CHAPITRE III
Industries agricoles. — Alimentation publique. — Industries diverses. — Constructions. — Prix des matériaux. — Prix de la main-d'œuvre. — Industries indigènes.
Nous avons assez long-iiement développé, dans un autre ouvrage (1), cette idée qu'un pays n'est pas ce que l'on veut qu'il soit, mais bien ce que le font les conditions économiques au milieu desquelles il est placé ainsi que les dispositions naturelles de sa population, pour ne pas y revenir en cet endroit.
Ces considérations nous ont amené à conclure que l'Algérie est essentiellement agricole, très-commerçante, industrielle surtout avec les produits de l'agriculture et avec ceux d'autre nature qui peuvent être consommés sur place.
Cette appréciation générale reste vraie dans son application particulière à notre arrondissement.
La première industrie qui se soit produite ici, est celle qui a pour but l'alimentation publique ; son développement a été rapide, par suite de l'important accroissement de la population européenne et de Taide incessante que lui a fournie l'agriculture locale.
La culture maraîchère est très-étendue dans notre contrée, et son importance s'accroît en même temps que la population augmente.
(\) L'Mfa, végétation, exploitalion, oominerfe, industrie, papeterie, ouvrage qui a obtenu trois médailles, dont deux de première classe a l'Académie nationale manulacturiére, et a la Société d'Acclimatation de l'ans.
Parmi les opérations agricoles du pays qui se séparent de l'agriculture proprement dite pour constituer de véritaLles industries, puisqu'elles tendont à apijroprier les produits des récoltes aux divers besoins des hommes, nous pouvons citer l'engraissement des bestiaux, la fabrication du vin et de l'huile, et les essais de cultures industrielles s'appliquant au lin et aiî tabac.
L'engraissement consiste, avant tout, à rechercher sur les marchés quelques bêtes maigres que détiennent les Indigènes, qui sont encore les principaux éleveurs, et à les soumettre à un régime mixte de pclturag-e et de nourriture à Tétable pour les rendre en bon état dans une période de temps relativement assez longue par suite du procédé employé.
A part quelques colons assez intelligents pour préparer une alimentation en vert, dans le but de hâter en hiver les résultats que l'on attend de cette industrie, on trouve peu d'exemples d'engraissement à l'étable poussé vigoureusement et économiquement grâce à des soins variés et à une nourriture saine et toujours abondante.
A côté de cette industrie se place celle qui comprend, avec la vente du lait, la préparation du beurre et des fromages, entreprise par quelques établissements qui tirent un très-bon parti de leur proximité d'une grande ville de consommation.
La fabrication du vin prend une importance de jjIus en plus grande, qui témoigne des soins éclairés donnés actuellement à une inchistrie d'un grand avenir et dont l'influence sur le peuplement européen est incontestable.
Aujourd'hui, les vins blancs et les vins rouges sont de bonne qualité, et se conservent bien ; la plupart constituent de bons vins de montagne ou de table, contenant 1 h d'alcool, plusieurs autres sont très-alcoolisés ( I éi" h l'appareil Malligan), chargés en couleur, et rappellent les productions similaires d'Espagne ; ces derniers peuvent être d'une grande utilité pour les pays où l'on se livre ti des coupages que des vins faibles et clairs, mais abondants, rendent nécessaires.
Les uns et les autres ayant, en outre, beaucoup de tanin
seront un précieux élément de commerce le jour où la production dépassera la consommation locale.
Après la période de défrichement et d'installation, dont nous avons parlé, quelques colons se sont mis à planter de la vigne, et cette culture, un moment entravée par les gelées de printemps, a pris un tel développement qu'une partie de la consommation est aujourd'hui alimentée par les vins du pays, dont le prix est de 0 fr.' 30 à 0 fr. 40 le litre.
Le lin n'a donné lieu qu'à de simples essais de culture, qui ont parfaitement réussi, mais que l'on a dû abandonner aussitôt, faute de moyens propres à utiliser la paille sur place.
