‹ Belgique: Écononmie socialeChapitre 8 sur 130 · RÉSERVES ET PARCS NATURELS · texte numérisé non relu

RÉSERVES ET PARCS NATURELS

| Dinant (province de Namur), le parc naturel de Furfooz, classé depuis 1980, | profite d’une infrastructure touristique bien développée. Avec 20 000 visiteurs | par an, ce site naturel (5 1ha) abrite diverses curiosités géologiques, botaniques et entomologiques. Des cavernes préhistoriques, des vestiges de forteresses | romaine et médiévale et des thermes romains font aussi partie du décor. Les | réserves naturelles de Lesse et Lomme (communes de Rochefort et Tellin, province de Namur) forment un ensemble remarquable, caractérisé par divers | phénomènes karstiques : la Lesse qui se précipite dans le gouffre de Belvaux et disparaît sous terre pour resurgir à Han ; un bras de la Lomme au cours souterrain ; un fourmillement de grottes et de cavernes. L'endroit regorge | également de vestiges préhistoriques. Les forêts sont peuplées de hêtraies, d’érablières, de chênaies… et de très nombreux oiseaux : milan royal, chouette effraie, hibou moyen duc, martin-pêcheur, bécasse des bois, etc. Les communes | de Bastogne, Vaux-sur-Sûre, Fauvillers, Habay, Martelange et Léglise (province du Luxembourg) se sont réunies pour constituer le territoire du parc naturel de la Haute Sûre et de la forêt d’Anlier, soit près de 72 000ha. Comme son nom l'indique, il s’articule autour de deux grands éléments : le bassin de la haute Sûre et le massif forestier d’Anlier. La topographie présente quatre variantes : le vaste plateau agricole de Libramont-Bastogne ; le bassin de la Sûre, avec ses vallées souvent reboisées en résineux ; le massif d’Anlier, au relief marqué, tapissé de hêtraies ; la Lorraine belge, à la topographie plus monotone et de plus basse altitude, où prédominent les terres agricoles. Le parc naturel des vallées de la Burdinale et de la Méhaïigne (près de Huy, province de Eiège) doit son nom aux deux rivières qui le sillonnent. Celles-ci ont façonné ses paysages, faits de prairies, de forêts humides et d’étendues agricoles. S’y aventurer conduit tantôt à travers champs, tantôt le long des rivières, à la rencontre de fermes-manoirs, de châteaux, de moulins, d’une faune et d’une flore très diversifiées. Considéré comme l’un des joyaux naturels de Belgique, le parc naturel des Hautes Fagnes couvre une superficie de 30 000ha, au nord de Malmedy (province de Liège). Ses paysages sont constitués de tourbières, de landes et de forêts (épicéas, résineux, hêtres). Le climat froid (115 jours de

Faune et flore : la main de l’homme

En Belgique, l'abondance où alternent tourbières et landes. des précipitations et l'humidité De l'immense forêt qui recouvrait

} du climat favorisent une végétation jadis presque tout le pays, il

| naturelle de forêts de feuillus, ne reste que des lambeaux épars. de landes et de prairies humides. Composée aux deux tiers de Néanmoins, les activités humaines feuillus et d'un tiers de résineux, ont changé le visage du pays. la forêt couvre encore quelque Comme dans toute l'Europe 20% du territoire belge. La faune occidentale, peu de traces est, de manière générale, celle des de végétation spontanée y pays européens de climat tempéré. subsistent, sauf dans la région En haute Ardenne, elle comprend côtière, en Campine et, surtout, aussi, comme la flore, des espèces

dans les Hautes Fagnes, d'origine boréale.

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PANORAMA

gel par an) et humide (deux fois plus pluvieux qu’à Bruxelles) y a permis le développement d’espèces végétales rares et le maintien d’une faune sauvage : cerfs, chevreuils, sangliers, coqs de bruyère.

