‹ Belgique: Écononmie sociale; (volume 2)Chapitre 12 sur 67 · p. c. » » prairies (de 4.13 k 2.78 p. c · texte numérisé non relu

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La valeur locative va de 29 francs par hectare en moyenne dans l'arrondissement de Bastogne, jusqu'à ir>6 fram^s dans l'arrondissement d'Alost.

Tels sont, à côti» de bien d'autres, <iuelques-ims des renseigne-

ments intéressants que fournissent les recensements agricoles : on peut regretter seulement qu'ils ne réunissent pas plus de documents sur la question qui intéresse surtout, à la fin de notre siècle, la grande propriété et son rôle à côté de la petite.

Il est regrettable aussi que certaines méthodes statistiques qui ne répondent plus complètement aux exigences de la science continuent à être usitées dans ces volumes dont l'intérêt croît rapidement avec l'introduction de plus en plus rapide du mouvement social dans l'agriculture.

Aucun document spécial belge n'a été exposé ni sur la mobilité de la propriété, ni sur l'intervention de la loi dans la distribution, la disposition ou la transmission du sol. Des projets sont à l'étude à ce sujet, mais ils ne sont pas encore devenus lois et actuellement on est encore en toutes ces matières aux principes du code Napoléon, modernisés en quelques détails peu importants, mais immuables dans l'ensemble. Il n'y avait à ce sujet rien de neuf à dire, pas plus que sur les vieilles coutumes qui continuent depuis des siècles à régir les contrats de baux et les rapports des voisins, coutumes nombreuses, remontant aux anciennes divisions territoriales et qui se maintiennent diverses malgré l'unité gouvernementale réalisée depuis des siècles.

H serait impossible de donner en quelques lignes im aperçu de la condition du personnel de la grande culture, de la moyenne culture et de la petite culture, ainsi que de celle du métayer et de l'ouvrier agricole. Autant il y a de régions en Belgique, autant il y a de régimes diflférents. C'est ce qu'a parfaitement compris le gouvernement quand il a cru devoir réaliser ses monographies agricoles des diverses régions de la Belgique. Dans ces études, dont trois ont paru jusqu'ici, on observe successivement et d'une manière complète, pour chaque région, les mœurs, les connaissances et aptitudes professionnelles de l'entrepreneur, ses occupations, les sociétés dont il fait partie et la tenue de sa comptabilité, puis,

passant à la main-d'œuvre, on étudie TefFectif, le recrutement, les salaires et la durée du travail des domestiques à gages ainsi que leur régime d'alimentation, ensuite on examine ces mêmes questions pour les journaliers et tâcherons ; on recherche Finfluence du machinisme, les moyens pour l'ouvrier de devenir cultivateur, on montre l'importance de l'émigration, ses causes et ses effets. Enfin on renseigne les sociétés agricoles à T usage des cultivateurs et des ouvriers.

Nulle part la situation des ouvriers agricoles n'est très brillante: le montant des salaires de ceux auxquels la nourriture n'est pas fournie suffit à l'établir. Il en a été parlé à propos de la classe 102. Quant aux ouvriers auxquels on fournit la noumture dans les fermes, leur condition à cet égard est très différente selon les pays. Tandis que, dans la région sablonneuse des Flandres, on les gave de lait battu et de pommes de terre, qu'on leur donne parfois un peu de lait de chèvre étendu d'eau et quelques tartines de saindoux, et qu'on les couche sur des matelas bourrés de balles de céréales ou de siliques de colza reposant sur une couche de terre glaise durcie; dans la Campine on leur donne déjà souvent du lard et des œufs, et même les plats nationaux de la région, le platte kaas (fromage blano et Li spekkoek (galette de sarrasin). Dans les Ardennes, l'ouvrier est bien mieux traité : il re<^oit presque toujours du lard ou de la viande, du beurre, de la bière, parfois même des légumes, du vrai café et du vrai lait. Et par une conséquence, injuste peut-être, mais en tout cas naturelle, ce sont les ouvriers qu'on nourrit le mieux qui reçoivent les meilleurs salaiies : 1 fr. 50 par jour pour l'homme, 1 fr. pour la femme dans les Ardennes, fr. 84 pour l'homme dans la Flandre orientale, fr. ô3 pour la femme. Dans l'un comme dans l'autre cas, la besogne est dure et longue : on travaille en été depuis 4 heures du matin jusqu'à 8, 9, parfois 10 heures du soir.

