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CHAPITRE XII

à Theux, ville fort ancienne, où Louis le Débonnaire avait un palais, et qui n*a plus que des fabriques. Tout ce pays de Liège est plein des berceaux de la race carloviugienne. On aperçoit plus loin Franchimont, ruines à jamais illustrées par le dévouement des 600 braves qui s'élancèrent de ce château pour sauver Liège des fureurs de Charles le Téméraire et de ses 40 000 hommes. Ils périrent tous en Spartiates, après avoir fait une trouée horrible dans les cohortes du Xerxès bourguignon. Il nous semble que cette ville de Liège, où ils renouvelèrent les Thermopy les, s'honorerait en érigeant un monument collectif à la mémoire de ces 600 héros.

Enfin, une superbe avenue se dessine, montrant Spa à l'extrémité.

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Crand.

Située en plein cœur de l'immense forêt des Ardennes, au pied d'une montagne escarpée qui l'abrite contre les vents du nord, cette petite ville , jolie et bien bâtie, ne serait restée qu'une triste bourgade, en supposant qu'elle existât, sans les célèbres eaux qui en ont fait, dès les temps reculés, et en maintiennent la fortune.

Ces eaux, gazeuses, ferrugineuses et salines, d'une propriété incontestable contre un grand nombre de maladies, remontent, dit-on, dans les fastes de la thérapeutique thermale, jusqu'au xi' siècle. A cette époque, il n'y existait point de maisons ; on se bornait à y dresser des tentes autour du Pouhon , la plus célèbre et alors la seule connue des sources de Spa.

On raconte que le premier établissement y fut formé, trois siècles après, par un certain Wolf de Bréda, qui y obtint, moyennant finances, une concession de l'évêque de Liège, y bâtit une maison auprès de la fontaine et y organisa des for-

ges. Le chélif village grandit ; on y construisit une église ; on découvrit la Géronstère, et, au xvi* siècle, les étrangers illustres commencèrent d'y affluer. Les premiers qui s'y rendirent furent le médecin italien de Henri lïl d'Angleterre, Louis de Gonzague, duc de Nevers, et Alexandre Farnèse. Les Liégeois, comme de raison, furent les derniers à apprécier ce bienheureux voisinage; car, comme dit Montaigne, « ceux de Liège s'émerveillent des eaux de Lucques, et les Toscans ne font pas moins de cas de celles deSpa. »

Le martyrologe des malades de distinction qui honorèrent les eaux de Spa de leur visite serait long : nous n'en citerons que les plus qualifiés.

La fameuse reine Margot^ première femme de Henri IV, ayant voulu venir prendre les eaux de Spa, en 1577, ne le put en raison de létat des chemins, et dut les boire à Liège même, dans le palais du prince-évêque. C'était alors Gérard de Grœsbeck, illustre prélat, qui a donné son nom à l'une des sources de Spa et qui fut nommé cardinal l'année d'après, sans doute par le crédit de la visite de Marguerite de Navarre. Elle-même a raconté fort gracieusement l'impression du séjour qu'elle fit à Liège six semaines durant, et d'où il appert que Liège, à cette époque, était, comme tant d'autres villes belges, picardes et flamandes, infiniment plus magnifique et plus peuplée qu'on ne la voit aujourd'hui.

Charles U d'Angleterre, la reine Christine, Gustave UI de Suède, l'empereur Joseph H, le prince Henri de Prusse, frère du grand Frédéric, Paul I", le comte d'Artois, qui fut depuis Charles X, la duchesse d'Orléans, mère de Louis-Philippe , la reine Hortense , l'empereur Alexandre, le roi de Prusse, le roi et la reine des Belges, et, parmi les particuliers, l'illustrissime Juste Lipse, l'abbé Raynal, Monge, CandoUe, Alfieri, Volney, le duc de Wellington, vinrent tour à tour à Spa.

Mais tout s'efface dans ces souvenirs devant celui du czar

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