Histoire La préhistoire et l'Antiquité

La plus ancienne trace de présence humaine en Belgique (800 000 ans) a été exhumée à Hallembaye, quelques kilomètres au nord de Liège. Aux environs de 400 000 av. J.-C., l'ancêtre de l’homme de Neandertal gagne la vallée de la Meuse et peuple peu à peu toute la province de Liège et de Namur. Au néolithique (5 000 ans av. J.-C.), ses descendants commencent à domestiquer les animaux et à développer l’agriculture. L’homme, jusqu'alors chasseur-cueilleur nomade, se sédentarise. Vers 500 av. J.-C. se développe la civilisation celte, dite de La Tène, de la côte atlantique française jusqu'aux Carpates. En Belgique, comme ailleurs, ce peuple sans écriture vit divisé en une dizaine de tribus, dont les Aduatiques, les Éburons, les Ménapiens, les Trévires.. Chacune a son propre fonctionnement et ses propres lois. Pour autant, leur société n’en est pas moins organisée. Chaque tribu est placée sous l'autorité politico-militaire d’un chef et sous le contrôle spirituel des druides. Réputés pour être de valeureux guerriers, les Celtes ont aussi su commercer avec le monde méditerranéen. Un siècle av. J.-C., ils frappaient déjà leur propre monnaie.

La Gaule romaine

Entre 57 et 51 av. J.-C., Jules César tire parti de l'absence d’unité politique des Celtes pour conquérir la Gaule. La résistance héroïque de certaines tribus, comme celle des Éburons, menée par le roi Ambiorix, ne fait que retarder linévitable, et provoquer un véritable massacre des rebelles. Nouveau maître de la Gaule, César se sert du terme Belgae pour désigner les populations vivant entre la Seine et le Rhin. Ce territoire septentrional de la Gaule, désormais province de l’Empire romain baptisée Gallia belgica, joue un rôle important pour Rome, en raison de ses frontières avec les territoires germaniques ennemis. Pendant quatre siècles, grâce à la pax romana, la région prospère. Des ports et des réseaux routiers sont construits, favorisant le commerce, et de petites villes se développent le long des voies de communication : Tongres, Tournai. Peu à peu, le latin s'impose comme langue véhiculaire au détriment des dialectes celtes. Et, au 1v° siècle, le christianisme commence à pénétrer les régions belges, avec la fondation de l’évêché de Tongres. Au même moment, les Francs Saliens, des tribus germaniques, parviennent à percer une brèche dans l’Empire et à s'établir dans le nord de la Belgique. En 406, ils profitent de la traversée en masse du Rhin par d’autres Germains et de la défaite des légions romaines pour conquérir les territoires au nord de la Somme.

Les Mérovingiens

Au début du v* siècle, la domination franque des rois mérovingiens succède à celle de Rome. Tournai est choisie comme capitale. Grâce aux campagnes

militaires de leur roi Clovis (v. 465-511), les Mérovingiens étendent leurs | possessions sur toute la Gaule, ainsi que sur la Germanie. En 496, pressé de : se convertir au catholicisme par l’aristocratie gallo-romaine, Clovis reçoit le baptême à Reims. À sa mort, le royaume est ébranlé par d’incessantes luttes fratricides. Le calme revient avec le roi Dagobert (v. 604-639), dont le règne

a représenté une période d’apogée et de paix pour la dynastie mérovingienne. | À sa mort commence une phase de déclin.

Les Carolingiens

| En 751, Pépin le Bref (715-768) profite de cette faiblesse des Mérovingiens | pour destituer le roi. Une nouvelle dynastie leur succède : celle des Carolingiens. Son fils, le légendaire Charlemagne (742-814), rétablit l’ordre politique et social sur ses terres, qui s’étendent alors de la mer du Nord à Rome, et de | Brest à l'Autriche. La vallée de la Meuse, dont il est originaire, devient le centre | politique et économique de ce nouvel empire. Lors du traité de Verdun, en 843, Pimmense royaume carolingien est partagé entre les descendants de Charle- | magne, donnant naissance à trois ensembles : à l’ouest de l’Escaut, la Francie occidentale (la future France et la Flandre), à l’est du Rhin, la Francie orientale (le futur Saint Empire romain germanique) et, en position médiane, la Lotharingie, qui comprend l'essentiel de la Wallonie actuelle. À l’intérieur de ses blocs se constituent, dès le 1x° siècle, des entités politiques plus ou moins indépendantes : les comtés de Flandre, de Hainaut, de Namur et de Luxembourg, les duchés de Brabant et de Limbourg, ainsi que