On comprend combien, dans ces conditions de vie, de salaires et <le travail, l'émigration vers les villes se développe avec la facilité des moyens de couuuunication et la connaissance plus générale des conditions sociales des divers milieux.

A la campagne les fermiers et les propriétaires se plaignent de la difficulté (ju'il y a pour eux do trouver encore des journaliers et tâcherons; en ville, les ouvriers citadins se plaignent do la concurrence acharnée (|ui leur font ces immigrants dans les travaux inférieurs où se réfugiaient les déclassés de la population ouvrière

de la ville. C'est là du reste un phénomène général, qui n'est nullement particulier à la Belgique.

En aucune matière, une révolution aussi complète ne s'est produite dans le courant de la dernière décade que pour les associations agricoles.

Il y a dix ans, il n'existait encore rien de l'énorme mouvement qui pousse actuellement à la création d'associations libres agricoles de tous types.

En 1890, rien n'était encore organisé : tout a été créé depuis lors et le développement de ces associations ne paraît pas encore prêt de s'arrêter. En une matière où tout est encore en voie de formation, il serait intéressant d'avoir des chiffres tout à fait contemporains ; nous n'avons malheureusement sous la main pour 1900 que ceux qu'a édités pour l'exposition le Boerenbond belge de Louvain, la plus puissante de nos ligues de paysans.

Nous en extrayons ce qui concerne le développemen£ des associations locales (syndicats) agricoles groupées à Louvain :

En 1891, 49 associations locales avaient 2,280 membres ;

Le développement des associations de tous les autres types : mutualités, caisses de pension, laiteries, assurances du bétail, caisses Raiffeisen, a été également rapide et considérable.

Pour donner une idée du mouvement, nous croyons intéressant de suivre pas à pas l'intéressant exposé statistique de la situation des associations d'intérêt agricole constituées en 1898 en Belgique '. Nous devons simplement faire observer que depuis

1. MinisltTe de l'Aj^riculture et des Travaux publics. Direction de rag:riculture. l*^*" Volume. Rensei«?nement<5 statistiques concernant la situation des associations d'intérêt agrricole pendant les années ISilf) et 189().( Bruxelles 1898^. 2« Volume. Exposé statistique de leur situation pendant l'année 1897. 3« Volume. Idem en IWS. (BruxeUes 19U0.)

18î>8 bien des associations se sont encore créées et que la statistique du gouvernement, réalisée sur des associations libres, présente naturellement des lacunes. Le relevé que nous allons copier est donc encore incomplet.

Nous trouvions tout d'abord en Belgique en 1898 :

IîjS comices a/jr? cotes avec 85,746 membres, 369,862 francs de recettes^ y compris les subsides et Vexcédent de Vannée antérieurej et 848,484 francs de dépenses. Ces associations sont particulièrement nombreuses dans le Luxembourg et dans la Flandre orientale.

Les comices ont été jusqu'ici les représentants officiels de Tagriculture belge. Instituées par arrêté royal du 20 janvier 1848, ces associations ont été pendant longtemps les seuls organes des intérêts agricoles. Ce sont des réunions locales de personnes s'inl^ressant à l'agriculture, se réunissant pour prendre la défense des intérêts agricoles de leur circonscription, pour organiser des concours et pour prendre toutes les mesures utiles au progrès de l'agriculture.

La fédération des comices de chaque province forme la société provinciale d'agriculture ; elle reçoit des subsides du gouvernement, organise des jardin? d'essais agricoles et publie un journal.

Enfin, au-dessus de ces sociétés provinciales se trouve le conseil supérieur de l'agriculture, composé de deux délégués de chaque société provinciale, de neuf membres nommés par le gouvernement et de neuf délégués des grandes ligues agricoles.

Pendant longtemps les comices ont été les seules associations agricoles et elles ont eu ainsi le monopole des choses de l'agriculture. Mais cette situation change rapidement. Avec le progrès des associations libres a diminué le rôle des comices qui ne se sont pas décidés à prendre la tête du nouveau mouvement agricole.

