‹ Belgique: Écononmie sociale; (volume 2)Chapitre 8 sur 67 · II. — Associations coopératives ouvrières de production · texte numérisé non relu

II. — Associations coopératives ouvrières de production

D'après certaines statistiques, il y a en Belgique 1350 sociétés coopératives de toutes formes, et Tannée 1898-1899 seule en a vu se constituer 192 nouvelles.

Ce sont la plupart des sociétés de consommation^ et de crédit, mais il commence à se constituer aussi des sociétés de production nombreuses et, à l'exposition de Paris, on peut voir les tableaux exposés par deux fédérations de sociétés coopératives de production.

Comme presque toutes les sociétés belges, ces fédérations se rattcu^hent à l'organisation sociale d'un parti politique,

Cest d'abord la Fédératmi des coopératives du Parti ouvrier belge à laquelle participent les vingt-trois coopératives de production suivantes, que nous citons toutes, les coopératives de production urbaines étant encore rai-es.

De Bruxelles, les deux coopératives d'imprimerie : l'Avenir social et la Presse socialiste, la coopérative des tabacs, les ouvriers et ouvrières fleuristes, TEspérance coopérative des cordonniers et l'Union coopérative des peintres ; — de Molenheek-

l.THe Lfhenskosten bflgischer Arbeiter- Fa milieu fniher und jetz ermittelt au4 Familien-Hanshaltrechnung uml vergle.ichend zusammengestcUt^ wn \)k. Ernst Enoel. (Dresden 18»5.)

'2. Cent budgets ouvriers à Bruxelles en lH97j par Ch. Dk Quéker, secrétaire de la Bourse de Travail de Bruxelles. (Bruxello» 181)7.)

Saint-Jean^ l'Uniou des confiseurs et les menuisiers et charpentiers réunis ; — de Nivelles, la Presse ; — de Herffelingen, la société coopérative de laiterie « De goede boter » ; — AWlost^ la société coopérative des tabacs le Lion rouge ; — de Zèle, la société coopérative de fabrication de chicorées « de Zon » ; — de Gand, les cigariers réunis ; — A^ EllezellcSy TUnion des tisserands ; — de Charleroi, la Brasserie du Travail ; — de Wanfercée' Baulet, l'atelier coopératif des Chaudronniers ; — de Leme, « Le Bonnet rouge » ; — de Hut/, l'Imprimerie économique ; — de Les Avins, la société L'Espoir des carriers; — de Liège, Tlmprimerie coopérative ; — de Boavieax, la société coopérative de production; — de Cerfontaine, l'Espérance, société coopérative des sabotiers ; — de Falisolles, la Brasserie coopérative.

A côté de cette exposition collective figure celle de la section des coopératives de production de la Ligtie démocratique belge qui comprend dix sociétés :

De Louvain, les ébénistes réunis et les tailleurs réunis ; — de Roiilers, la coopérative du syndicat de tisserands; — de Gand, les sociétés coopératives des cordonniers, des tailleurs et des tisserands ; — d^Eecloo, la société Recht en Plicht; — de Seraing^ les bûcherons de Seraing ; — de Dison^ les tisserands Saint- Sévère; — et de Saint'Trond, les vanniers Saint- Joseph.

Si les coopératives de production industrielle sont rares et en général bien jeunes encore, on commence à rencontrer en Belgique beaucoup de sociétés coopératives agricoles et leur développement paraît vivace et rapide.

Le Ministère de l'Agriculture ', dans une intéressante brochure, fait connaître le développement des sociétés coopératives de laiteries : il renseignait, à la fin de Tannée 1898, 237 laiteries en activité avec 24,619 membres possédant 71,446 vaches et ayant vendu pour 12,607,613 fr. de beurre, 296,171 fr. de lait, fromages et autres produits.

E indique aussi le nombre des distilleries coopératives agricoles ; à la même date il y en avait 43 dont 24 en activité avec 880 membres exploitant 7006 hectares, ayant souscrit 960,236 fr. de parts sociales et ayant vendu pour 3,987,233 francs de flegmes et 376 fr. de levures.

