LES CONDITIONS DE LA VIE RURALE
Géographiquement, le Luxembourg appartient à ces plateaux lorrains et ardennais que plusieurs frontières divisent, mais qui se ressemblent par leurs caractères physiques et leurs modes de vie : une assez forte altitude moyenne, 330 mètres dans le Sud, 500 mètres dans le Nord; un climat déjà continental marqué par des hivers froids (moyenne de 2° dans le Sud et de 0° dans le Nord), par des gelées printanières, par des étés chauds avec une arrière-saison lumineuse; un relief souvent accidenté; un sol assez chiche, même dans ses meilleurs terroirs, dépourvu de ces limons fertiles qui appellent la grande culture; des horizons sévères limités par les lignes sombres des bois ; une nature parfois pittoresque, mais de fond austère et grave.
C'est un vieux pays d'assolement triennal, fidèle aux céréales, peu favorable aux plantes industrielles. Le colza, le chanvre et le lin eurent jadis leur place dans l'économie domestique; mais les plantes modernes comme la betterave à sucre, le tabac et la chicorée n'ont pas réussi. Les céréales occupent encore les trois cinquièmes de l'étendue cultivée, l'avoine tenant la tête (20 p. 100), bien avant le froment et le seigle. Comme dans les pays contigus, la pomme de terre se place parmi les récoltes les plus précieuses et les plus répandues; elle couvre plus de 15 000 hectares et, selon les années, produit de 1,5 à 2 millions de quintaux ; le Luxembourg en consomme beaucoup, semblable aux pays allemands, à la différence des pays français où le pain domine dans l'alimentation campagnarde. Les récoltes de pommes de terre fournissent aussi leur nourriture