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LE GROUPE DE MON S

Le pays de Mons, dont la partie méridionale s'appelle particulièrement le Borinage, est par excellence le pays noir, la région du charbon. Ce n'est pas lui qui produit le plus de houille; en 1925, sur un total de 23 133 000 tonnes, il n'en fournit que 4 930 000 (Charleroi, 7 528 000; Liège, 5 200 000; le Centre,

1. Production métallurgique de la Belgique, en milliers de tonnes métriques (année moyenne): Fonte : 1851-1860, 284; 1871-1880, 548; 1891-1900, 901; 1901-1910, 1 400; 1913, 2 484; 1919, 250; 1924, 2 808. — Acier brut : 1871-1880, 684; 1901-1911, 1 320; 1913, 2 467; 1919, 675; 1924, 2 800.

LA BELGIQUE

3 860 000). Mais il a l'extraction du charbon comme seule grande industrie. Tandis que Charleroi y ajoute la métallurgie et la verrerie, tandis que Liège unit le travail du fer au travail du zinc et même au travail de la laine, le bassin de Mons vit du charbon seul : pays original, bouleversé par les mineurs, hérissé de terris, sillonné de transporteurs aériens, planté d'échafaudages; à chaque pas, des rames de wagons chargés de houille, des bateaux rangés le long des « rivages » sous la poussière noire. Tout le pays vit de l'extraction et de l'expédition du charbon; il en vit aussi par les industries qui travaillent pour les mines (explosifs à Flénu, appareils d'éclairage à Frameries et à la Bouverie, câbles à Mons,

FiG. 21. — Le paj's charbonnier de Mons.

1, Puils de mine; 2, Canaux. — Le grisé plus ou moins dense indique la densité plus ou moins forte de la population.

Hornu et Dour), par les industries dont la houille fournit la matière première (produits chimiques à Élouges, Jemappes, Mons), par celles qui consomment d'énormes quantités de combustible (produits réfractaires et céramiques à Baudour, Mons, Nimy, Pâturages, Quaregnon, Quiévrain, Saint-Ghislain), par celles qui préparent le charbon à ses usages divers (fours à coke, usines de briquettes et d'agglomérés) et par celles qui fabriquent le matériel des mines (Mons, Cuesmes, Jemappes, Boussu, Wasmes). Il y a bien quelques autres industries : verrerie, sucrerie, engrais, construction de machines à vapeur. Mais le charbon est roi; la mine de houille domine la vie (fig. 21).

Dans cette immense agglomération charbonnière, il y a peu de vraies villes, mais plutôt de gros bourgs de mineurs, tous pareils dans leur livrée noire : Ghlin, Baudour, Cuesmes (10 200 hab.), Jemappes (15 000 hab.), Flénu, Quaregnon (17 000 hab.), Hornu (12 200 hab.), Boussu (12 300 hab.); et, plus au Sud, Frameries (13 600 hab.). Pâturages (11 900 hab.), Wasmes (15 500 hab.), la Bouverie, Dour (12 000 hab.), Élouges, Quiévrain. Deux cités seulement ont

LE PAYS INDUSTRIEL. DE l'eSCAUT A LA VESDRE.

une histoire, un passé : Saint-Ghislain (4 600 hab.), née auprès d'une abbaye de Bernardins, et Mons, la capitale du Borinage (28 000 hab.). A l'origine de Mons, on trouve la colline de sable qui domine la plaine et qui lui donna son nom (en flamand, Bergen); là s'éleva très tôt une forteresse, puis au vii^ siècle un couvent; là se tint durant des siècles un marché régional, une cité de bourgeois et de tisseurs de laine, une place forte sans cesse prise et reprise; de ce long passé, la ville conserve sa cathédrale, son hôtel de ville, son beffroi. Du sommet de la ville, on descend par des rues fortement inclinées et bordées de vieux hôtels jusqu'aux larges boulevards plantés d'ormes qui font le tour de la ville sur l'emplacement des anciens remparts. Aux portes du pays noir, l'antique cité, tranquille et cossue, ne pouvait s'isoler entièrement; elle participe à cette vie moderne qui l'assiège; elle possède deux Instituts commerciaux, une École industrielle et surtout une École des Mines célèbre, où se forment les hommes d'affaires, les contremaîtres et les ingénieurs de la région charbonnière.

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