‹ BelgiqueChapitre 22 sur 145 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

dédaigner : elle est :fort belle, de l'effet le plus solennel, et contient les tombes d'Hubert et de Marguerite Van Eyck.

JL Vien «loiive «te galirt froau

Le vieux cloître roman et à demi ruiné de l'ancien Saint- Bavon, situé en dehors de la ville actuelle, mérite bien aussi de la part du touriste un pèlerinage spéciaL II faudrait , pour bien faire, visiter à minuit , à l'heure des apparitions , au clair de la lune , cette magnifique ruine. Je ne l'ai vue qu'en plein jour, et j'ai senti en y entrant cette espèce de frisson superstitieux qui s'empare du spectateur, croyant ou esprit fort, quand la toile de fond s'abîme et laisse voir la lugubre et diabolique mise en scène du troisième acte de Robert. Ce vieux cloître fut démoli par ordre de Charles-Quint, dont je ne reconnais pas le goût ni le grand esprit dans cet acte de vandalisme. Le concierge de cette imposante ruine est un homme zélé pour les arts : il a recueilli et arrangé dans une tourelle attenant au cloître les mosaïques ornant jadis d'antiques sépultures qu'il a lui-même découvertes.

6« Husée*

Sans être de tous points digne d'une aussi grande cité, le musée de Gand offre un certain intérêt. On y trouve de bonnes toiles, entre autres un magnifique Rombouts (Songe de saint Joseph), un charmant paysage d'Asselyn, une belle vofière de David de Goninck, un Pierre Neefs (la Délivrame de W^ Pierre dam mi souterrain) très-beau d'effet, un Breughel d'Enfer, un joli Van Cleef, une excellente nature morte de Van Utrecht (Pmss(wmen>), etc., etc., et surtout beaucoup) de tableaux d'un peintre d'un talent éminent, de Gaspard de Grayer, contemporain et presque émulé de Rubens , en ce sens que l'identité des manières et des coloris tient du pres^ tige, bien que Grayer, simple ouvrier boulanger Savant de

prendre le pinceau , n'ait point fait partie de l'atelier de Rubens et n'ait reçu que les leçons de Michel Coxie, peintre italianisé que l'on a surnommé le Bapkaèl flamand. Crayer, qui a vécu l'âge du Titien , a produit des milliers de toiles dont beaucoup soutiendraient certainement , comme faire et comme habileté de main, le parallèle avec les œuvres de Rubens, j'entends les œuvres inférieures, qui malheureusement abondent. Il est vrai qu'il n'a rien fait de comparable à aucun titre k la Descente de croix ^ à la Conversion de saint Bavony au Martyre de saint Pierre^ que possède le dôme de Cologne, ni k tant d'immortels chefs-d'œuvre; mais on trouvera de ce maître, aux musées de Gand et de Bruxelles, de belles et rayonnantes toiles, et nous citerons de lui, dans la première de ces deux collections, le Martyre de saint Biaise et le Couronnement de sainte Rosalie par l'enfant Jésus^ trèsremarquables œuvres entre beaucoup de tableaux de pacotille, autre point de contact regrettable entre Grayer et le grand artiste anversois.

Il va sans dire qu'ici , comme ailleurs , je donne simplement mon impression. Le lecteur, dont je n'ai certes ni la prétention ni le désir d'enchaîner le sens critique , comparera et jugera.

•• Bésoliiases. — Saliit-Mlehel. — aAlnt-lHArtlii. — Salnl- KleolMi. — SAliii-Plerre. — Im ser^e Terte.

Le grand et le petit Béguinage de Gand méritent d'être visités. Ce sont des villes distinctes, encloses de murailles et fort étendues : l'une surtout , où chaque sœur occupe une maison-cellule ornée d'un jardinet et fermée d'une grille. Ces habitations, qu'on compte par centaines, sont toutes ali-* gnées et bâties sur un plan scrupuleusement uniforme, dont l'église forme le centre. Lorsque je pénétrai dans cette sainte ruche, toutes les alvéoles venaient de renvoyer leurs habitantes : il s'agissait de célébrer les obsèques d'une sœur dé-

Page 1