CHAPITRE X
Anciennes familles de Beire.
Nous venons de dresser, aussi fidèlement que possible, la liste, depuis l'an 1015, des anciens seigneurs de Beire. — Nous avons naturellement parlé plus longuement de MM. de Boissieu que de leurs devanciers : nous les avons personnellement connus, les documents abondaient, et d'ailleurs la reconnaissance et l'amitié ont des devoirs que nous no devions pas oublier.
Maintenant disons un mot de chacune des vieilles familles du pays. Pour établir la liste que nous voulons en dresser, nous suivrons scrupuleusement la méthode que nous avons adoptée relativement à la maison seigneuriale de Beire : nous n'enregistrerons aucun nom, que nous ne l'ayons vu de nos yeux : ou sur les recherches des feux que nous avons pu consulter aux archives de laCôte-d'Or, ou dans les anciens terriers et manuels du château, ou enfin dans les registres de catholicité do la paroisse, tenus assez régulièrement d'ailleurs, et remontant à l'année 1028. — Avant cette date, nous nous contenterons d'indiquer les sources, dont nous venons
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de parler, à l'appui des âges que nous assignerons aux diverses familles qui composeront notre liste. — Mais à partir de 1628 nous pourrons, au besoin, donner un extrait des actes contenus dans les registres de catholicité où il en est fait mention.
Les recherches des feux, dont nous avons pu prendre copie aux archives départementales, sont celles des années 1375, 1397, 1400, 1431 et 1469. — Nous les avons complétées par un dénombrement, très étendu, que Nicolas de Baudoncourt, seigneur de la Tour de Beire, fit, le 9 octobre 1446, à messire Jean de Beauftremont, seigneur de Mirebel, relativement à sa seigneurie de Beire. Toutes ces listes combinées et échelonnées, pendant l'espace d'un siècle, peuvent, avec ce dénombrement, nous donner un état à peu près exact des habitants de Beire , durant ce laps de temps. — Or, ces divers documents, que nous avons consultés avec soin, ne contiennent que quatre noms actuellement conservés dans la paroisse, savoir : ceux des familles Monnet, Girard, Canet et Boy, qui seront naturellement placés en tête de notre liste. — Nous ne prétendons pas, bien entendu, amoindrir les titres des familles qui pourraient se donner des origines plus reculées. Nous procédons en raison des documents que nous avons pu recueillir ; et si on en découvre jamais d'autres, il sera toujours facile de joindre le résultat de ces découvertes à notre travail. Nous faisons simplement, qu'on veuille bien se le rappeler, l'office de glaneur ; et si de nombreux épis nous échappent, nous verrons avec plaisir d'autres les ramasser.
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iKî Tau 1109 à l'an 1G28, nous nous servirons dos manuels à cens et des terriers du château. — Mais à dater de l'an '1028, nous aurons à notre disposition les registres de catholicité, que nous n'entendons consulter, toutefois, que jusqu'à l'année 1750, tenant pour jeunes toutes les familles qui viennent après cette date. — Ceux qui voudront, après nous, rédiger les chroniques de Beire, n'auront plus qu'à s'aider, pour leur travail, des registres de l'état religieux de la paroisse, ou des listes électorales de la commune. — Ces préliminaires posés, nous dressons notre liste des anciennes familles de Beire dans l'ordre qui suit :
!. — Famille Monnet (1373).
Elle figure, nombreuse, sur les cinq hstes que nous possédons de la recherche des feux en Bourgogne, dont la première remonte à l'an 1375, sous le règne de Charles V, alors qu'Henri de Baudoncourt était seigneur de Beire. Sur cette première liste , on voit les noms qui suivent : « Jehan le Monnet, Vautrin le Monnet et lluot le Monnet. >■> — Elle réapparaît, toujours nombreuse, aux diverses confections de terriers et dans les manuels à cens du château. — 11 en est souvent fait mention, particulièrement au terrier de 1579, dressé par le notaire Jean Clopin, où nous retrouvons les noms de « Jean Monnet l'aîné, Jean Monnet le jeune, Iluguenin Monnet, Nicolas Monnet, Guillaume Monnet, Glaudin Monnet, etc. » — J^ors de la peste dite suédoise, en 1030, sous le règne de Louis XIll,
messiro Claude Gomard, curé de Beire, enregistra un grand nombre de décès des membres de cette famille , ainsi qu'on en aura ultérieurement la preuve.
Lorsque, huit ans plus tard, au mois d'octobre 1644, Jacques Comeau, chargé de l'inspection du bailliage de Dijon dévasté en 1G36 par le général Gallas, se présenta pour visiter la communauté de Beire, Nicolas Monnet était l'un des deux échevins de la paroisse, comme le démontre le procès-verbal qui suit que nous empruntons à M. Bossignol : « Le dict jour, à Beyre-l'Eglise, parlant à Nicolas Monnet, lung des eschevins de la communaulté, nous a esté dict que les roolles sont à Beyre-le -Chasteau, entre les mains du greffier de Noyron. (C'était alors Jean Cariet amodiateur de la seigneurie de Beire.) Et lui ayant ordonné de nous y conduire, il a dict qu'il avait autre chose à faire, battant toute la journée à la grange » (l).
Le jeudi 27 juin 1723, François Monnel, laboureur à Beire-le-Châtel, fait partie de l'assemblée des habitants, réunis sur la place de la croix de la Charme , à l'effet de procéder à la rénovation de l'ancien terrier de la seigneurie de Beire, appartenant alors à l'écuyer Malpoy (André) , trésorier général de France. Ce môme François Monnet faisait déjà partie de l'assemblée du 8 octobre 1713, relatée plus haut, à l'article consacré au seigneur François Gueneau.
(1) Rossignol, Bailliage de Dijon.
De 1644 à 1813, les registres de catholicité de la paroisse de Beire nous parlent fréquemment des membres de cette ancienne famille, qui furent généralement laboureurs. — Nicolas Monnet fut adjoint au mairede Beire, sous la réserve d'un léger intervalle, de 1813 à 1830. — Enfin, en ce moment encore, la famille Monnet, la plus ancienne de Beire, y est représentée par dôux de ses descendants ; Monnet Bernard et Monnet Laurent.