Quoique la ramie offre une belle végétation, on s'est borné, comme pour le lin, à des essais de culture encore de très-peu d'importance.
La sériciculture réussit fort bien, comme en témoignent les élevages auxquels se livrent plusieurs cultivateurs ; la difficulté de placer ces produits sans avoir recours à de nombreux intermédiaires, entrave seule cette industrie qui donnerait autrement de fort bons résultats.
De nombreux mûriers, plantés dès le début de la création de Bel-Abbès, avaient même engagé la municipalité à établir une magnanerie importante, pourvue de tous les appareils nécessaires ; mais après divers insuccès provenant surtout de l'initiative qui présidait à cette entreprise, tout fut abandonné. Aujourd'hui cet établissement, situé non loin de la porte de Tlemcen, sert de marché public aux grains.
Il n'en est pas de même de la culture du tabac qui a toujours été des plus belles et que des difficultés de plusieurs natures ont fait abandonner, au moment où de sérieuses installations avaient été établies en vue de poursuivre, sur une grande échelle, cette production industrielle propre à accroître encore la prospérité de la contrée.
On ne saurait trop vivement demander que l'administration des Tabacs reprenne ses achats à Oran même, comme cela avait heureusement lieu dans le passé.
Si nos blés tendres jouissent d'une réputation méritée, il en
est de même des farines qu'ils produisent et qui servent à préparer un pain très-sain et de qualité supérieure.
Les nombreuses usines établies sur la "Mekerra se trouvent à BenYoub, Bou-Kanéfis Sidi-Klialed, Sidi-Fi'Hassen , Bel- Abbès , Muley-Abd-el Kader , le Rocher , Sidi-Brahim , les Trembles, Zelifa, et servent à l'alimentation du pays ainsi qu'au commerce d'exportation.
Nous avons entendu parler de deux vastes projets ayant pour but délever, en ville et au faubourg- Bng-eaud, deux établissements comprenant chacun dix ]iaires de meules mises en mouvement par la vajK'ur. Plusieurs usiniers ont d'ailleurs associé déjà la vapeur à la chute deau pour obtenir la force nécessaire à leur industrie, que la Mekerra ne peut leur procurer d'une façon complète pendant l'été.
Il est aussi question d'établir, dans des conditions trèsmodestes, de jjctits moulins destinés à utiliser, soit au Tessalah soit à ^lercier-Lacombe, et pendant une certaine époque de l'année, de petits cours d'eau d'une faible importance, comme cela a eu lieu non loin de la Tenira. L'Etat et le Syndicat des eaux ne devraient-ils pas faire préparer un tableau des chutes qui peuvent encore êtr^» utilisées par les industriels pour le tenir en tout temps à leur disposition? Cette manière de procéder rendrait assurément de très-g-rands services à l'une des plus sérieuses industries du pays, en lui évitant des recherches toujours difficiles, et en excitant le zèle des personnes en situation de tirer parti de ces renseig-nements.
Notre exploitation ag-ricole ayant été déjà citée, dans une note adressée h l'Exposition universelle par la municipalité de Bel-Abbès, comme la seule usine produi.sint de l'huile d'olive, nous ne pouvons nous dispenser de sig-naler cette indu.-^trie, qui est destinée à prendre une g'rande extension.
La culture de l'olivier qui caractérise précisément cette con trée agricole, est une des plus lucratives que l'on puisse entreprendre, aussi connnence-t-on à s'y adonner dune farou trèssérieu.'^e.
D'un autre côté, quelques intéressés g-reffent avec succès les
vieux oliviers qui couvrent certaines parties du territoire, et l'Administration de Bou-Kanéfis se fait remarquer, en particulier, par ce genre d'essai qu'elle poursuit sur une assez grande échelle.
Dans quelques années la fabrication de l'huile prendra donc sa place parmi les plus importantes industries du pays, aussi convient-il de dire que notre production, qui n'était en 1874 que de 035 litres, a atteint en 1880 le chiffre de 1 ,4o2 litres.
