait acheté de M"^<^ Surmain d'Auxonne. La voici textuellement :

(( Aujourd'hui dix-septième du mois d'Avril mil six cent quatre-vingt-six, au lieu deBère-le-Chastel, sur les neuf heures du matin, en présence, et pardevant moy Guillaume Guindey, notaire royal de la résidance de Lux, y réservé par sa Majesté, soubsigné, et au duché pairie et esvesché de Langres, a comparu en personne Claude-Joseph Petit, escuyer, demeurant à Viévigne, tant pour luy que pour dame Anthoinette Bysot, sa femme, pour laquelle il se faict tort. Lequel m'a remonstré qu'il m'auroit requis de m'acheminer aud. Bère avec lui, ce que j'ai faict, à l'effect de dresser procès-verbal de la reprise de fief qu'il entend faire tant pour luy que lad. dame, sa femme, des biens en fief par eux acquis de. dame Margueritte de la Croix, vesve de noble Hugues Surmain, ancien esleu des Estats de cette province, demeurant à Auxonne, par contract du neuf de Décembre dernier, reçeu Rouget, notaire royal à Dijon, lesd. biens mouvants et despendants de la terre et seigneurie dud. Bère-le-Chastel appartenant à messire Michel de Badoux, conseiller du Roy en ses conseils, président en sa chambre des comptes à Dijon, chevalier, seigneur de la Rue, de Bère-le- Chastel et de Bère-l'Eglise. Et pour y parvenir il s'est transporté avec moy le notaire, et les tesmoins en fin nommez à la porte du donjon du chasteau dud. Bère, où ayant frappé et demandé à parler aud. seigneur de Badoux, il est arrivé à l'instant, et en sa présence a déclaré, qu'il eslait en ce lieu,

2i)n i,K r.uATKAC on jiEiiii:

Il l'elTet de lui rendre les foys et hommages qui luy sont dheus au faict de lad. acquisition du fief cydevant tenus par led. sieur Surmain, lad. Dame sa femme et leurs autbeurs, notamment par noble Philippe Berbis, conseiller au Parlement de Bourgogne, suivant les titres et enseignements qui en ont esté remis aud. sieur Petit, qui offre de faire les soubsmissions requises , nécessaires et accoustumées ; ce qu'ayant été accepté par led. seigneur, iceluy sieur Petit, teste nue et le genoux en terre, a embrassé et baisé la chaisne dupont levy dud. chasteau, et promis sa iKlélité en toute rencontre aud. seigneur deBadoux, et au surplus faict toutes autres soubsmissions ordinaires en tel cas requis, mesme de donner un dénombrement au vray, en bonne forme, et bien coUationné aud. seigneur incessamment; pour l'entretenement et accomplissement de quoy il a soubmis et obligé ses biens par toultes cours royalles qu'il appartiendra.

« Dont et de quoy j'ai dressé mon présent procèsverbal, et du tout donné et octroyé acte, tant aud. seigneur de Badoux qu'aud. sieur Petit, pour leur valoir et servir ce que de raison, mesmes des protestations faictes par led. seigneur de Badoux que telle reconnaissance et hommage ne puisse nuire ny préjudicier à ses droicts seigneuriaux, ny à tous autres qui luy peuvent compéter accause de lad. seigneurie dud. Bère. Le tout en présence de Nicaise Bourtotaux demeurant aud. Bèro, avec Jeau- Hiérosme Remilly laboureur aud. lieu, tesmoins requis et soubsignez avec led. seigneur de Badoux, et led. sieur Petit, et moy led. notaire. »

ET SliS ANCIENS bEKiNEUItS ïioT

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