Cest ce que certains d'entre eux ont fait : nous citerons spécialement celui d'Herzele qui a pris une part intéressante à l'exposition de Paris, notamment par l'exposition d'une brochure * montrant le fonctionnement des 34 associations (1 comice, 8 assurances du bétail, 2 coopératives d'achat, 1 coopérative pour la sélection des semen(-es, 4 laiteries coopératives, 14 syndicats d'élevage, 1 caisse Raiffeison, 1 société d'éclairage électrique, 1 distillerie coopérative, 1 section d'expériences) ([ui dans une région pauvre et peu

1. \jo CoxtiXPO. agricole «Vlîorzolo (Brinfiquo) pt sos applications liTExpositioii de Paris llHi'). Orf^aiiisatioiis. Travaux. <Kuvn»s «If Bt»rsbek«'. (l*ari^ llNM.j

peuplée se sont groupées autour du comice pour le développement pratique de Tagriculture. Nous ne pouvons naturellement suivre le comice dans toutes les expériences qu'il a fait effectuer en plein champ par ses membres pour trouver les meilleures semences, les meilleurs engrais, les meilleurs modes de culture, les meilleurs instruments, et augmenter ainsi le produit de la terre ; dans celles qu'il a fait entreprendre plus tard au sein des étables pour étudier la ration alimentaire du bétail, l'influence des races, la production laitière, etc., aux fins d'augmenter le produit de Fétable ; nous ne pouvons dénombrer tous les résultats obtenus par Tachât en commun, le crédit mutuel et toutes les formes d'assurance réalisées. Il suffira de dire que l'agriculture se transforme littéralement dans cette partie du pays et que la crise agricole y a déjà presque complètement cessé ; les diverses œuvres d'enseignement agricole y ont produit leur effet.

007 Ligues agricoles (syndicats) avec 49,284 menthes, 62,230 fr, de recettes et 61,537 fr. de dépe7ises, tel est le second type de sociétés recensées.

Il s'agit d'associations libres, toutes ou presque toutes fondées par des prêtres ou avec leur appui, dans une pensée conservatrice. Toutes réclament de leurs membres la participation à la défense de la propriété, de la famille et de la religion. Ce sont des associations mixtes, groupant à la fois et ensemble les ouvriers, les propriétaires, les fermiers et les commerçants dans un but de pacification sociale. Le but poursuivi par la création de ces associations est la défense des intérêts généraux de l'agricultui^e et le rapprochement des classes sociales. Mais la poursuite de ces buts un peu métaphysiques et en tout cas très distants aurait été insuffisante pour grouper des milliers et des milliers de paysans belges, gens en général plus pratiques qu'idéalistes. Aussi dans le sein des syndicats a-t-on constitué un grand nombre de sections, s' occupant des matières pratiques auxquelles s'intéresse l'agriculteur. Ici on a fait de l'assurance du bétail, ailleurs une distillerie agricole ou une laiterie, plus loin on s'est occupé d'achat d'engrais, de semences ou de nourriture pour le bétail, plus souvent encore on a entrepris successivement ou simultanément plusieurs de ces objets. Nous letrouverons ces sections plus loin comme associations distinctes, pom'suivant des buts divers.

La défense des intérêts de l'agriculture, qui jusqu'à présent n'est encore qu'esquissée comme politique, ne peut se faire réelle-

ment dans cette multitude de minuscules associations, groupant rarement les habitants d'un canton entier, généralement ceux d'une commune, parfois même d'un hameau seulement. Aussi se sont-elles constituées en fédérations provinciales.

La principale de ces ligues est le Boerenbond de Louvain dont l'activité s'est surtout manifestée dans quatre domaines : les caisses RaifFeisen, Tachât en commun, l'assurance du bétail et la constitution des gildes paroissiales. Son grand organisateur, le propagateur par excellence de toutes les formes d'association agricole, est M. Tabbé Mellaerts.

H y a en outre les Corporations de Notre-Dame des Champs de Liège qui ont un caractère plus chrétien encore, la Ligue des Agnculteurs de la Flandre Orientale qui n'est qu'un lien assez lâche entre beaucoup d'associations agraires de tous types auxquelles elle n'impose aucune ohligditioTï^ \2l Ligue des propriétaires et paysans de la Flandre Occidetitale dont l'organisation est encore incomplète, la Ligue luxembourgeoise officiellement reconnue aujourd'hui comme union professionnelle, la Fédération agricole du Hainaut, transformation des corporations de Notre- Dame du Hainaut, et enfin le Syndicat agricole de V Entre- Sambre et. Meuse, récemment reconstitué sur de nouvelles bases par le zélé et irrésistible propagandiste du pays de Namur, M. Ed. de Pierpont.

