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PANORAMA
libéraux progressistes (deux partis opposés lors de la révolution brabançonne) S’unissent contre le roi : l’‘‘unionisme” est né. Le 25 août 1830, dans la foulée de la fièvre révolutionnaire qui a éclaté à Paris en juillet, Bruxelles se soulève. L’élan se répète aux quatre coins du pays, d’Ostende à Arlon. L’insurrection devient nationale. Après quatre jours d’affrontements, les troupes gouvernementales sont chassées de la capitale.
La naissance de la Belgique
Le 4 octobre 1830, un gouvernement provisoire proclame l’indépendance de la Belgique et la scission d’avec la Hollande — le pays sera reconnu le 20 janvier 1831, lors de la conférence de Londres, par les cinq nations : Autriche, France, Grande-Bretagne, Prusse et Russie. Pour les Belges, la liberté a un coût. Les grandes puissances leur imposent la neutralité, un partage défavorable de la dette nationale et la cession du Limbourg oriental et du Luxembourg. Qu'importe : le 7 février 1831, le Congrès, élu par 30 000 citoyens, adopte la Constitution belge — une synthèse équilibrée et progressiste des Constitutions française, néerlandaise et du droit constitutionnel anglais. Ses grands principes sont toujours en vigueur aujourd’hui. En outre, le Congrès décide d'instaurer en Belgique une monarchie parlementaire. Le 21 juillet 1831, le prince allemand Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha (1790-1865) devient le premier roi des Belges. Avec les catholiques et les libéraux, toujours unis, il résiste aux prétentions néerlandaises et françaises sur le jeune État. Mais l’unionisme” n’est plus tenable pour personne. Les divergences idéologiques sont trop fortes et trop nombreuses. En 1846, le Parti libéral est créé. Quarante-deux ans plus tard, les catholiques se constituent à leur tour en parti. Entre 1847 et 1914, l’un et l’autre alterneront l’exercice du pouvoir. Sur le plan économique, le déclin consécutif à la séparation des marchés néerlandais et belge ne dure pas. La construction d’un réseau ferré (le premier en Europe) reliant les principales villes permet dès 1840 une rapide croissance des industries houillères et de la métallurgie wallonne. La Belgique connaît une véritable révolution. Elle confirme son statut de pays le plus industrialisé d'Europe continentale. À la fin du xix° siècle, le roi Léopold IT (1835-1909) finance des expéditions en Afrique centrale, notamment dans les territoires congolais, dont l’exploitation assure l’approvisionnement de la Belgique en matières premières et l'enrichissement de la Couronne. En 1885, le Parlement autorise le monarque à devenir le chef d’État du Congo. Cette colonie “personnelle” du roi sera cédée à la Belgique en 1908, mais elle n’obtiendra son indépendance que le 30 juin 1960.
Les guerres mondiales
Malgré la politique de neutralité imposée à la Belgique, le pays n’a pas été épargné par les deux grands conflits mondiaux. En 1914, l’Allemagne envahit la Belgique. Et, malgré une résistance héroïque derrière la ligne de l’Yser, l’armée belge, menée par le roi Albert I‘, ne peut faire obstacle à la puissance allemande : le pays est occupé dans sa quasi-totalité. À l'armistice, l'Allemagne cède à la Belgique les cantons germanophones d’Eupen, Malmedy et Saint- Vith, ainsi que ses colonies du Rwanda et du Burundi. En mai 1940, la Bel-
| LA “QUESTION ROYALE” Elle a divisé le pays au sortir de la guerre. En 1950, les électeurs belges se ‘rendent aux urnes pour se prononcer par référendum :sur le retour du roi en exil, Léopold Il. Sur l'ensemble de la Belgique, une ‘majorité (5770%) se dégage en faveur de sa rentrée, mais, en Wallonie et à Bruxelles, le plus grand
gique est à nouveau envahie par l'Allemagne.
