LA HOUILLE ET LE FER
Le bassin houiller, trésor commun de Mons, de Charleroi et de Liège, long de 170 kilomètres et large de 3 à 17 kilomètres, occupe une surface de 1 380 kilomètres carrés. Par suite d'un relèvement transversal dans le fond de la dépression houillère au ruisseau de Samson en aval de Namur, la formation s'incline vers l'Ouest pour former le bassin de Hainaut et vers l'Est pour former le bassin de Liège. L'extraction de la houille rencontre des difficultés qui tiennent aux conditions de gisement. Si le terrain houiller affleure sur d'assez grandes étendues, on a déjà épuisé les veines d'affleurement et les plus voisines de la surface; les puits se sont enfoncés progressivement; leur profondeur moyenne atteint 300, 500 mètres, bien supérieure à celle des puits de la Ruhr; certains même descendent très loin, à 950 mètres à Montigny-sur-Sambre, 990 mètres à Marcinelle, et jusqu'à près de 1 200 mètres à Flénu. Ces grandes profondeurs, jointes à l'allure tourmentée des couches, obligent à plus de travaux et à plus de frais. A considérer les parties les plus profondes de chaque bassin, on compte de 130 à 160 couches de houille dans le bassin de Mons, réparties sur une profondeur de 2 775 mètres; plus de 80 dans le bassin de Liège, réparties sur 1 500 mètres. Mais ces couches ont moins d'épaisseur que dans les autres pays; leur puissance varie de 0 m. 30 à 1 m. 20, avec une moyenne de 0 m. 70. Cette multiplicité de couches minces entraîne de lourdes opérations de galeries et de boisages; elle rend difficile l'emploi de moyens mécaniques pour l'abattage du charbon; aussi le rendement du mineur belge est presque deux fois moindre que le rendement du mineur britannique, six fois moindre que celui du mineur américain. A ces inconvénients s'ajoute le danger du grisou, assez fréquent dans les mines belges.
Quoique limitée par tant d'obstacles techniques, la production de charbon n'en demeure pas moins l'un des éléments fondamentaux de l'économie belge. Au cours du xix^ siècle, elle n'a fait que s'accroître en fonction des progrès accomplis à la fois par les moyens d'extraction et par la consommation nationale.