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I. — LES FLEUVES

Le tracé du cours du rhin et de ses bras. — C'est au voisinage de la frontière néerlandaise que le Rhin pénètre dans son delta. C'est là que, cessant d'avoir un seul chenal d'écoulement, il partage ses eaux entre plusieurs bras. La première division des eaux s'effectue à Pannerden; le bras qui se dirige vers l'Ouest s'appelle le Waal; celui qui se dirige vers le Nord-Ouest continue à s'appeler le Rhin (Rijn ou Neder Rijn), quoiqu'il n'ait pas le plus fort débit, mais sans doute parce qu'il prolonge la direction du fleuve. En face de Huisen, le Neder Rijn se partage lui-même en deux bras : l'un, l'Ijsel, s'oriente vers le

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Nord; l'autre, le bras principal, poursuit son cours vers l'Ouest et s'appelle toujours le Rhin. La répartition des eaux du fleuve entre ces trois bras, dont le tracé et la forme sont en partie l'œuvre de l'homme, s'accomplit conformément à des conventions que les pays et les villes riveraines ont conclues en 1745 et en 1771. Si l'on représente par 9 le débit total du Rhin, 6 parties vont au Waal, 2 au Neder Rijn, 1 à l'Ijsel. Ces proportions sont maintenues officiellement; mais la nature ne se prête pas exactement à ce partage officiel : le Waal prend toujours plus que sa part. Par exemple, le 15 mars 1916, le débit des trois bras s'écoula selon les proportions suivantes : Waal, 6,14; Neder Rijn, 1,76; Ijsel, 1,10 (Pl. IV, B).

Que deviennent, une fois indépendants, les trois fleuves? L'Ijsel se rend directement dans le Zuiderzee; il s'y termine par un delta aux bras obstrués, dont le principal, le Keteldiep, a été transformé par des travaux en un chenal artificiel. Le Rhin (Neder Rijn), une fois dépassé Arnhem, se dirige vers l'Ouest par Wageningen, Rhenen, Wijk bij Duurstede. A partir de Wijk, il reçoit le nom de Lek et passe à Kuilenburg, Vianen, Vreeswijk et Krimpen où il s'unit au Noord venant de Dordrecht. A Krimpen, il reçoit la marée. Mais il n'a pas terminé ses changements d'état civil; il s'appelle alors Nieuwe Maas et passe à Rotterdam; enfin il se partage en deux chenaux que sépare l'île de Hoekvan Holland; le chenal du Nord se compose du Scheur et du canal artificiel creusé pour le port de Rotterdam (Nieuwe Rotterdamsche Waterweg); le chenal du Sud se compose du Botlek et de la Nouvelle Meuse de Brielle (Brielsche Nieuwe Maas).

Le Waal avec les deux tiers des eaux du Rhin passe à Nimègue, Tiel, Zaltbommel, Loevenstein (en face de Woudrichem). A Woudrichem, il change de nom pour s'appeler Merwede, mot dont on ignore l'origine. A Hardinxveld, le fleuve, qui reçoit la marée, devient estuaire maritime. Mais ses divagations continuent. A Hardinxveld, la Merwede se divise en deux bras : l'un, la Beneden Merwede avec 35 p. 100 des eaux se rend à Dordrecht et se partage lui-même en trois bras (le Noord qui rejoint la Nouvelle Meuse à l'Est de Rotterdam; l'Oude Maas qui s'unit plus loin à l'Ouest avec la Nouvelle Meuse de Brielle; le Dordsche Kil qui gagne le Hollandsch Diep vers le Sud); l'autre bras, la Nieuwe Merwede, avec 65 p. 100 des eaux, s'écoule à travers le dédale des îlots et des chenaux (kil) qui forme le Biesbosch, et finalement s'épanouit dans le large bras de mer du Hollandsch Diep (Pl. VII, B).