L'huile ainsi fabriquée est d'excellente qualité et se vend 1 fr. 75 sur place, ce qui met, tous frais déduits, le kilo d'olives à 0 fr. 30 centimes, avec un rendement de 19 litres par 100 kilos d'olives, alors que nous ne vendons le fruit, à l'état ordinaire, qu'à raison de 0 fr. 20 le kilo, et que la consommation, fort restreinte, ne suffit pas à une grande production.
La cueillette de l'olive revient de 2 fr. 50 à 5 fr.50 le quintal, suivant l'abondance de la récolte ; si cette dernière est importante, un homme peut cueillir de 6 à 7 kilos dans une heure.
Il y a là une branche d'industrie qui ne saurait trop être recommandée à l'attention de nos agriculteurs.
La fabrication des pûtes alimentaires se poursuit à Bel-Abbès depuis plus de vingt-cinq années, et donne des résultats qui ont été distingués et récompensés à l'Exposition générale d'Oran, en octobre 1877.
Deux établissements, oii six hommes sont employés toute l'année, livrent à la consommation des macaronis, vermicelles, semoules, pâtes d'Italie, susceptibles de rivaliser avec les mêmes productions des autres localités, et à des prix qui varient suivant les cours des céréales.
La classe ouvrière surtout bénéficie de cet état de choses qui lui permet d'acheter, à des conditions normales, un produit qui entre pour une grande part dans son alimentation.
Pour en finir avec les industries de cette nature, disons encore que deux brasseries livrent à la consommation une bière trèsappréciée.
Le plus ancien de ces établissements occupe toute l'année huit ouvriers, utilise 500 quintaux d'orge crue qui, une fois
préparée, perd environ 1/3^ de son poids, 10 quintaux de houblon de Bohême et de Bavière, 100 quintaux de coke, 400 mètres cubes de bois de chauffage, et produit annuellement i ,500 hectolitres d'une bière excellente qui, en 1880, a obtenu une médaille de bronze à l'Exposition d'Oran.
Plusieurs autres industries sont à signaler, bien que certaines d'entre elles ne constituent, à proprement dire, que de véritables essais, parce qu'elles sont le résultat d'efforts tentés par une population nombreuse, agglomérée sur un même point, et qui cherche des moyens d'existence dans l'introduction de procédés employés au pays natal.
C'est ainsi qu'indépendamment de nombreux débitants de tabac qui tirent leurs produits tout fabriqués d'Oran et d'Alger, il existe à Bel-Abbès sept établissements employant jusqu'à 53 ouvriers des deux sexes à la fabrication du tabac à fumer, des cigares et des cigarettes.
Dans un de nos faubourgs, un Barcelonais a établi une distillerie pour y préparer l'anisette. Trois ouvriers y sont employés, et la production peut s'élever à 900 litres par jour, rivalisant pour le prix et la qualité avec celle tirée directement d'Espagne.
Avec nos plantations de vignes, déplus en plus étendues, et notre population espagnole très-nombreuse, cette industrie est destinée ù, devenir importante.
Un habitant de Murcie a monté un métier à tisser, en vue d'utiliser la laine du pays et de fabriquer des couvertures et des draps grossiers. Un Musulman a également établi un métier pour le tissage des étoffes de laine indigènes.
D'un autre côté des essais ont été tentés, sans succès faute de fonds suffisants, pour fabriquer la bourre de chiffons de laine.
Il est d'autant plus intéressant, malgré tout, de reproduire ces expériences que, dans un avenir prochain, elles peuvent être reprises et augmentées pour concourir à la prospérité de l'arrondissement.
Le tannage des peaux, la tonnellerie, les corps de métier utiles à l'agriculture : le charrounage, la ferrure des chevaux,
la bourrelerie, les forges et ateliers de mécanique, donnent lieu à des industries très-prospères.
