GAND
\ . De Bruges à Gand. — Fertilité du territoire. — • Étendue et aspect de Gand. — Ce que coûte le métier de touriste en Belgique. — 2. Saint-Bavon , ca*thédrale. — Tableau de Y Agneau, — 3. Détail des vingt-quatre chapelles ilu cjiœur et de la crypte de Sainl-Bavon. — 4. Vieux clottre de Saint-Bavon. — 5. Musée. — 6. Béguinages. — Saint-Michel. — Sainl-Martin. — Saint-Nicolas. — Saint-Pierre. — La serge verte — 7. Casino. — Promenades. — Gros canon. — Hôtel de ville. — Beffroi. — Maison des Bateliers. — Hôtel Sleenhuysen. — Grand-Théâtre. — Les stalles debout. — Château des comtes de Flandre. — Marché aux poissons.
1. I»e llrasefl à Ctand. — VertlIUé du territoire. — étendue et a«peet de Ctand. — Ce que coûte le métier de touriste en Helfflqne*
Le voyage de Bruges à Gand, toujours en plaine, n'offre rien qui mérite d'être signalé , si ce n'est une fertilité toujours croissante, k mesure qu'on avance sur le territoire du chef-lieu de la Flandre orientale. La circonscription de Gand est la mieux cultivée et aussi la plus peuplée de toute l'Europe. Le district de Saint-Nicolas compte 5210 individus par liéue carrée : le même espace est justement ce qu'il faut à un seul homme à Tétat sauvage pour déterrer sa subsistance.
On traverse , chemin faisant , quelques jolis bois dont les massifs rompent un peu la monotonie de l'éternelle ligne droite. A l'une des stations du chemin de fer, celle de Blœmendal, je crois, j'ai remarqué cette inscription : « Station construite en Van de fer 1838. » En arrivant à la ville de Charles-Quint, des deux Van Artevelt et de tant d'artistes illustres, il est prudent, pour peu que l'on soit pressé, de se munir d'une vigilante. Ce n'est pas, en effet, une petite affaire que l'exploration de cette immense cité , dont la circonférence, de près de trois lieues métriques, embrasse des
prés , des bois , des terres labourables , des étangs et vingttrois arpents de rues ou places publiques formées de treize mille maisons. La population est d'au moins cent mille habitants; elle fut plus considérable encore au xvi» siècle, s'il en faut croire les chroniqueurs, et l'on conçoit que Charles-Quint y ait regardé à deux fois avant de suivre le conseil du doucereux duc d' Albe, qui l'engageait, pour réprimer la révolte des Gantois, à tout raser, ville et faubourgs. Je ne rapporte pas le calembour fameux que l'on veut- qu'il ait fait à cette occasion, monté sur le beifroi de Gand avec ledit seigneur d'Albe, par cette raison assez simple que, grâce à Dieu, le calembour n'a jamais été prononcé, la langue dans laquelle s'exprimait Charlesp-Quint n'étant pas celle d'Odry. Mais tel est le crédit des billevesées historiques, qu'on les répète d'âge en âge avec une foi et un sérieux imperturbables. Celte fois , du moins , nous oserons faire exception à la règle.
J'arrivai à Gand le premier jour des fêtes de septembre^ commémoratives de la révolution de 1830. Rien ne les signalait, si ce n'est toutefois la fermeture des églises le propre jour où l'on était censé prier pour les martyrs. Pobtins toutefois de pouvoir visiter la cathédrale, non sans des contributions réitérées. La spéculation assise par les Belges sur leurs monuments devient monotone à la longue, et elle est fort mal entendue. On se ruine chez eux par pièces d'un franc et de cinquante centimes qui ne profitent qu'à des concierges. Si j'osais me permettre un conseil à ces villes si intéressantes et si intellectuelles de Flandre , je les engagerais à taxer une fois pour toutes l'étranger qui désire les visiter. Ce dernier, ainsi dispensé d'avoir sans cesse la main à la poche, éviterait un réel ennui, et du moins la commune ou les établissements retireraient quelque produit de la vive et trèslégitime curiosité qu'ils inspirent.