BRUGES
X BRUGES BRUGGE 8000
Un va-et-vient de calèches battant le pavé,
une haie de maisons en brique au subtil dégradé de
couleurs, un palais à l’ornementation foisonnante,
un beffroi carillonnant... La Grand-Place offre
un raccourci saisissant des attraits de la ville,
auxquels il faut ajouter les canaux, dont les eaux
sombres et immobiles tendent un miroir aux
maisons à pignons et aux arbres des quais. Le soir,
un calme eo descend sur les toits en ardoise et les tours des églises. Le monde moderne a déposé les armes aux portes de cette ville
1ovée dans une boucle de la Reie. Aucune enseigne publicitaire,
aucun immeuble voyant ne vient troubler son extraordinaire unité
architecturale. Jusqu’aux voitures, priées d'être discrètes. C'est cette
image de musée en plein air que rien ne vient altérer qui captive tant
es visiteurs. Comment en effet ne pas être envoûté par l'atmosphère ecueillie du béguinage, la poésie du Minnewater ou les trésors de
d'église Notre-Dame ? Comment rester de marbre devant les fleurons
“le la peinture flamande, témoignages uniques d’un âge-d’or révolu ?
UNE PROSPÉRITÉ FRAGILE Aux xIv° et xv° siècles, Bruges connaît
un rayonnement sans précédent. La ville, qui totalise alors environ
HO 000 habitants (plus que n’en compte aujourd’hui son centre historique), est l’une des plus importantes places commerciales d'Europe #t l’un des piliers de la puissante Ligue hanséatique. Sa richesse repose depuis déjà plusieurs siècles sur le drap flamand, produit par les tisserands wocaux. Au cœur de cette activité, les marchands importent la laine ’Angleterre, puis exportent les étoffes aux quatre coins de l’Europe.
Ce dynamisme va de pair avec l’ouverture de comptoirs par les nations -trangères qui achètent et vendent des marchandises sur cette plaque “ournante du commerce européen. Le rayonnement de la cité attire -galement des peintres de renom comme Jan Van Eyck ou Hans Memling, rurnommés plus tard les “primitifs flamands”, car ils ouvrent une nouvelle roie à la peinture européenne. Passée avec le comté de Flandre aux mains les Bourguignons, Bruges accueille les cérémonies fastueuses
le ces derniers, notamment le mariage de Philippe le Bon et d’Isabelle
de Portugal (1429). À cette occasion, les princes européens font pâle
gure devant le luxe déployé par les bourgeois de la ville, parés de riches srocarts. Mais cette magnificence cache un redoutable talon d'Achille : essor économique de Bruges est suspendu à un chenal qui lui garantit
in débouché maritime. Or son port, sur lequel s’est bâtie sa prospérité, fensable définitivement en 1604, asphyxiant le commerce. Bientôt,
ks marchands de la Ligue hanséatique désertent les quais de la Reie profit d'Anvers, au bord de l’Escaut.…
À “VENISE DU NORD” Tombée dans l’oubli, Bruges s’enfonce dans n long déclin. Les siècles défilent en creux, succession d’occupations
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étrangères (espagnole, autrichienne, française, hollandaise). La ville
rate aussi la révolution industrielle au xix° siècle. L'écrivain Georges Rodenbach décrit poétiquement sa décadence dans son roman Bruges-la- Morte (1892). “La ville, elle aussi, aimée et belle jadis, incarnait de la sorte ses regrets. Bruges était sa morte. Et sa morte était Bruges. Tout s’unifiait en une destinée pareille. C’était Bruges-la-Morte, elle-même mise
au tombeau de ses quais de pierre, avec les artères froides de ses canaux, quand avait cessé d’y battre la grande pulsation de la mer” Mais le cours
FLANDRE-ORIENTALE, FLANDRE-OCCIDENTALE
des choses va bientôt s’inverser. L'ancienne capitale commerciale est redécouverte par les Anglais qui viennent prendre les bains à Ostende, station balnéaire huppée de la Belle Époque. La construction d’un port à Zeebrugge lui ouvre un nouvel accès à la mer. Restaurée à grands frais, Bruges, surnommée la “Venise du Nord”, retrouve ses couleurs
d’origine et suscite l’engouement des touristes. En 2000, ses efforts d’embellissement sont récompensés par l'Unesco, qui lui accorde
une précieuse inscription au patrimoine de l’humanité.
EN VOITURE
De Paris, suivre Bruxelles (A1) puis, après la frontière, l'A14 et l'A17. Trajet de 300km, durée de 3h environ.
Arrivé à Bruges, il est préférable d'éviter de s'engager dans le centreville, cf. circulation, stationnement (p.216). Bruges est à la jonction de l'A10 (Ostende-Gand-Bruxelles) et de l'A17 (Bruges-Courtrai-Tournai).
Gare NMBS/SNCB De Paris, le plus rapide est de prendre le Thalys pour Bruxelles gare du Midi, puis un train
Tableau kilométrique
Bruges Bruxelles Anvers Bruxelles 95 Anvers 100 Gand
régional pour Bruges (env. 2h30). Plusieurs trains par jour (1h20) au départ de Lille. Bruges dispose de liaisons fréquentes avec Anvers (1h25), Bruxelles (ih), Gand (25min). Train régional pour Ostende (15min). On ne composte pas les billets de train en Belgique. Stationsplein, 5 Tél. 02 528 28 28 www.
belgianrail.be
orientation
La ville s'est développée dans un ovale.
presque parfait de 7km de circonférence, dont les contours sont dessinés .
par la rivière Reie et les anciennes fortifications. À l'intérieur de cette
Gand Furnes Courtrai Ostende