Ces derniers seuls, où se construit et se répare l'outillag-e agricole, sont au nombre de 20, occupant IGO ouvriers, à Bel- Abbès ou dans la banlieue. L'un de ces industriels, M. Mougeot, construit différents modèles de charrues qui ont été pbisieurs fois primés en Algérie, en France, ainsi qu'à Vienne ; un autre, M. Bergongnoiis, a remporté divers prix au dernier Concours régional d'Oran pour ses bisocs et ses charrues vigneronnes; ]\I. Keliand. dont une des principales préoccupations est aujourd'hui la serrurerie, a fabriqué des presses justement renommées, tandis que d'autres établissements de ce genre sont dirigés par de jeunes industriels sortant des écoles spéciales.
Le reste du territoire compte 18 autres ateliers ou forges situés dans les centres les plus importants, et qui utilisent 5i ouvriers. Depuis 1876, le chiffre d'ouvriers nécessaires à cette industrie a doublé dans l'arrondissement.
On compte deux imprimeries, dont la plus ancienne peut entreprendre de sérieux travaux et imprimer le Bulletin du Comice agricole, petite brochure trimestrielle de 48 pages.
L'arrondissement est riche en matériaux de constructions de toutes sortes, qui donnent lieu à une série d'entreprises où se trouvent employés un grand nombre d'ouvriers.
Ce sont d'abord les sables répartis un peu de tous côtés, mais dont les principaux bancs se trouvent au pont de bois de Bel- Abbès, au marché arabe, près du pont de pierre, à Muley-Abdel-Kader, et à 6 kilomètres sur la route de Daya.
Le gypse du Tessalah fournit \m excellent plâtre gris ou blanc ; il en est de même de celui récemment découvert à Zarouéla ; les terres à briques ont permis d'établir 0 tuileries à Muley-Abd-el-Kader, sur la route d'Oran et à Sidi-L'Hassen, foin-nissant tuiles, briques creuses et pleines, carreaux, etc. ; une fabrique de poteries, près du cimetière, livre au commerce des pots et des vases à Heur ordinaires ; enfin une terre plastique de Mercier-Lacombe, argile de qualité supérieure, a servi a fabriquer des tuiles de dimension spéciale et extraordinaire,
Utilisées i)(Kii- la cDii.stnictiou des rigoles d'irrigation des jardius de ce village.
Les pierres à chaux grasse sont des plus abondantes ; celles des mamelons des environs de Bel-Abbès donnent d'excellente chaux légèrement liydrauli(|ue. C'est une couche de calcaire grossier de 0"'2() à 0 "30 d'épaisseur qui se montre à une faible distance sous le sol, et qui est posée sur un banc de tuf argilocalcaire d'une grande profondeur, appartenant à la dernière période de formation des terrains tertiaires.
Parmi les belles pierres à bâtir, nous devons citer celles de Beu-Youlj, calcaire bleu foncé, excellent aussi pour la chaux, mais qui se prête surtout à rornomontation des constructions et des monuments ftniéraires.
Le calcaire dur de Tinchemar est très-estimé. Sur la rive gauche de la Mekerra, à trois kilomètres de Bel-Abbès, on trouve des moellons de calcaire dur qui se rencontrent au milieu de grès tendres et de tufs calcaires se rapportant aux ditierentes époques de la formation tertiaire.
A rOiU'd-Sarno, rive droite, et à neuf kilomètres de Bel- Abbès, il existe une pierre de taille, calcaire dur à grain fin, susceptible de poli, placée à proximité des carrières disst^minées de grès fréquemment calcarifères, et qui paraît appartenir aux formations les plus anciennes des terrains tertiaires. M. Xouzille a trouvé dans sa propriété du Tessalah un beau mar})re gris.
A Guendil, lo kilomètres de Bel-Abbès, se trouve une pierre détaille demi-dure, calcaire blanc dun grain fin, uniformément persillé et qui se laisse couper à la .scie. Elle existe au pied du versant sud de la chaîne qui sépare le plateau de Bel- Abbès des plaines d'Oran, à proximité et presque au milieu des grands gisements de sulfate de chaux (pie contiennent ces versants. Elle paraît appartenir aux couches les plus récentes des terrains secondaires.
