VAUDREC, MADELEINE, DUROY
DuROY entre joyeux et dit orgueilleusement. — Hein ?
Madeleine. — Quoi?
DuROY. — Ça ne vous étonne pas?... Je n'habite pas loin, c'est vrai ; mais enfin !... je n'ai pas perdu de temps !... Frégoli, quoi?... Et je suis le premier.
Vaudrec. — Pardon ! je siiis là !
(Moment de gêne.)
Madeleine. — Paul sera ici dans un instant : il s'habille, il est rentré tard... Vous permettez !... Il faut que je jette un coup d'œil dans la salle à manger... (Elle sort.)
Vaudrec. — Eh bien !... l'existence est belle, monsieur Duroy.
DuROY. — Je n'ai pas à me plaindre.
Vaudrec. — Je lis avec intérêt vos « échos ».
Duroy. — Trop aimable !
Vaudrec. — Si !... si !... C'est méchant !... c'est injuste !... c'est très bien...
Duroy. — Je suis confus !
Vaudrec. — Et les femmes ; ça va, les femmes?
Duroy. — Penh !
Vaudrec. — Sapristi ! un gaillard comme vous, et qui est chef des « échos », dans un grand journal.
Duroy. — Oh ! vous savez ! quand nous voulons faire une amabilité dans le journal, nous la payons...
Vaudrec. — Bah !
DuROT. — Le mois dernier, j'ai fait passer une ligne aimable sur la petite Marsia, des Variétés... Eh bien ! à la fin du mois, à la caisse, on m'a retenu vingt francs à titre de publicité... Ordre du patron...
Vaudrec. — Il est très bien, M. Walter : un type à la Balzac !
Duroy. — Ou a la Forain !
Vaudrec. — C'est la même chose !