‹ BelgiqueChapitre 110 sur 145 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

tionnel dissimule la brique et produit un effet original , mais qui n'est pas d'un goût bien pur.

Le palais du prince-ëvéque de Liège, que (âiarles-Quint trouvait le plus beau de la chrétienté, mérite en effet d'être vu et admiré. La façade en est imposante, mais les portiques rësgnant autour du vaste cloître intérieur, et soutenus chacun par soixante colonnes gothiques, ou plutôt mauresques, dont aucune ne ressemble aux autres, bien qu'elles soient toutes du même style, ces portiques, surtout, sont saisissants d'aspect, de la plus belle tournure, d'un galbe tout k fait inédit et harmonieux. Cette colonnade est un bazar qui éclipse, je dois le dire, les galeries de l'Odéon. L'ancien palais épisco* pal est aujourd'hui palais de justice, lieu de détention, dépôt d'archives et je- ne sais plus quoi encore. Il a été bâti par Ërard de La Mark , qui y consacra trente-deux ans et des sommes considérables.

4. Stotae de ttrééry. — CarlllMi. -^ Wmmtukge liemoBnler. TkéAtre.

L'un des monuments modernes de Liège est la statue de Grétry, représenté dans sa douillette de fourrure traditionnelle. Elle s'élève devant TUniversilé. Cet ouvrage n'est pas mauvais et rappelle assez, tant pour le costume que par la pose méditative, la statue érigée à Érasme sur le principal pont de Rotterdam.

A propos de Grétry, je ne dois pas omettre, parmi les plaisirs de Liège, le carillon de Saint-Paul, qui joue toutes les heures (c'est un peu bien souvent) l'ouverture du Jeune Henri,

Liège est dépourvue de ces manoirs gothiques qui sont le plus grand ornement des autres villes de Belgique. Elle porte néanmoins tout le cachet d'une ville ancienne, bien qu'elle ait fait et fasse encore des tentatives pour se parer au goût moderne. Je citerai, parmi ces essais, le passdge Lemonnier^

calqué sur le modèle des galeries Vivienne et autres, luxueuse et élégante construction, mais déserte, comme la plupart des fossdgeSy j* ignore en vérité pourquoi. Le théâtre de Liège est assez remarquable : il date de 1820, et c'est Mlle Mars, en tournée, qui en posa la première pierre. Mais, nonobstant ce souvenir, la comédie y fait assez pauvre figure. Il faut du chant, du chant, du chant aux concitoyens de Grétry, comme à tous les publics du monde. Aussi, on leur en donne à tympan que veux-tu ? Mais.... après un quart d'heure d'audition, je dois confesser que j'ai eu la lâcheté de battre en retraite, et suis allé chercher fortune, pour le reste de la soirée, au café littéraire ( digne suite au café Philosophique de Louvain ), où j'ai trouvé la littérature représentée par des pots de bière, un vieux numéro du Journal des Débats et ce que les Flamands comme les Hollandais, ces vieux républicains, persistent à nommer un billard royal.

s. Ire Perron de I<lég;e.

Qu'allais-je faire, bon Dieu, ou plutôt ne pas faire? J'allais oublier le Perron de Liège ! Autant vaudrait aller à Rome sans voir le pape, ce qui s'est vu , ou à Paris sans voir le Louvre. Le Perron est le palladium, l'amour, l'idole de Liège; sans Perron, Liège ne vit plus. Il y parut bien, lorsque Charles le Téméraire eut la cruauté d'arracher ce fétiche aux Liégeois vaincus pour le faire transporter à Bruges, avec cette inscription significative :

Je suis le Perron de Liège , Que le duc Charles a conquis.

La généreuse Marie de Bourgogne rendit le Perron aux pleurs et aux embrassements des Liégeois , qui ont eu le bonheur de le conserver depuis.

Le Perron est une fontaine; il forme à lui seul les armoiries de Liège. Il est situé sur la place du Marché, et son nom

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