A rOued-Inibert on trouve un calcaire de grès mixte, et aux Ouled-Ali un calcaire, grès pale, marne jaunâtre, fournissant une excellente pierre de taille.
Les poiiding'ues du Kçar susceptibles d'un poli magnifique, permettent d'obtenir une parfaite imitation du marbre. Les carrières de Ben-Italha, à 6 kilomètres en aval de Mercier- Lacombe, produisent un calcaire bleu clair ; à côté d'elles se trouvent des g-isement de grès calcaire rosé se prêtant très-bien aux constructions de luxe.
L'ensemble de ces pierres a donné lieu à un envoi de 2G échantillons de toute beauté, qui figuraient à l'Exposition universelle de 1878.
Ces indications générales ne peuvent avoir une valeur réelle que si elles sont accompagnées des prix qui les concernent et que nous empruntons au programme établi pour un concours ouvert par le Comice sur plusieurs projets de fermes.
Les prix élémentaires des divers matériaux se maintiennent dans les termes moyens suivants : le mètre cube de sable de ruisseau et df carrière, 3 fr. ; celui de moellons de tuf demi-dur, 3 fr. 50 ; de moellons de grès dur, 4 fr. ; de calcaire dur compacte, 4 fr. 50 ; de poudingue très-dur, 5 fr. ; de pierres de taille en marnes dures, blanches, ébauchées en carrière, 30 fr. ; de pierre de taille en calcaire, gneiss ou poudingue, en carrière, 4o fr. ; de dalles brutes de O'^lo à 0'"20 d'épaisseur, en carrière, 40 fr. ; de chaux grasse, prise au four, 12 fr. ; les cent kilogrammes de chaux hydraulique blutée, en sacs dans les entrepôts de la ville, G fr. ; les cent kilos de ciment de diverses qualités, prix moyen de 12 à 15 francs ; les cent kilos de plâtre du pa^^s, pris aux entrepôts de la ville, 2 fr. 50; le mille de briques prises aux fours voisins de la ville ou des villages environnants, 30 à 35 fr. ; le mille de tuiles creuses ordinaires, prises dans les mêmes conditions, 33 au mètre superficiel, 50 à GO fr. ; le mille de tuiles plates, dites mécaniques, venant de France, prises en ville, 15 au mètre superficiel, 200 fr. ; le mille de carreaux, pans carrés du pays, 50 à 60 fr. ; le mille de tomettes venant de France, 150 fr. ; le mètre cube de bois de charpente brute en sapin, en po\itres ou poutrelles, 120 fr. ; la planche de 4'" à 4'"20 de long sur 0'"30 ;i 0"'33 de large, et 0'"025 à 0'"03 d'épaisseur la pièce, 3 fr. 75 c. ; les cent kilos de
fer brut, GO à 70 fr. ; de fonte, 20 h 50 fr. ; de plomb, 90 à 100 fr. ; le kilo de cuivre, o à 7 fr. ; celui du fer ouvragé, de 1 fr. 2.'jà 2 fr. ; les cent kilos de zinc, prix moyen, 100 à 120fr. ; la quincaillerie se vend au poids, comme les pentures, paumelles, gonds, à raison de 0 fr. 90 à 1 fr. 10 le kilo; les serrures de 4 à 20 fr. la pièce ; les crémones de 3 à 10 fr. ; les loquets de 1 fr. "0 à 5 fr. ; les verroux, de 1 à 5 fr. : les charnières à fiches ou ])etites pentures, de 0 fr. 50 à 1 fr. ; la peinture à l'huile à deux couches vaut de 0 fr. 80 à l fr. le mètre superficiel ; le badigeon à la colle de 0 fr. 20 à 0 fr. 50.