A ce mouvement exclusivement chrétien et pacificateur des rivalités de classes, les socialistes ont essayé d'opposer des ligues agricoles exclusivement ouvrières ; quelques-unes se sont même constituées dans le pays de Waremme, de Huy et des Ardennes où est menée une propagande active qui n'est pas sans produire des résultats. Mais cette organisation là n'en est encore qu'à ses débuts et ne peut opposer que quelc|ue8 dizaines de groupes aux ()00 ou 700 associations recensées dans la brochure officielle.

Celles-ci ont une tendance très prononcée à recourir à la formalité de la reconnaissance légale : jusqu'ici 150 de ces associations ont eu recours au bénéfice de la loi du 31 mars 1HÎ)8, qui leur assure quelques subsides gouvernementaux, qu'on parle d'augmenter.

On rencontre ensuite 227 sociétés apicoles avec Wi2(i membres j 2'-iJfi2 fr. de recdtes et 21,988 fr, de dépenses, group<»e8 en 8 fédérations ; //W sociétés horticoirs avec /7',7'/A') membres,

proniïMii parl«^r "^o'ia). jj.&j* *-jJ<— v*ijî à ^i;riii»l**r jkiut njcarcre: IVxtoiision <ju'- pifrjd a la campa^j*- Y'vï^ df- raA*«*CK-iïit3rii: fini» ton f es ses forni<'K.

(le trrcfff's rf WJ^O:^ fr. th' /A-y/^r/^'x. C^^t là un*- d*^ i^ç (raHHociation qui h<- dévlopj>^'ni I*- plus actuel^m^-Dt.. « nombres (h* <:os syndicatK rloit d''jà avoir consiiiérablemeni monU*. Os associatiouH ont j>^mr but le classement du bétAÎl le dioix (les reproducteurs et l'^-nsei/rnement des inétfa->de< pratiïjues d'élevage' et Ao s«'lec tion. L'agrieulteur voit réellement tout le profit qu'il p<'iit tirer fi'assoeiations de ce genre : il est facile de le lui montrer par des exemples pris parmi ses voisins et amis. Les premiers syndicat.^ de ce type ont été créés en 18ÎHï dans la Flandre Orientale ; f|<* proclie en proche le mouvement s'est et end u à toutes K's pn»vinees. part^nit avec un succès égal.

Les sociétés d'achat en commun ont pris une extension analogue. Le nîc(tnseiii(int ofiit^iel cm signalait, pour 1898, 602 {dont 7:^ siK'U'fi''s coopérât Ires rt :é() sections tVachat de comices) avec 'iHj7't7 iiwmhrcs, ai/unt achctr jfoiij' fi,(}24y334 fr. d^ençrais, ■t/fO'l,Hff() fr. fir tiKitirrcs alimrmfaircs, 31(J,7âô fr. de semences^ 'JOJHI fr. de machhws et li^t/l^^h fr. d'' antres marchandises.

Cf* dépouillement ost encore bien incomplet, car il est naturellement impossible i\ un ro(^ensement officiel do noter tous les group(îments de commandes (jui s(î font chaque jour dans tous l^s coins du pays. Pour montrer combien il est en dessous de la vérité, il suffit (h» <omj)arer dcMix documents de l'exposition: l'exposé statisticpie «onnaît .*V.) de ces associations dans la Flandre Orientale, tandis (pie le catalogue ilc la section des œuvres sociales rafholitjnrs de la Flandre Orientale^ en trouve S4 constituées dans K] communes, au sein <lu ])arti catholique* seul. Et il est bien probal)le ([ue ce recensement là aussi est incomplet.

Certains ingénieurs agi'icoles ('valuent au quart la réduction de prix résultant des acliats en commun : ce serait là un bénéfice de .■i,(X)(),OUO fr. (ju'il faudrait répartir entre les acheteurs recourant à ce mode d'achat. Quant au bénéfice sur la qualité^ il

est plus précieux encore, mais on ne peut le calculer mathématiquement.