É. UNE FRONTIÈRE ANCESTRALE C'est dès le V® siècle que le particularisme de

la Belgique se profile:

au nord, les envahisseurs francs imposent leur dialecte germanique sur ce qui deviendra la Flandre ; au sud, ils se mêlent à la population gallo-romaine, plus nombreuse, adoptant les idiomes romans de la future Wallonie. Depuis, la frontière linguistique entre les deux communautés

n'a guère bougé...

les principautés de Liège et de Stavelot. Simultanément s’amorce l’expansion démographique et économique des territoires belges, qui durera jusqu’au milieu du xiv° siècle. Une nouvelle classe de marchands et d'artisans fait son apparition. Profitant de l’essor de l’industrie drapière et du commerce maritime et fluvial, les villes se développent : d’abord Bruges, Gand, Tournai, Vpres, Namur, Dinant et Liège, puis Bruxelles, Louvain et Malines. La région devient l’un des cœurs économiques de l’Europe. Ce qui encourage les comtes de Flandre à prendre leurs distances vis-à-vis de Paris, avec qui les conflits

sont incessants. La rupture est consommée lors de la bataille de Courtrai, dite

des Éperons d’or (11 juillet 1302) : les troupes du roi de France sont défaites. Une date fondatrice de l’identité flamande.

Les ducs de Bourgogne

À l'issue de la guerre de Cent Ans, la Flandre, restée neutre, échoïit à la Bourgogne — le dernier comte de Flandre ayant marié sa fille au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi (1342-1404). Fin stratège, celui-ci œuvre à renforcer le pouvoir central et à étendre les possessions de la maison de

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PANORAMA

Bourgogne par mariage, héritage ou achat. Mais c’est son petit-fils, Philippe le Bon (1396-1467), qui réunira les territoires de la future Belgique (à l'exception de la principauté de Liège) et des Pays-Bas actuels sous l’autorité d’un seul souverain. Au milieu du xv° siècle, les Pays-Bas bourguignons sont ainsi constitués. On les appelle les “Dix-Sept Provinces”, ou les “pays de par-delà”, en opposition avec le reste du duché, les “pays de par-deçà” (la Bourgogne et la Franche-Comté). Sous le règne des ducs de Bourgogne, la Belgique connaît une grande prospérité économique et une activité artistique intense avec des peintres comme Jan Van Eyck (1390-1441) ou Rogier Van der Weyden (v. 1400-1464). Certaines cités flamandes déclinent, mais d’autres, telle Anvers, entament leur période faste. Au xv° siècle, l'envasement du canal reliant Bruges à la mer du Nord conduit les marchands brugeois à s’y établir. La ville devient rapidement l’un des principaux ports et l’une des plus importantes capitales économiques d'Europe. La politique centralisatrice des ducs rencontre toutefois de fortes résistances parmi les communes, jalouses de leur autonomie. Elles se révoltent sous Philippe le Bon (Gand, Bruges), mais surtout sous son fils, Charles le Téméraire (Dinant, Liège). Certains de ces troubles sont nourris par le roi de France, Louis XI, inquiet de la montée en puissance du belliqueux Charles le Téméraire (1433-1477). À la mort du duc, sa fille, Marie, épouse Maximilien d’Autriche.

Les Habsbourg et les Pays-Bas espagnols

Lors du décès de Marie de Bourgogne en 1482, les possessions de la maison de Bourgogne passent à celle des Habsbourg. Charles Quint (1500-1558), figure la plus emblématique de cette dynastie, va régner sur un gigantesque empire, encerclant la France, regroupant les terres des Habsbourg (le Saint Empire romain germanique, soit l’Allemagne et l'Autriche actuelles), celles des Bourguignons (les Pays-Bas et la Franche-Comté) et celles de la couronne d’Espagne (Castille, Aragon, Navarre, Sardaigne, Sicile, Naples et les colonies d'Amérique du Sud), dont il est l’héritier. Sous sa régence, Anvers rayonne, tant sur le plan économique (la première bourse y voit le jour en 1531) que sur les plans scientifique et artistique. En 1555, à Bruxelles, Charles Quint abdique et remet le commandement des Dix-Sept Provinces à son fils Philippe IT (1527-1598). Mais la pauvreté engendrée par la forte croissance démographique nourrit l’agitation sociale dans les Pays-Bas espagnols. L’impopularité de ce nouveau roi élevé en Espagne et ignorant le français et le flamand attise le mécontentement. En bon souverain catholique, Philippe II combat en outre sans ménagement la réforme protestante qui a gagné les Pays-Bas du Nord, en dépit de l'opposition de la noblesse et de la bourgeoisie locales. Tant et si bien que les Provinces du Nord se révoltent et proclament en 1579 leur indépendance, qui sera consacrée par le traité de Westphalie en 1648. Ils prennent alors le nom des Provinces-Unies (l'actuelle Hollande). Malgré les troubles et le déchaînement de la furie iconoclaste, les Pays-Bas méridionaux (lactuelle Belgique) restent sous le joug de la couronne d’Espagne. Cette agitation politique a des répercussions sur l’économie. En 1585, les Hollandais ferment le trafic maritime sur l’Escaut. Anvers, étranglée, perd sa fonction portuaire et son hégémonie financière en Europe. La seconde moitié du xvII* siècle sera une période assez sombre pour les Pays-Bas

