CHAPITRE Iff
•• SalB4-B«Y«it , eathédrale. — T«Meft« de r AsaeMu
Saint-Bavon, cathédrale de G and, est une des plus belles et des plus somptueuses églises de la chrétienté. Elle est du style gothique austère à l'intérieur j mais son jubé et ses vingtquatre chapelles en marbre blanc et noir, toutes remplies de toiles des plus grands maîtres, de sculptures et d'ornements du plus grand prix , sont d'une magnificence qui éblouit le regard et qui étonne la pensée.
C'est Ik qu'est ce fameux Agntis Dei mystique et apocalyptique des deux frères Van Eyck, dont quelques volets seulement ont été vendus au roi de Prusse la somme énorme de 441 000 francs (les chanoines de Gand, fameux connaisseurs, s'en étaient défaits en 1816 pour 6 000 francs, croyant conclure un excellent marché). Ce célèbre Agneau, dont le prix est incalculable , est placé sur un trône autour duquel convergent processionnellement quatre légions de papes, d'évêques , de docteurs et de vierges saintes. Tous ces milliers de personnages sont du fini le plus précieux et le plus extraordinaire. On compte les fleurs et les brins d'herbe qui tapissent le sol sous leurs pas. Les fils de chaque vêtement se dessinent comme à la loupe, et tout cela sans sécheresse et d'un coloris merveilleux. Dans un coin du tableau , à droite, mêlés à la foule, on voit les deux frères Van Eyck, bonnes, sérieuses et larges physionomies flaman» des. Hubert commença ce tableau il y a plus de quatre cents ans, et Jean y mit la dernière touche ; tous deux y inscrivirent leur modeste devise : Als ich kann — De mon mieux L'un des volets qui ont échappé aux chanoines représente le Christ dans toute sa gloire, et c'est la plus parfaite image du Sauveur qu'il m'ait été donné de voir et d'admirer jusqu'à ce jour.
Saint-Bavon contient en outre une multitude de pages signées des plus grands noms de l'école flamande. J'en renvoie 85 c
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le détail par chapelles au paragraphe spécial que l'on trouvera ci-après. Je n*én citerai ici qu'une seule : c'est un magnifique tableau de Rubens représentant l'admission de saint Bâvon, grand seigneur et grand pécheur converti, à l'abbaye de Saint-Amand, et dans lequel le grand artiste anversois a jugé bon de se représenter lui-même sous les traits du saint, revêtu d'un splendide costume rouge. Il ne se peut rien voir de plus éblouissant comme coloris que cette toile. Entre les mille richesses de l'église, on remarque les chandeliers de Saint-Paul de Londres , vendus au chapitre par Gromwell , après l'exécution de Charles I" ; le tombeau tout à fait royal du fameux évêque Triest, et la belle chaire de Delvaux, en marbre blanc et chêne, figurant l'arbre de la science, la Vé* rite toute nue et le Temps , sous la forme d'un vieillard effaré qui paraît s'enfuir à l'approche de la déesse. J'imagine que c'est là un innocent rébus signifiant que la vérité triomphe toujours avec le temps. L'œuvre est belle du reste. Delvaux, statuaife gantois , vivait au xviir siècle; il fut le dernier représentant de la grande tradition sculpturale léguée aux Pays-Bas par les Espagnols.
s. DéiaU «es YlnstHiOAtre elun^Ues, «n ch««v et ée la er^te 4e aaini-Ilavoii.
La première chapelle, en entrant, à droite, renferme un bon Crayer : une Décollation de saint Jean.
La deuxième, dédiée à sainte Colette, hiefûieureuse gantoise, contient la châsse de la sainte portant cette inscripr tion :
Dulcis amiea Dei , rasa vemans , stelia diuma ,
et un tableau de Paelinck , qui la représente recevant des mains du magistrat de Gand l'acte de donation de l'édifice dans lequel eUe établit son couvent des Pauvres Claires (XV* siècle).