‹ BelgiqueChapitre 16 sur 145 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

madone, col bambéno^ attribuée à Michel-Ange et donnée pour telle parles cicérones et les sacristainsflamands.M.Viardot ne pense pas que cette Vierge, fort belle au reste, soit due au grand Florentin. Il la croirait plut6t de San Sovino. Et, d'abord, les yeux n'ont point de prunelles, ce qui est tout à fait insolite dans la sculpture du Ba<marotti. Puis, bkn que la statue soit passablement forte et d'une académie florissante, on n'y retrouve point cette fougue anatomique, cette opulence musculaire de l'auteur du Moïse et de la Notre-^ Dornie-de-Piéié. Enfin, les preuves auâientiquesetmémeles traditions loedes, ces parchemins de l'oeuvre d'art, man*quent complètement pour justi&er la paternité florentine revendiquée à l'avantage de la madone de Bruges. Quoi qu'il en soit, l'o&tivre est éminente ; il n'y a aucune dissidence sur ce point. Une polémique en règle a vivement surgi, dans un journal parisien fort répandu ( flUustration ), sur les (urigi* nés controversées de ce morceau, et, comme toujours, n'a pas amené de résultat définitif : nous ne pouvons qu'y renvoyer les lecteurs désireux de connaître sur pièces de ce procès artistique.

4* asiuiée 4e llnic;e«. -<- Tan Kyek*

Le musée de Bruges, qui n'est à vrai dire que la grande salle publique d'une académie de dessin, h laquelle est annexée une antichambre assez obscure, offre cependant un immense intérêt, en ce qu'il permet de comparer face à fece h» deux plus grands maîtres flamands du xv* siècle, Jean fiemmling eî Jean Van Eyck, plus vulgairement dit Jean de Bruges. Hemmiing entre dans la lice avec un grand triptyque {le Baptême du Christ)^ œuvre égale au MoHoffe de sainte Catherine et à la Châsse de sainte Ursuh. Yan Eyck a une Tète de Christ un peu sèche de contours, sans doute un des premiers essais de sa glorieuse découverte, et son fa-^ meux tableau triptyque de k Vier^e^ plus communânent

désignée sous le nom de Chanoine de Pala, parce que, dans le volet de droite, figure, agenouillé derrière saint George en grande armure, l'obèse prélat qui fut le donateur ou le commettant du tableau. Il usa de son droit en obtenant, selon la Coutume d'alors, d'y être pourtrait tout au vif et d'immortaliser sa courte et redondante stature. Le sujet principal du tableau, la Vierge^ est un admirable chef-d'œuvre. Il date de l'époque où l'illustre Van Eyck avait tout à la fois atteint à la plénitude de son art et à la perfection de son procédé. Son frère Hubert, dont les ouvrages sont très-rares, figure aussi dans ce musée pour une petite toile r Adoration des Mages^ très-finement traitée, mais malheureusement un peu estompée par le temps. Il y a encore là quatre ou cinq beaux tableaux du XV* siècle (entre autres un gigantesque Saint- Christophe portant le Christ enfant au gué d'une rivière), que l'on se plait à attribuer à Hemmling et qui ne sont pas de lui, mais de quelque grand maître de son école, dont les œuvres seules sont parvenues jusqu'à nous. L'une de ces toiles m'a surtout frappé par le sujet; elle est intitulée : l'Avare et la Mort. L'avare devenu vieux, l'usurier caduc, voit la Mort se dresser devant lui, et, d'une patte crochue et décharnée, lui présenter une lettre de change échue, tandis que de l'autre elle exerce sa terrible contrainte par corps sur le malheureux argentier qui tant de fois fut comme elle sans pitié à rencontre du misérable. Il y a aussi deux belles toiles d'une moralité analogue, et de Glaës, représentant la condamnation et le supplice du Juge prévaricateur. Mais que dire, quand on a devant soi les anciens, des nouveaux peintres flamands? Rien , si ce n'est que la moderne école est étonnamment médiocre, sans qualités, sans grands défauts. Le malheur est que tout le monde veut être peintre dans la patrie des Van Eyck et de Rubens. On a de la peine à trouver des dessinateurs en Belgique ; on y dédaigne le crayon, et les marchands d'estampes belges m'ont eux-mêmes assuré qu'il fallait re^

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