Nos 602 syndicats d'achat sont groupés en quelques fédérations puissantes : le Boerenbond de Louvain seul a acheté en 1889, pour 804,606 fr., 13,091,786 kilos d'engrais et, pour 890,389 fr., 6,723,616 kilos de matières alimentaires.

Viennent ensuite les 358 sociétés' on syndicats pour la vente du lait, la fabrication ou la vente du beurre et des fromages (laiteries coopératives) dont 237 en activité avec 24,519 membres possédant 71,418 vaches^ ayant vendit pour 12,507,614 fr. de beurre^ 125,372 fr, de lait, 116,852 fr. de fromage.^ et 52,947 fr. d'autres produits. Ici aussi c'est le Luxembourg qui tient la tête du mouvement avec 17,808 membres et 32,944 vaches. Les laiteries sont de tous genres, depuis la petite laiterie centrale à bras, travaillant chaque jour quelques dizaines de kilos de beurre, jusqu'à la vaste laiterie régionale à vapeur qui en travaille des milliers : l'une d'entre elles, celle d'Oostcamp, exerce son action dans un rayon de 6 lieues. Les paysans admettent assez généralement (jue ces établissements augmentent le produit de leurs étables d'un quart et diminuent considérablement le travail à domicile qui peut être autrement utilisé. Il y a de ce côté une vraie révolution industrielle et commerciale : en (quelques années, la Belgique, qui jadis importait des quantités considérables de beurre, est parvenue à suffire à peu près à ses besoins, et bientôt elle pourra exporter. Le mouvement de création continue toujours à se développer rapidement : presque chaque semaine on signale la création d'une nouvelle laiterie. Diverses écoles ont dû être ouvertes pour satisfaire aux besoins toujours plus considérables (le contremaîtres en état de diriger ces établissements.

Nous avons «léjà parlé des 43 distillrrirs coopérât ires agrirolrs une SSO membns vjploitaut 7J)(>5 hectares, ayayit souscrit 95(^235 fr. et ayant vendu pour 39,87,233 fr. de jleymcs. C'est un mouvement un peu artificiel ayant un caractère fiscal plus encore (jue social.

Ijo mécanisme et l'importance des 199 sociétés coopératives de rrtMlit agricole dites (Misses Raiffeisen ont aussi été décrits plus haut. Kn 1<S98, elles comptaient 6283 membres ej errant la profession d^ agriculteurs et 1529 e.rerçant une autre professionnel avaient con.senti 1745 prêts aux me^nbres cultivateurs pour 586,066 fr., et 188 ua.i autre.'; membres pour 154,358 fr. Les dépôts effectuée par

les cnltivatmrs a^éi aient élevés à J,ijâO,J^o7' fr, et par les autres membres à 545,290 fr. Pour faire les prêts, les soeiétés avaient emprunté 121,210 fr. Le solde des j)réts en eours an 31 décembre 1898 s'élevait à 1,000,842 fr. et celui des dépôts à 2,830,609 fr. Les réserves étaient de 25,241 fr. et les 7nises des membres de 22,714 fr.

Comme on peut le constater par eos chiffres, les caisses Raiffeisen, constituées en grand nombre depuis peu de temps, n'ont pas encore lancé dans la circulation des capitaux bien importants : au début la prudence est du reste une qualité précieuse et bien des institutions financières pourraient aller chercher des conseils précieux chez nos paysans prudents, matois et finauds. La responsabilité solidaire et illimitée des membres est du reste un encouragement précieux à la prudence. Jusqu'ici les caisses fonctionnent surtout comme établissements d'épargne : loin d'avoir usé largement de la loi du 21 juin 1894 qui autorisait ces sociétés à emprunter à un taux de favem* l'argent de la Caisse d'épargne, elles ont dans cette caisse un solde de compte important. L'argent économisé par les paysans n'est pas encore intégralement restitué à l'agricultui^e *.

n existe aussi 9 comptoirs agricoles, ayant fait en 1898 pour 1,037,150 fr. de prêts et ayant au 31 décembre de cette année pour 4j399y329 fr. de prêts en cours. Ils ont été créés à la suite de la loi du 18 avril 1884 et ne se multiplient guère ; en revanche, les rares opérations qu'ils traitent sont beaucoup plus importantes que celles des caisses Raiffeisen, composées surtout de petits cultivateurs.