Après 18 jours de combats, le roi Léopold III (1901-1983) signe la capitulation sans condition du pays contre l’avis du gouvernement, qu'il refusera de suivre dans son exil à Londres. Face à cette attitude, les ministres belges prononcent son incapacité à régner et assument les pouvoirs constitutionnels ordinairement dévolus au roi. Cette interdiction ne sera pas levée à la Tibération, en septembre 1944, et la “question royale” ne sera réglée qu’en 1951, avec l’accession au trône de Baudoin I®, cf.
encadré.
‘nombre se prononce contre. Le roi décide malgré tout de revenir, ce qui provoque de graves troubles insurrectionnels en Wallonie. Le pays est au bord de la guerre civile.
Pour calmer les tensions, Léopold abdique en faveur de son fils Baudouin.
La Belgique moderne
Économiquement, les années 1960 et 1970 marquent un changement dans la répartition des richesses sur le territoire belge. La Flandre s’affirme progressivement comme la région la plus productive et la plus riche du pays. Ce qui est toujours le cas aujourd’hui et alimente les querelles communautaires et linguistiques. Centralisatrice et unitaire à sa création, la Belgique est devenue, au terme de trente années de réformes, un État fédéral où chaque région (Wallonie, Flandre, Bruxelles-Capitale) dispose de ses propres institutions. Le 9 août 1993, Albert II accède au trône : c’est le sixième roi des Belges. Son fils Philippe lui succède le 21 juillet 2013. Au plan international, la Belgique a joué un rôle important dans la construction de Union européenne et est également membre fondateur de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (O TAN), dont le siège est à Bruxelles, tout comme la Commission et le Parlement européens.
Politique
Un État, trois régions, trois communautés
“La Belgique est un État fédéral qui se compose des communautés et des régions.” Il aura fallu quatre réformes constitutionnelles (en 1970, 1980, 1988- 1989 et 1993) pour parvenir à ce nouvel équilibre institutionnel réclamé par les Flamands, désireux de renforcer leur autonomie au sein du royaume. La Belgique est donc passée progressivement d’un État unitaire fondé en 1830 à un État fédéral. La mise en œuvre du fédéralisme a nécessité la promulgation , grand nombre de lois, résultant d’une succession de compromis entre les communautés wallonne et flamande, et aboutissant à un système dont la complexité laisse parfois les Belges perplexes. Au niveau de l'État fédéral, le pouvoir législatif est exercé par le Parlement fédéral, qui est composé de deux Chambres — la Chambre des représentants et le Sénat —, et par le roi, dont le pouvoir est essentiellement symbolique. Le souverain incarne l’unité
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PANORAMA
d’une nation toujours menacée par les forces séparatistes. Les compétences de l’État fédéral ne concernent que ce qui a trait à l’intérêt général ; la langue, la culture et l’enseignement sont du ressort des trois Communautés (française, flamande et germanophone). Quant aux trois régions (Flandre, Bruxelles- Capitale et Wallonie), dont les frontières ont été tracées en 1962, elles ont en charge les questions territoriales, telles que l’'aménagement du territoire, l’environnement et l'emploi. Les dix provinces (Anvers, Brabant flamand, Brabant wallon, Flandre occidentale, Flandre orientale, Hainaut, Liège, Limbourg, Luxembourg, Namur) possèdent des compétences fédérales, communautaires et régionales, mais restent sous tutelle.
La langue, source de querelles incessantes
La communauté germanophone, extrêmement minoritaire (71 300 personnes), habite les cantons d’Eupen et de Saint-Vith, à la frontière avec l’Allemagne. Elle reste à l’écart des tensions qui agitent les 3,4 millions de Wallons et les 6 millions de Flamands. L'égalité linguistique, grande revendication du mouvement flamand, a été longue et difficile à obtenir. Bien qu’elle soit acquise aujourd’hui, le sujet reste très délicat pour les Flamands notamment en ce qui concerne le statut de Bruxelles, dont la région (Bruxelles-Capitale) compte plus d’1 million d'habitants. Dans la capitale de la Belgique, qui est aussi celle de la Flandre, on applique le principe du bilinguisme. Mais, les francophones étant majoritaires, les néerlandophones craignent de perdre un territoire emblématique. Lors de
Les 3 régions belges À PAYS-BAS ©
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