‹ Bel-amiChapitre 20 sur 77 · VAUDREC, MADELEINE, DUROY · texte numérisé non relu

VAUDREC, MADELEINE, DUROY

DuROY entre joyeux et dit orgueilleusement. — Hein ?

Madeleine. — Quoi?

DuROY. — Ça ne vous étonne pas?... Je n'habite pas loin, c'est vrai ; mais enfin !... je n'ai pas perdu de temps !... Frégoli, quoi?... Et je suis le premier.

Vaudrec. — Pardon ! je siiis là !

(Moment de gêne.)

Madeleine. — Paul sera ici dans un instant : il s'habille, il est rentré tard... Vous permettez !... Il faut que je jette un coup d'œil dans la salle à manger... (Elle sort.)

Vaudrec. — Eh bien !... l'existence est belle, monsieur Duroy.

DuROY. — Je n'ai pas à me plaindre.

Vaudrec. — Je lis avec intérêt vos « échos ».

Duroy. — Trop aimable !

Vaudrec. — Si !... si !... C'est méchant !... c'est injuste !... c'est très bien...

Duroy. — Je suis confus !

Vaudrec. — Et les femmes ; ça va, les femmes?

Duroy. — Penh !

Vaudrec. — Sapristi ! un gaillard comme vous, et qui est chef des « échos », dans un grand journal.

Duroy. — Oh ! vous savez ! quand nous voulons faire une amabilité dans le journal, nous la payons...

Vaudrec. — Bah !

DuROT. — Le mois dernier, j'ai fait passer une ligne aimable sur la petite Marsia, des Variétés... Eh bien ! à la fin du mois, à la caisse, on m'a retenu vingt francs à titre de publicité... Ordre du patron...

Vaudrec. — Il est très bien, M. Walter : un type à la Balzac !

Duroy. — Ou a la Forain !

Vaudrec. — C'est la même chose !

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