Il y a enfin 2 sociétés coopératives de crédit instituées d'après les principes de Schulze-Dclitsch : elles ont consenti, en 1898, 144 prêts pour 106,808 fr.

Il reste à parler des sociétés d'assurances agricoles.

Pour ce (|ui concerne les assurances humaines contre la maladie et contre les conséquences de la vieillesse, on en reparlera à propos de la classe lOi). 11 y on a dos milliers, mais la statistique méthodique de leur nombre et do leur importîince n'est pas dressée avec une division l)ien nette entre sociétés agricoles, citadines et ouvrières.

Pour ce qui concerne l'assurance des choses et des bêtes, lecarac-

1. M. V. Waucqdkz a consacré à la question du Crédit agricole en Belgique une intéressante monographie.— Remie des questions scientifiqties, }B.uyierlWQ.

- iY.) -

tère peu sonial de ces œuvres permet de no pas s'y arrêter lon/2;temps ici. Cependant les négliger complètement serait laisser dans l'ombre une face importante de la transformation sociale du paysan belge. Jadis individualiste, il est devenu partisan convaincu et actif de Tidée d'association.

L'assurance du bétail surtout fait de rapides progrès. Si on néglige le fonds d'assurance obligatoire de la Flandre Occidentale, institution officielle assurant 31,54.-^ chevaux d'un an et au delà, 249,237 bètes bovines, 2358 mulets et bardots, (îm ânes et 19,230 moutons ; si on laisse de côté le fonds d'assurance facultatif de la province d'Anvers qui assure 23,0CX) bêtes, on constate la présence en Belgicjue de îtOff sorirfés midualisfcs (rvcmuDios commv mntnaUfh) dont 41o libres (Passurcmcc contre la mortalité (Ivs Mes horinesj avec 49,578 memlnes effectifs et 2,^9i> honoraires, assurant 139,8^10 bêtes pour une valeur de 47/^*^8^799 fr. ayant indemnisé S,7(i2 sinistres à concurrence de 3o4,S18 fr, e7i arijent * de la caisse des sociétés, de 377,W4 fr. valeur de la viande 7'e2)rise et de 7h\02o fr. montant des indemnités payées jxir le youvernement. LUictif de ces sociétés est de 282,029 fr. Ces sociétés sont surtout nombreuses (191) dans la Flandre Orientale et il est dans cette province tel village qui a cinq ou six de ces caisses.

Selon l'usage belge, ces sociétés strictement locales sont groupées en un certain nombre de fédérations provinciales ou sociétés de réassurance. Les principales sont celles de la Flandre Orientale et celle du Boerenbond de Louvain. A la fin de 1899, cette dernière comptait 278 sociétés affiliées.

De toutes les formes de sociétés rurales ce sont les assurances du bétail qui sont entrées le plus complètement dans les halntudes et les goûts des paysans : elles sont administrées exclusivement par les intéressés eux-mêmes qui s'entendent parfaitement à y introduire les vrais principes de la mutualité et un contrôle sévère des opérations sociales.

Entrer dans le détail de l'organisation de ces sociétés, très diverses de formes, nécessiterait <le longs développements ; mais quel que soit le système pratiqué, il satisfait en général les intéressés qui, après avoir assuré leurs vaches, songent maintenant à assurer leur autre bétail aussi. C'est ainsi (ju'on voit s(» constituer un peu partout des sociétés mutualistes d'assurance contre la mortalitié des chevaux, assurance plus difficile par suite de la moins grande abondance des bêtes à assurer et de la valeur plus

grande des risques. Les 8 sociétés qui avaient produit leurs statistiques en 1898 renseignaient 380 membres effectifs avec 584 chevaux valant 459fi50 fr. Depuis lors ces sociétés se sont beaucoup multipliées. De divers côtés on voit aussi se former des sociétés d'assurance des chèvres, des porcs et du petit bétail, mais ces assurances de risques microscopiques ne prennent pa« une bien grande extension : elles sont réservées aux tout petits agriculteurs et aux journaliers.

