‹ BelgiqueChapitre 5 sur 145 · OSTENDE · texte numérisé non relu

OSTENDE

I . De Dunkerque à Oslende. — Fume. — Nieuport. — 2. Physionomie d*Ostende. — 3. Grève. — Digue. — 4. Cercle du phare. — Pavillon royal ou Hamers. — 5. Bains. — 6. Mendiants. — Marchands. — 7. Casino. — 8. Théâtre. — La vie i Oslende. — 9. Promenades en mer. — Un nautonnier obstiné.

— 40. Parcs aux huîtres. — Parcs aux homards. — 4 4. Le port d'Ostende.

— Le I>uc de Brabant. — État de la marine belge. — 42. Slykens.

La plupart des voyageurs se rendent directement de Paris à Bruxelles. Je ne cherche nullement à les en détourner; mais j'ai annoncé au lecteur qui veut bien se fier k moi que je lui décrirais mon propre itinéraire, sauf par lui à l'intervertir suivant ses nécessités ou ses goûts. A Tappui de mon choix personnel, j'ai à faire observer que, si un voyageur visite plus par plaisir que pour affaires un pays étranger, et se propose de le parcourir en détail , c'est une faute à lui d'en aborder de prime saut la capitale. Il doit, au contraire, ménager savamment ses transitions, et, par un crescendo habilement conçu , doubler à chaque pas sa jouissance. Autrement il dédaignera bientôt, pour avoir été trop pressé, les curiosités et les localités secondaires qui ont cependant leur valeur , absolument comme ces provinciaux que dès leur arrivée on mène à l'Opéra , et qui ne peuvent plus ensuite supporter les théâtres du boulevard. En Belgique comme en Hollande, où la décentralisation est grande, et où il est 85 a

bon nombre d'opulentes cités capables de rivaliser avec la ville principale , et l'emportant même sur elle par quelques points, oette précaution n'est pas aussi indispensable qu'en Angleterre ou en France. Elle y a cependant son prix, et, à ne considérer, quant à présent, que la Belgique, il est certain que Bruxelles , pour être inférieure par les collections artistiques à Anvers , et pour les sites k Liège , n'en demeure pas moins incomparablement la première ville du royaume, la plus magnifique et la plus digne d'une exploration approfondie. En voilà, ce nous semble, assez pour justifier l'obliquité de notre entrée en campagne et notre évolution stratégique.

4» De Danl&erqne à Oslende. — Wume» — Klenport.

La route de Dunkerque à Ostende côtoie ces dunes près desquelles Turenne remporta une grande victoire. On ne peut voir la mer, mais on l'entend souvent. Au delà de Zuycoote, le dernier village français, on trouve la douane belge^ à trois lieues de Dunkerque. La visite des bagages se fait promptement et poliment dans une petite maison sise le long delà route, où le traditionnel Verkocpt men tranken {Ici l'on donne à boire), inscrit au-dessous du lion belge , invite les voyageurs à consommer les produits de l'industrie nationale dès leur entrée dans le pays, au lieu d'y importer les leurs. On passe ensuite à Fume, une jolie petite ville^ peu connue des touristes , comme tout ce qui n'est point dans le réseau des lignes de fer, et dont l'hôtel de ville et le beffroi du xvr siècle méritent, même après les belles maisons comr munes de Bruxelles , Louvain et Bruges , de fixer toute l'attention .des connaisseurs et des artistes. De Fume on va à Nieuport, un autre petit municipe que fait vivre son port de pèche; célèbre dans l'histoire desFkndres par la victoire que le prince Henri de Nassau , frère de Maurice , remporta sur

Page 1