DUROY, VAUDREC, CLOTILDE, LAURINE
(Sur cette réplique 3f "* de Marelle et Laurine sont entrées)
Clotilde. — Bonjour, monsieur Duroy !
Duroy, contraint. — Madame !
Clotilde. — Bonjour, Vaudrec. (Vaudrec lui baise la main.) Et vou.s, monsieur Duroy, vous ne voulez pas me baiser la main !... Vous êtes fâché?
Duroy. — Oh ! non T
(Il lui haise la main.)
Clotilde. — Eh bien, Laurine, tu ne dis pas bonsoir à M. de Vaudrec.
Laurine, très digne. — Bonsoir, monsieur !
Vaudrec. — Bonsoir, ma petite Laurine.
Clotilde. — Ne l'appelez pas « ma petite » ; elle a horreur de ça !
Duroy. — Alors, mademoiselle, voukz-vous me permettre de vous baiser la main?
Laurine. — Mais, oui, monsieur, bien que vous ne m'ayez pas été présenté.
Clotilde. — Oh ! mais Laurine s'apprivoise !... Je 1(> présente M. Duroy, un ami des Forestier.
— M. de Marelle va 1)ien?
— Très bien !
— Toujours en tournée d'inspection?
-Ha passé deux semaines à Paris, et il est
Et vous, mademoiselle, vous aimez les
Vaudrec.
Clotilde.
Vaudrec.
Clotilde.
reparti hier.
Duroy. — voyages?
Laurine. — Tout le monde aime les voyages, monsieur.
Duroy. — Moi, je les déteste... J'aime Paris... j'aime les jolies Parisiennes, comme M""* Forestier, comme votre maman, comme vous.
Laurine. — Oh ! monsieur !
Duroy. — .l 'aime les paysages qui sont peints sur toile. . . Je préfère au parfum de la campagne la délicieuse odeur que vous avez sur vos cheveux
Laurine. — C'est le mélange do maman.
Duroy, V attirant. — C'est exqviis !... Oh ! que c'est exquis !
Clotilde. ■ — Quel grand fou !
Vaudrec. — Vous étiez moins gai, tout à l'heure ! Je ne vous inspirais pas !
Duroy. — C'est vrai ! c'est vrai ! je suis heureux !... J'ai besoin de courir ! de crier !... Mademoiselle, voulezvous jouer avec moi?
Laurine. — Non ! monsieur !... on ne joue pas dans les appartements !
Duroy. — Moi, je joue partout, mademoiselle. On va jouer à colin-maillard !
Laurine. — Maman, donne ton écharpe.
Clotilde. — Comment, Laurine, tu vas jouer?
Duroy. — Laissez-nous tranquille I Et donnez votre écharpe !... Elle sent rudement bon !
Laurine. — Qui est-ce qui cherche?
Duroy. — On va compter...
Laurine. — Ams, tram, dram... collé, collé, collé dram, bourré, bourré ratatam, mis, tram, dram !...
Duroy. — C'est moi qui colle ; quand on est mal élevé on dit : c'est moi qui colle...
Laurine. — C'est vous qui collez !
Clotilde. — Laurine !
Duroy. — Mettez-moi l'écharpe !... Mon Dieu ! que ça sent bon !... Attention !... je tiens une jolie main... (Il saisit Laurine.) Plus petite qu'une main de fennne, mais aussi douce. Un visage d'un ovale délicieux... C'est peutêtre M™*' de Marelle?... Non ! non !... De longs cheveux défaits!... Ce n'est pas Vaudrec!... C'est Laurine!... c'est Laurine !
(Il V enlève. )
Laurine. — Parfaitement !
Duroy, se promenant en portant la petite. — C'est Laurine !... c'est Laurine !