Scène VI
Les mêmes, MADELEINE puis SUZANNE
Madeleine. — Je vous demande pardon, chère madame, je croyais que notre rendez-vous était à cinq heures.
jyjme Walter. — Mais oui ; je me suis tronapée... je ne serais pas l'estée... je n'aurais pas dérangé M. Duroy, si je n'attendais ici ma fille... Elle est moins étourdie que moi ; elle a dû noter exactement l'heure.
Madeleine. — C'est une personne précise.
M "6 Walter. — Très précise.
Duroy, ayant achevé sa lettre. — Voici, chère madame, tous les renseignements.
M™« Walter. — Je vous en suis très... très reconnaissante.
Suzanne, entrant. — Bonjour, tout le monde I
Madeleine. — Bonjour, Suzanne.
Suzanne. — Ah ! maman ! maman !... tu as encore pleuré.
M"* Walter. — Mais non...
Suzanne. — C'est insensé... Mais la tristesse, c'est une maladie comme une autre : ça se guérit... Tout le monde a été neurasthénique... Le docteur Jurier na'a encore dit, cet après-midi, que ça vient d'une faiblesse oi'ganique : du foie, de l'estomac, du cœur.
Mme W'alter. — C'est bien possible...
Madeleine. — Je ne savais pas, chère Madame, que vous étiez souffrante.
Mme Walter. - — Suzanne exagère... Je vais mieux, bien mieux.
Madeleine. — Voulez-vous que nous nous occupions de nos petits protégés?
Mn>e Walter. — Mais certainement.
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Mvdeleink (Mlle Dorziat).
Madeleine. — Alors, nous allons chez moi?... (Elle ouvre la porte de droite.) Vous venez, Suzanne?
Suzanne. ■ — ■ Oh ! non ! non !... La philanthropie, c'est ça qui me rendrait neurasthénique... Moi, je reste avec Bel-Ami.
(Mme Walter et Madeleine sortent.)