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CHAPITRE V

du millésime , du quantième et même de l'heure où il s'était accompli. Voilà du style lapidaire bien employé. Vous saurez donc que le grand Pierre but son coup de vin en ce lieu ^ le seizième d'avril 1717, à trois heures bien précises de l'après-midi (il n'est pas question de minutes).

En général, pourtant, les Belges sont assez laconiques, et même assez énigmatiques dans leurs inscriptions monumentales. Ainsi , l'on aperçoit du Parc la statue colossale du général Belliard , ambassadeur de France , mort à Bruxelles en janvier 1832. Une dédicace, gravée sur le piédestal de cette énorme statue qui ne manque pas de noblesse , en énumérant les batailles auxquelles a pris part le général, énonce qu'il consacra le reste de ses jours à la Belgique , mais sans dire comment. Quelque chose du moins devrait indiquer que les restes de cet homme de guerre , puisque, restes il y a ^ étaient encore bons.

9* lie Musée. — Coup d^œll mur 1* peinture flAmande.^

Nous ne quitterons pas, si vous le voulez bien , ce quartier noble, ce point de toutes façons culminant de Bruxelles, sans visiter le Musée , qui est à peu de distance.

Cette collection, établie dans l'ancienne résidence des gouverneurs de Belgique, ne jouit pas dans le monde artistique, ni même chez les Belges , d'une grande renommée. Il est certain que ,.bien que nombreuse, elle pâlit auprès des inappréciables galeries de Bruges et d'Anvers. Mais enfin ce n'est pas une raison pour la dédaigner , et elle contient, outre quelques tableaux de premier ordre , un assez grand nombre de toiles plus ou moins recommandables.

La partie étrangère , et surtout française, y est k peu près nulle. Un beau portrait authentique de Thomas Morus par Holbein, un beau groupe du Guerchin, voilà tout cequ'ac* cuse de saillant le bilan fort court de cette division du catalogue, à moins toutefois que l'on ne veuille y adjoindre , ce

quiserait juste, le nom de Philippe de Champaigne, qui, tout natif de Bruxelles qu'il était, n'en doit pas moins être classé parmi Tëcole française. Philippe de Champaigne a cinq belles figures de divers saints?et une Présentation au Temple , au mérite vrai de laquelle se joint un intérêt tout spécial , car Arnauld, Pascal et plusieurs autres solitaires de Porl- Royal , amis du peintre , y ont posé pour les docteurs juifs. L'école flamande se divise, comme on sait, en trois périodes bien marquées. La première (xv* siècle) est celle de Tart naïf, de la foi profonde et du soin précieux. Le grand Hemmling et les Van Eyck en sont les illustres chefs. La seconde, qui n*a pas de sujets hors ligne , est celle de l'influence ou de l'imitation italienne. C'est la plus noble , sans nul doute ; mais l'originalité et, jusqu'à un certain point, l'inspiration lui manquant) c'est la moins brillante des trois. Elle compte pourtant des artistes de grand mérite : Van Orley (Bernard), de Bruxelles, qui fut le disciple direct de Raphaël, Michel Coxie et Franz Floris, que Ton a tous deux salués du nom de Raphaëls flamands , Otto Van Veen ou Venins et Henri Van Baalen, qui fur^t les maîtres de Rubenâ et de Van Dyck , et plusieurs autres encore. Vient enfin la troisième époque et la dernière, qui , rompant définitivement avec la filiation étrangère, moins idéale que la précédentev est aussi plus coloriste , plus nationale , plus inspirée , et rachète se& incontestables lacunes par des beautés de premier ordre». C'est Rubens avant tous les autres ; c'est Crayer , qui avait comme lui sucé le lait de l'enseignement italien ; ce sont les Franck et les de Voss; c'est Van Dyck, c*est Jbrdaens et , auprès de ces deux plus illustres élèves du coloriste sublime « tout l'atelier de ce grand homme qui résument et caractérisent cette floraison de l'art flamand, parv^ue à son plus conidet épasiouissement, et après laquelle cet art cessera d'eiister. Rubens, comme l'a fait si judicieusement observer M. Viftrdot, n'est donc pas, à JAistement parler, ce qu'on le

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