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LES ESTUAIRES ET LES ARCHIPELS. ROTTERDAM

Le long du Rhin et de la Meuse, dans les larges vallées qu'ils ont ouvertes au milieu des sables et des cailloux, de l'argile s'est déposée; de chaque côté des deux fleuves et entre leurs bras, ces dépôts récents forment une véritable plaine, large de 15 kilomètres entre Arnhem et Nimègue et de 45 kilomètres entre Utrecht et Heusden, longue de 110 à 120 kilomètres depuis son entrée dans les Pays-Bas jusque vers Rotterdam. Le manque de pente et l'alluvionnement continu obligent les rivières à se ramifier et à exhausser leur lit; les pays riverains doivent se protéger par des digues. Toute la plaine est un polderland, c'est-à-dire un territoire dont le drainage, en dehors des lits fluviaux endigués, s'opère artificiellement. L'argile fluviale donne des terres fécondes qui ont fait la réputation agricole de la Betuwe Ou Bon Pays, ainsi que des autres îles enserrées par les rivières. Ces grandes vallées passent sans transition, vers l'aval, à l'archipel, formé d'alluvions marines, où les fleuves se transforment en bras de mer; toutes ces îles de Hollande et de Zélande, inférieures au niveau des marées, sont aussi un polderland (fig. 44 et 48).

Les pays riverains des fleuves et de leurs estuaires ne forment pas une unité administrative. Plusieurs provinces s'y rencontrent : Brabant septentrional, Gueldre, Utrecht, Hollande méridionale, Zélande. Mais ils possèdent une unité géographique : elle exprime l'action des grands fleuves qui ont créé la terre, qui entrecroisent leurs bouches à travers les mêmes eaux marines et qui de tout temps ont offert au commerce de magnifiques voies de communication (Pl. XXXI, A).

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