1. Ministère de l'Agriculture. Direction de l'Agriculture. Exposé statistique de la situation des Associatiotis d'intérêt agricole pendant Vannée 1898. (Bruxelles 1899.)

Voilà les eoopf^ratives de production dont il est trouvé trace à l'exposition de Paris. Il en est en outre encore un certain nombre dans le pays. Les principales existent dans l'industrie des transports : ce sont les soiîiétés des débardeurs : les Nations d'Anvers et les Stukwerkers de Gand, puissantes sociétés coopératives à allures un peu mystérieuses ; les portefaix et porteurs de bière de Bruges, Fumes, Termonde et Oourtrai; les dragueurs de Gand. En outre il y en a encore bien des coopératives de production, les unes existant depuis assez longtemps, les autres de constitution récente. Ainsi l'Union des cordonniers et celle <les confiseurs de Bruxelles, les imprimeries économiques et autres d'Ixelles, Ijiége, Huy, Mons, Morlanwelz, Bruxelles, Gand et Louvain; la société des carriers de Vierset et quelques sociétés de tisserands, notamment à Kerkxken et à Denderhautem, etc.

Mais à pai*t les laiteries coopératives, qui constituent des œuvres vivaces et importantes et dont nous reparlerons, à part les distilleries agricoles, qui sont un produit artificiel d'une législature fiscale bienveillante, mais dont les faveurs viennent d'être fort restreintes, il n'est aucune de ces sociétés industrielles qui ait une grande importance. Aucune, à part les sociétés des débardeurs, n'emploie 100 ouvriers et, dans presque toute*», il y a au travail à côté des coopérateurs un nombre plus ou moins considérable de salariés qui enlèvent à ces sociétés une grande partie de leur caractère social.

L'utilité même de la fondation de sociétés coopératives de production est formellement mise en discussion et il y a eu à ce sujet, même dans les organes socialistes, des polémiques assez vives entre MM. Boujansky, Vinck, Bertrand et Deutscher, polémiques dont on a retrouvé l'écho au Congrès socialiste international de Paris.

Les arguments pour et contre sont bien décrits dans une brochure intéressante exposée par M. Louis Banneux, brochure qui a valu cette année à son auteur le prix Castiau décerné par l'Académie royale de Belgique. Ce travail s'occupe également des autres formes de la coopération et il donne les statuts de sociétés de chaque type.

Kn ces derniei-s temps la coopération de production paraît se développeur en Belgicjue sous une forme nouvelle qu'il faut signaler. Cest la création, dans le sein du syndicat, d'une section coopérative ou d'un atelier de chômage entreprenant les travaux

qu'on veut bien leur confier. La plus importante de ces sociétés est la coopérative des débardeurs socialistes de Gand, syndicat non reconnu qui est parvenu petit à petit à accaparer presque tout le travail de déchargement des navires, cherche à expulser du port de Gand les entrepreneurs particuliers et a obtenu le monopole presque exclusif du travail. H répartit la besogne entre ses 1,400 membres, auxquels il a fait obtenir d'importantes augmentations de salaires. Mais en face de lui vient de se constituer im syndicat d'ouvriers débardeurs libéraux et catholiques qui entreprend aussi le déchargement des navires. A Gand encore fonctionnent les coopératives des syndicats de maçons et d^ ouvriers du bois socialistes^ mais à celles-ci il n'y a guère que la coopérative de consommation Vooruit qui donne un travail régulier. A Anvers, le syndicat neutre des typographes a constitué un atelier coopératif dont les bénéfices vont à la caisse de retraite du syndicat.

Beaucoup de syndicats ont constitué des ateliers coopératifs sous le nom d'ateliers de chômage : nous citerons spécialement les cigariers et les métallurgistes de Gand, les doreurs sur bois de Bruxelles, etc.

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