demeurés espagnols. Les guerres menées par Louis XIV ravagent la province. L’Artois, le sud du Hainaut, Lille, Dunkerque passent à la France, dessinant : ainsi peu à peu les contours de l’actuelle frontière entre celle-ci et la Belgique. | Le traité d’Utrecht (1713), qui met fin aux hostilités, attribue les Pays-Bas aux Habsbourg d'Autriche. De 1715 à 1794, les Pays-Bas, dorénavant autrichiens, se révèlent autrement plus paisibles que pendant la période espagnole. | Les nouveaux régents, des despotes éclairés, veulent y appliquer les principes des Lumières. Ils réforment les finances, le système administratif et la justice, affermissent la puissance centrale de Bruxelles... Cependant, ces initiatives réformatrices ne sont pas du goût de tous. Elles froissent les susceptibilités | des uns et nuisent aux intérêts des autres. Suffisamment pour déclencher en

1789 la révolution brabançonne à Bruxelles. Les troupes autrichiennes sont | chassées et les “Etats belges unis” proclament leur indépendance le 11 janvier

1790. Mais, en moins d’un an, la discorde entre progressistes et conservateurs | fait retomber le pays sous la domination autrichienne.

1792-1815, l'occupation française

En 1792, la principauté de Liège, à la demande de patriotes réfugiés à Paris, et les Pays-Bas autrichiens sont envahis par la jeune République française. L’année suivante, les armées autrichiennes reprennent possession du pays. Mais, en 1794, la France pénètre à nouveau en conquérante dans Bruxelles, | ét, après une occupation militaire de quatre ans, la future Belgique est annexée à la France. Constituée en neuf départements, elle est soumise aux mêmes lois (notamment le code Napoléon, qui servira de modèle à la loi belge) et ‘aux mêmes institutions que sa voisine. Toutefois, la conscription, l’absence de libertés politiques et les brimades religieuses rendent impopulaire la République. En Flandre, le néerlandais est réprimé et toute publication dans cette langue interdite. Pendant cette “période française”, la Wallonie entame cependant sa révolution industrielle, jusqu’à devenir l’une des régions les plus industrialisées d'Europe (particulièrement Liège, Verviers et le Haïinaut). Le blocus néerlandais de l’Escaut est levé et Napoléon fait agrandir le port d'Anvers, qui redevient un centre commercial majeur. Sa défaite, le 18 juin 1815 à Waterloo, met fin à l’occupation française.

La parenthèse hollandaise

Au congrès de Vienne (1815), les grandes puissances (Russie, Autriche, Prusse, Grande-Bretagne) regroupent les Pays-Bas autrichiens et les Provinces-Unies sous l'appellation de royaume des Pays-Bas, qu’elles placent sous l’autorité du prince hollandais Guillaume d'Orange. Leur but est alors de créer un puissant État tampon pour contenir les poussées expansionnistes des Français. Mais les divergences surgissent rapidement entre les élites “belges” et leur nouveau roi, trop autoritaire. Celui-ci refuse l’instauration d’une véritable représentation populaire, réclamée par les libéraux, et veut imposer le néerlandais comme langue officielle en Flandre, ce qui contrarie la bourgeoisie flamande traditionnellement francophone. De son côté, l’Église catholique, refusant d’accepter un souverain protestant qui chercherait à réduire son pouvoir, soutient l’opposition. En 1828, catholiques conservateurs et jeunes

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