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CHAPITRE XII. â

lui répond : Monsieur^ c'est ce vieux qui monte toujours à dne avec un parapluie! néant de la gloire ! Faites donc des chefs-d'œuvre pour être désigné de cette façon-ci : « Signe particulier, un âne! »

l^es plaisirs de Upau— «eux, bals, comcerts, chasser ^ promenades.

C'est une ville de jeux. En 1762, le prince-évêque de Liège avait accordé à des particuliers un privilège de trente ans pour donner à Spa des fêtes publiques et jouer des jeux de hasard. D'autres particuliers, non privilégiés, voulurent aussi donner à jouer, prétendant que l'évêque n'avait pas le droit de conférer de ces monopoles. Il s'ensuivit un grand procès par-devant les vingt-deux de Liège, et ce procès durait encore quand éclata la révolution française. Il y avait alors k Spa trois établissements de jeux : la Redoute, le Vauxhall et le salon Levez. Plus tard, ces trois maisons se réunirent dans un seul intérêt et fusionnèrent. La roulette et le trente-et-un sont en actions subdivisées à l'infini à l'étranger et dans la localité même, et il y a toujours nombre de gens à Spa qui s'inquiètent vivement de la prospérité ou de la déveine du trente, lequel , bon an mal an , leur donne quelque chose comme 25 fr. de revenus. Il est vrai qu'il y a de gros intéressés, parmi lesquels on cite des banquiers d'Aix-la-Chapelle et des capitalistes de Paris.

La Redoute est le siège principal, le Kursaal du Spa d'aujourd'hui. Ce vaste édifice, construit dans le style Louis XV, avec un escalier monumental, est situé au centre même de Spa ; deux beaux salons, dont l'un est éclairé sur la rue et sur une cour assez vaste, servent aux réceptions de tous les jours. On y lit les journaux de France, d'Angleterre, d'Allemagne, de Belgique et les brochures en vogue.

Tous les soirs, au moment brillant de la saison, on se réunit en outre dcins le grand salon à l'ouest de la Redoute,

lequel tient à la salle de spectacle et s'y relie au moyen d*un raccord de décoration très-ingénieux. Le grand salon de Spa est d'un beau style, et la salle de spectacle, quoique fort petite, ne manque pas d'un certain caractère de majesté. De grandes cariatides supportent les trois rangées de loges. £n général, on trouve à Spa un spectacle assez médiocre ; les concerts y valent beaucoup mieux que l'opéra comique et le vaudeville.

Les plus brillants se donnent d'habitude du i 5 août au 5 septembre, k l'époque des courses de Spa. Ces courses, pour lesquelles le gouvernement belge, la ville de Liège et la ville de Spa ont fondé des prix, sont ordinairement brillantes. Elles se terminent, et c'en est la petite pièce, par une joti^^ entre les bidets du pays. Les bidets de Spa sont d'ailleurs des animaux intéressants. Ce sont des chevaux de race ardeniiaise, de taille médiocre, à l'encolure un peu épaisse, à la tête lourde ; mais ils ont une qualité inappréciable dans ce pays accidenté; ils ont en général le pied sûr comme les mulets des Pyrénées , et sont à peu prèsinfatigables.

Les pèlerinages au Pouhon sont les premiers dont on s'acquitte, les eaux de cette source coulant à deux pas de la Redoute.

Du Pouhon on va à la promenade de Sept-Heures, qui est régulièrement illuminée à la tombée de la nuit, et qui devient une sorte de boulevard de Gand, auquel ne manque pas même un concert Musard, car une estrade reçoit chaque soir ce qu'on nomme V Harmonie, c'est-à-dire un orchestre d'amateurs, heureusement composé et habilement dirigé.

Spa possède une école de peinture qu'il ne faut pas rendre responsable des dessins d'assez mauvais goût qui illustrent le plus souvent les boîtes et autres menus ouvrages en bois vernis dont on y fait un assez grand commerce. Il y a d'ailleurs parmi ces petits ouvrages de véritables chefs-d'œuvre d'exécution , et, s'ils sont rares , il faut s'en prendre à la nécessité

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