Le paysan s'est mis aussi à constituer des assurances de récoltes, des assurances contre la grêle, des assurances contre les accidents : divers types de mutualités ont été essayés avec succès. Mais surtout les associations rurales s'occupent actuellement de grouper les risques dans l'assurance contre l'incendie pour parvenir d'abord à obtenir des réductions de prime, et plus tard à créer des sociétés puissantes ayant dès leur première année beaucoup de bons risques à assiu-er. C'est ainsi que le Boerenbond est parvenu à grouper 6,552 polices couvrant un risque de 30,900,282 francs.

Ici se termine la nomenclature officielle.

Mais que d'autres formes encore a prises l'esprit d'association parmi les paysans ! En certains endroits sont nées des associations qui commencent à prendre une forme différente de celle du syndicat mixte. Ici on voit se grouper pour la défense de leurs intérêts particulier les travailleurs agricoles qui vont tous les ans travailler en France et se constituer des syndicats de « Français ;>. Ailleurs ce sont les planteurs de betteraves qui sentent que les intérêts de l'agriculture et ceux de l'industrie ne sont pas nécessairement parallèles. Pais c'est le mouvement des comptoirs agricoles d'achat et de vente de denrées agricoles qui se dessine dans les Ardennes et dans quelques autres lieux. La coopérative de consommation aussi envahit la campagne : il est déjà une centaine de villages industriels et autres qui ont leur coopérative ou succursale. Même on voit des coopératives de production se constituer à la campagne : des meuneries, dos boulangeries, des brasseries, des fabriques de sucre et d'engrais, dont le nombre augmente sans cesse.

On le voit, l'esprit d'association a largement envahi les paysans qui paraissaient réfractaires jusqu'ici au développement de tout mouvement social. Le rural se laisse peu à peu envahir par l'esprit moderne : il commence à comprendre la nécessité de

s'organiser pour la vie sociale. Los journaux agraires, l'enseignement agricole, le progrès des méthodes, le désir de s'instruire s'introduisent dans la classe paysanne, qui appartient déjà à un stade plus élevé de la civilisation qu'il y a quelques décades.

Le mouvement n'est pas encore complet, loin de là; beaucoup de parties du pays sont encore hostiles aux associations nouvelles, dans d'autres les associations ont encore un caractère d'œuvres de patronage ; mais partout le changement se manifeste, partout les associations s'organisent et l'intérêt de tous s'attache à ces groupements.

L'évolution est rapide, les œuvres de patronage se transforment successivement en œuvres sociales et prompteiuent le paysan a compris tous les bienfaits qu'il peut retirer de l'association.

Depuis dix ans il y a eu une révolution complète.

Sécurité des ateliers Réglementation du travail.

La statistique des accidents est fort incomplète jusqu^ici en Belgique : notre pays n'a pas le vaste appareil d'assurance obligatoire qui fonctionne en Allemagne et en Autriche, et qui vient apporter naturellement son tribut abondant et exact à l'étude de la statistique des accidents. La Belgique n'a même aucune loi mettant le risque professionnel à charge des patrons, et obligeant indirectement ceux-ci à étudier scientifiquement et statistiquement les risques inhérents à la profession industrielle qu'ils exercent. Aussi lorsqu'on discute les divei's risques, même lorsqu'on parle du risque général d'accident, est-on obligé de recourir aux statistiques des pays étrangers et spécialement à celles de l'Allemagne, qui servent généralement de base à nos discussions sur le calcul des frais rl'assurances. Les statistiques allemandes et françaises à ce sujet ont été assez nombreuses pour permettre à l'Office du Travail de ne traduire à ce sujet que les documents contemporains, sans se livrer à des études rétrospectives.

Quelques éléments de statistique belge sont fournis dans le rapport présenté par la Caisse de prévoyance et de secours en faveur des victimes des accidents du travail à M. le ministre des Finances et des Travaux publics pour Tannée 1H98-1899 *. Constituée en 18ÎK) par un don royal, cette caisse, plus ou moins largement subsidiée par certains pouvoirs publics, accorde des secours aux victimes des accidents du travail qui lui sont indiquées et (jui lui paraissent dignes d'assistance. Pendant le dernier exercice, î),6(>2 accidents lui ont été signalés dont 5,81)1 ont donné lieu H une attribution de secours atteignant au total 244,052 l'r., soit 41 fr. par personne secourue.

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