CHAPITRE m
E. Janssens et Van Poucke, s'élève en face et à peu de distance de cette chapelle, redoutable aux filles nubiles et majeures.
Nos souvenirs ne nous transmettent rien sur la dix-huitième chapelle. La dix-neuvième contient un tableau de Coxie : Sept œuvres de miséricorde*
La vingtième, dans la basse église, renferme les fonts baptismaux où fut ondoyé Charles-Quint, à qui la ville fit présent, peu de jours après sa naissance, d'un bateau d'argent massif.
La vingt et unième et la vingt-deuxième se recommandent chacune par un tableau de Grayer. Le premier, l* Assomption de la Vierge, est médiocre; le second est fort beau : c'est un saint Macaire revêtu de ses habits pontificaux, et implorant le secours divin contre le fléau de la peste qui vient de le frapper lui-même.
La vingt-troisième chapelle a pour tableau d'autel un morceau moderne de M. Van HufFel, de Gand ; c'est un jeune saint Lambert apportant à saint Landoald des charbons enflammés pour allumer l'encens, lesdits charbons déposés sur l'incombustible surplis dont se servit le saint , sans même roussir l'étoffe, en manière de pelle à feu.
La dernière chapelle contient une Descente de croix , de Théodore Rombouls , qui passe pour le meilleur tableau de ce peintre. La tradition veut que cet élève distingué du grand Pierre-Paul soit mort de chagrin de ne pouvoir s'élever au rang de son glorieux maître.
A l'entrée du chœur sont deux statues colossales de Van Poucke, représentant, l'une saint Pierre, l'autre saint Paul jetant des serpents au feu, dans l'île de Malte. Ce sculpteur a un grand talent pour les draperies; malheureusement ses figures sont peu correctes; toutefois, elles ont de l'effet.
Les stalles du chœur, de mahoni massif, sont un bel ouvrage. Elles sont surmontées de onze tableaux de Reyschoot , dont le principal mérite est d'imiter parfaitement le
relief da marbre. Non loin sont les fameux candélabres achetés à Suint-Paul de Londres après le supplice de Charles I**. Autour du maître autel, se groupent quatre magnifiques tombeaux d*évéques, parmi lesquels celui du célèbre et bienfaisant Triest, qui est de beaucoup le plus beau des quatre, et qui est dû au ciseau de Duquesnoy . Le bon évéque, couché sur sa tombe , semble vivre encore : il regarde la croix que porte le Sauveur; du côté opposé est la Vierge, et deux petits anges, d'un goût et d'un travail exquis, complètent la décoration de ce splendide monument. Les connaisseurs prétendent qu'il n'y a pas de plus beau morceau de sculpture dans les Pays-Bas , et ils mettent celui-ci au niveau du fameux tombeau de Marie-Christine, à Vienne , par le chevalier Canova» ' Le tombeau suivant est de Delcour, de Liège, et représente l'évêque AUamont : l'exécution enest.aussi fort remarquable. L'évêque est agenouillé devant une Vierge à l'enfant Jésus , tandis que , derrière lui , un squelette indique du doigt cette inscription :
Statutum est hominibus semel mori !
De l'autre côté sont les tombeaux des évêques Van Bosch et Charles Maës , représentés , l'un à genoux devant Jésus ressuscitant, l'autre couché sur la pierre. Ces deux tombeaux sont de Guy Helderenberg et de Paoli.
Tous ces monuments sont d'un luxe de matières qui le dispute au précieux de la main-d'œuvre > si même il ne l'emporte pas souvent.
Les quinze chapelles de la crypte renferment aussi des tombeaux, mais moins remarquables, et quelques tableaux passables.
Je ne dis rien de la chaire de Delvaux, de Gand : je Tai précédemment décrite.
Sous le parvis de Saint-Bavon s'ouvre une crypte , seconde église souterraine que j'engage le voyageur à ne point