La main-d'œuvre et les transports se paient de la manière suivante : la journée de manœuvre de choix, de 3 à 5 fr. 50 ; celle de manœuvre ordinaire de 2 à 2 fr. 7o : celle du maçon, de 5 à7 fr. ; du tailleur de pierre, de 6 h 8 fr. ; du charpentier et du menuisier, de 6 à 8 fr. ; du serrurier, de l'ajusteur, de G à 7 fr. ; du ferblantier-plombier, de 5 à G fr. ; du carrier, du mineur, de i à 5 fr. ; dune voiture ou d'un tombereau à un collier, guide compris, G fr. ; à deux colliers, 12 fr. ; à trois colliers, 16 fr. ; les transports au poids par chemin de fer d'Oran valent de 5 à lo fr. la tonne; les transports au poids par roulage, la bordelaise de 250 kilos, de 4 à. G francs.
Enfin, les industries extractives sont des plus actives dans l'arrondissement, et leur importance est d'autant plus grande qu'elles permettent un emploi judicieux et prolongé de la maind'œuvre étrangère, précisément aux époques où l'agriculture ne l'utilise plus.
Le bois de chauffage, le charbon, les écorces de chêne -vert, le goudron, l'alfa, le thuya de Bel-Abbès, sont l'objet de sérieux travaux, et prennent une part considérable dans le mouvement commercial du département .
L'industrie du crin végétal, récemment introduite sur ce territoire, utilise un personnel assez nombreux, tandis que quatre ateliers de sparterie occupent une vingtaine d'ouvriers à la fabrication des paniers, nattes, chaussures en alfa, .sans parler des cordag(^s (jui servent à tous les usages de l'agriculture, notamment pour attacher les gerbes de céréales, et qui sont
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préparés dans les familles mômes, et principalement par les femmes espagnoles.
L'exploitation de l'alfa a permis d'occuper un nombre considéraljle d'ouvriers, et a toujours été très-importante depuis le premier jour, la ligne de Bel-Abbès à Oran étant la plus courte que l'un puisse utiliser pour porter ce produit à la mer.
L'alfa croissant spontanément dans les environs, il s'agit ici d'une industrie purement agricole au début, qui devient commerciale lorsque le commerce donne de la valeur à ce produit en l'achetant à la main-d'œuvre qui l'a arraché pour le mettre à la portée du consommateur.
Cette valeur n'étant le résultat d'une transformation que pour la spart >rie et non pour la papeterie et les autres fabrications très-variées que l'on retrouve en France et en Angleterre, il n'est pas question ici de l'industrie manufacturière.
L'exploitation de l'alfa donne lieu à une série d'opérations très-intéressantes qu'il serait trop long* de reproduire ici, et pour lesquelles nous renvoyons le lecteur, désireux d'obtenir de plus complets renseig'nements, à l'ouvrage que nous avons déjà cité.
Quant aux industries des Indigènes, il n'en exista aucune dans l'arrondissement qui soit appliquée directement à la fabrication de produits destinés à la vente.
Les tapis qu'ils préparent servent à leur usage personnel ; il en est de même des haïks, burnous, sacs à grains (el-ghara), et des tentes (guitoun), qui sont fabriqués par les femmes, à l'aide d'appareils portatifs et des plus simples. Ils préparent aussi des instruments d'agriculture primitifs et les ustensiles de ménag'e les plus ordinaires.
En résumé, l'industrie à Bel-Abbès est avant tout agricole et offre des parties très-sérieuses à côté d'autres qui ne peuvent être considérées que comme des essais qu'il convient de poursuivre résolument.
Ses principaux auxiliaires doivent être, avec l'accroissement delà population, l'établissement de sociétés de crédit, la con-
tiniiation des chemins de fer, à défaut de cours d'eau importants, et le bon entretien de nos voies de communication. La loi du 23 février 1881 , relative à l'organisation des ConseQs de Prud'hommes en Algérie, ne peut lui être que très-favorable.