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CHAPITRE IX. i

pas de la perte de leurs Rubens, et ils eurent cent fois raison. L'erreur commune et inévitable des puissants monarques est de croire qu'un peuple est heureux et reconnaissant parce qu'il a le ventre plein. La religion que l'on nous prêche dès l'enfance est supérieure à ces notions , et les Anversois sont religieux.

La vie matérielle que l'on mène à Anvers est fort bonne. Je suis descendu dans cette ville k l'hôtel Saint-Antoine , près de la place Verte, un des meilleurs du monde, sans que pour cela le prix en soit inaccessible aux bourses moyennes. Tout y est succulent et intellectuel. Les cuisines ellesmêmes y sont décorées de gravures très-supportables. La salle principale est un vrai musée. Le plaisir des yeux se joint, à table d'hôte, à des agréments plus palpables. Seulement je dois dire — sans reproche — que j'ai commencé d'expérimenter là les cuisines singulières qui particularisent la Hollande et l'Allemagne gastronomiques. Le pinson à la marmelade est du nombre de ces mets excentriques et à gros bec qui commencent k signaler l'approche des régions batdves. Je ne m'en plains point : ce pinson a un goût sui ge^ neriSy très-supportable, comme la grive de la Corniche. Mais, néanmoins, ce mets est rare et valait d'être signalé. (On trouvera aux notes tous les détails sur les hôtels et restaurants d'Anvers.)

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