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CHAPITRE PREMIER LE RELIEF DE LA RELGIQUE ET DES PAYS-RAS

Quittons les rivages de la mer du Nord, au voisinage des bouches de l'Escaut. Dirigeons-nous vers le Sud-Est, et gagnons les pa^^s de la Sambre, de la Meuse, de la Moselle et du Rhin. Cheminant ainsi à travers les territoires des Pays-Bas et de la Belgique, nous traversons deux des grandes zones de relief de l'Europe occidentale (fig. 1).

D'abord, c'est une zone de plaines et de bas plateaux, la même que parcourent, sur une largeur plus grande, les lleuves de l'Allemagne du Nord, l'Elbe et la Weser. Plus étroite ici, elle se réduit à 190 kilomètres entre le confluent de la Ruhr et les embouchures du Rhin, à 170 kilomètres entre Liège et l'embouchure de l'Escaut; des baies, des chenaux et des estuaires marins la pénètrent profondément.

C'est ensuite une zone de massifs anciens, la même qui a traversé l'Europe centrale depuis la Bohême jusqu'au Massif Rhénan : hautes terres aux horizons sévères, où les rivières s'enfoncent en d'étroites vallées, sols maigres et froids qui conviennent aux landes et aux bois. Çà et là, des noms populaires, comme l'Eifel, la Fagne et l'Ardenne, évoquent des réminiscences de pays difliciles, accidentés et montueux, moins prospères et moins heureux que les plaines.

Les deux types de relief s'opposent ici dans la nature et dans la vie, comme ils s'oppo.sent dans l'archipel britannique. De même que la chaîne Pennine et le Pays de Galles dominent à l'Ouest les plaines anglaises, de même, ici, le massif ardennais dresse ses hauts plateaux à l'horizon méridional des plaines du Limbourg, du Brabant et de la Flandre.

BELGIQUE ET PAYS-BAS

Ces plaines sur lesquelles ont oscillé longtemps les rivages orientaux de la mer du Nord constituent ce qu'on peut appeler le bassin des Pays-Bas, région affaissée, comme le Bassin de Londres et le Bassin de Paris, vers laquelle convergent les grands systèmes fluviaux. Mais ce bassin se distingue fortement des deux autres. Il occupe une cuvette qui n'a pas cessé de s'affaisser au cours des récentes époques géologiques; d'épaisses assises de matériaux s'y sont entassées, refoulant peu à peu la mer devant elles : c'est un énorme delta où, sur la lisière des terres neuves, se poursuit le conflit perpétuel de la terre et de la mer. D'autre part, ces basses plaines se trouvent à l'extrémité méridionale du domaine des anciens glaciers venus de Scandinavie; sur l'ancien front de la glace, des dépôts glaciaires se confondent et s'enchevêtrent avec les dépôts des fleuves; plus loin vers le Sud, en avant du domaine de la glace, une frange de dépôts meubles, de limons et de lœss s'avance sur les terrasses et les plateaux. C'est l'ampleur de ces épisodes tour à tour fluviatiles, glaciaires et même éoliens qui donne à ces plaines leur originalité en face des plaines anglaises (voir la carte hors texte en couleurs).

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