‹ Bel-Abbès et son arrondissement; histoire, divisions administratives, travaux publics, services publics, statistique, topographie, agriculture, commerce et industrie depuis leur création jusqu'a nos jours. Avec cartes, plans, tableaux synoptiques et chronologiquesChapitre 75 sur 82 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Débuts. — Transformations. — Mouvement commercial en 1880. — Importations. — Exportations. — Statisque. — Céréales. — Alfa. — Achat de terrains. — Marchés de l'arrondissement. — Avenir du commerce.

Si le commerce offre, dans le monde entier, un des plus puissants auxiliaires de la prospérité d'un pays, combien son importance ne è'randit-elle pas ici, où l'industrie est encore à ses débuts ?

Comme pour le reste "de la colonie, le commerce de notre arrondissement tire avant tout de l'agriculture ses principaux éléments de succès, et cette situation trouve, en quelque sorte, son explication dans la série des faits qui ont accompagné notre installation en cet endroit.

L'occupation de ce territoire, purement militaire au commencement, n'a donné lieu, tout d'abord, qu'à des transactions ayant pour but l'alimentation des troupes et des quelques industriels venus à leur suite pour se livrer à ces premières opérations commerciales qui, en général très-avantageuses, ont constitué le point de départ de fortunes importantes.

Pendant ce temps, les Indigènes, un moment surpris d'un état de choses qui tendait h modifier complètement leur manière de vivre, en faisant disparaître l'isolement dans lequel ils se trouvaient précédemment, ne tardèrent pas à reprendre leurs

travaux, et, peu à peu, en s'iiabituant à nous, à créer les premiers liens d'échang-es un peu sérieux.

Mais bientôt arrivèrent les colons qui prirent résolument possession du sol, et (|ui, pour le peupler, le défri ;her, le bâtir et entreprendre les ])remières cultures, sollicitèrent du commerce les divers matériaux de construction, tout en donnant une plus grande activité à l'importation des produits nécessaires à l'alimentation, tandis qu'ils invitaient les Indigènes, désormais mêlés à nos populations, à demander tout ce qui pouvait être utile à leur nouvelle existence, et ù offrir en échang-e leur laine, leurs bestiaux et le bois de chauffag-e indispensables à la colonisation nouvellement implantée dans cette contrée.

Tel fut le ])oint de départ de notre commerce, qui eut alors une vie propre avec ses intermédiaires directs, et qui depuis n'a fait que prendre un essor toujours plus grand.

Comme cela devait se produire au milieu d'une population fortement adonnée à l'agriculture, une des premières transformations que subit l'état de choses qui vient d'être retracé, fut la diminution assez sensible des importations par suite de la production sur les lieux mêmes des céréales de très-bonne qualité, qui furent converties en farine par les usines construites sur la Mekerra, des légumes et des produits maraîchers, du vin et de quelques autres récoltes.

Les mêiiies faits suivant une marche régulièrement progressive au fur et à mesure que le pays était plus intimement livré aux efforts per.sévérants de nos colons, que les défrichements se poursuivaient avec ardeur. (|ue les cultures s'amélioraient, la ])roduction dépassa bientôt la consommation, et cet excédant vint doiuier un nouvel élan à notre commerce en lui procurant des éléments d'échanges pour le dehors, bien faits pour rendre sa tâche plus grande et ])lus facile en même temps.

Bien qu'aucun document officiel ne nous permette de chiffrer l'importance du mouvement commercial dans le passé, comme il est aisé de le faire dans un ])ort de mer, ou bien encore comme nous allons l'établir pour la période actuelle à l'aide de

renseignements que nous devons à l'obligeance de l'administration de rOuerit- Algérien, nous pouvons avancer, d'une manière générale, que le commerce de notre arrondissement, alimenté uniquement, dans les premiers temps, par l'importation, a rapidement créé son mouvement d'exportation, conséquence forcée de l'état prospère de la colonisation.

Mais, dès l'année \ 870, l'équilibre n'existe plus et, grâce aux résultats considérables que donne l'exploitation de l'alfa, Bel- Abbès entre h grands pas dans la voie que recherchent tous les pajs prospères et bien dotés, en livrant au dehors plus que ne réclament les besoins du dedans.

A partir de ce moment les exportations ne cessent de l'emporter sur les importations, et c'est encore ce qui existe aujourd'hui, comme il est aisé de s'en convaincre par les chiffres suivants qui reproduisent, par ordre d'importance, le tonnage des marchandises exportées et importées, par grande et petite vitesse, sur le chemin de fer de Bel-Abbès à Oran, du 1" janvier au 51 décembre 1880.

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