Cet état actuel résulte d'une évolution fort compliquée, dont il serait trop long de retracer les épisodes préhistoriques. On peut affirmer que la division en trois bras, Waal, Neder Rijn et Ijsel existait déjà à l'époque romaine. Mais que de vicissitudes au cours des siècles postérieurs! Dès l'antiquité, c'est le Waal qui détient le plus gros débit; il marque déjà une tendance à s'accroître aux dépens des autres bras. Ces habitudes de brigandage ont rendu nécessaires de grands travaux à la bifurcation du Waal conquérant et du Rhin inférieur menacé.

Le Lek existait aussi au début de notre ère. Une ville de commerce, Dorestad, y florissait au xiii^ siècle; ses marchands trafiquaient avec Cologne, avec le Zuiderzee et l'Océan. La grande originalité du Lek consiste en ce qu'il se ramifiait jadis entre un grand nombre de bras et que maintenant tous ces bras sont morts. Du Lek se détachait à Wijk bij Duurstede le Rhin sinueux (Kromme Rijn) qui passait à Utrecht et s'y partageait lui-même en deux bras, l'un gagnant le Zuiderzee par le Vecht, l'autre, l'Oude Rijn ou Vieux Rhin se jetant dans la mer

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du Nord à l'Ouest de Leyde. Le Rhin sinueux prolongé par le Vecht fut longtemps, avant l'éclosion de la fortune d'Amsterdam, la grande voie d'eau entre le Rhin et le Zuiderzee, avec Utrecht comme entrepôt. Mais toute cette hydrographie s'est oblitérée, effacée. Le Rhin sinueux n'est plus qu'un canal partagé par des écluses en quatre biefs ; de temps en temps, lorsque les petites rivières du pays tombent en défaillance à la suite de trop grandes sécheresses et qu'elles lui refusent toute alimentation, on ouvre l'écluse du Lek pour lui envoyer un peu de soutien : rare occasion pour lui de communiquer avec le Rhin. Quant au Vieux Rhin de Leyde, on ne doit plus l'appeler rivière; au commencement du xix^ siècle il se trouvait tellement affaibli que ses eaux, incapables de traverser les dunes pour atteindre la mer, s'étalaient en marécages; on dut leur construire en 1804- 1807 une sortie artificielle avec d'énormes écluses à Katwijk; le Vieux Rhin n'est plus qu'un canal à écluses utilisé par les waterschappen pour l'écoulement artificiel des eaux intérieures; le Vecht n'a plus d'autre ambition. En aval du Rhin sinueux, à Vreeswijk, on voit se détacher du grand Rhin une autre coulée fluviale qui, à en juger par la largeur de ses dépôts d'argile, fut jadis une belle rivière : c'est le Hollandsch Ijsel; il serpente dans les campagnes de Gouda, et rejoint le Lek à Krimpen; jusqu'à la fin du xiii^ siècle, il livra passage à des flottilles de bateaux de commerce; depuis 1862, fermé par des écluses à ses deux extrémités, canalisé de Vreeswijk à Gouda, il joue le rôle d'un réservoir intermédiaire, d'un boezem, par lequel les eaux de 10000 hectares de polders se déversent dans l'estuaire. Ainsi, de toutes les coulées du Lek à travers le delta, il ne subsiste plus que des canaux construits, tout équipés de digues et d'écluses, où ne passe pour ainsi dire plus d'eau rhénane; leurs sinuosités seules, respectées et suivies par les travaux des hommes, rappellent les primitives rivières.

Cette curieuse évolution des bras du Rhin révèle la tendance persistante des eaux à abandonner leurs chenaux septentrionaux pour se détourner en de nouveaux chenaux vers le Sud. Cette tendance, qui résulte de la lente migration des bouches fluviales vers le Sud, s'explique par le puissant soutirage des estuaires méridionaux, dû à l'action des marées. On observe que le niveau de la basse mer s'abaisse progressivement depuis Texel jusqu'au Pas de Calais; la dénivellation des marées ordinaires s'accroît de 1 m. 50 à Texel à 1 m. 78 à l'embouchure de la Meuse, 2 m. 48 au Hollandsch Diep, 3 m. 72 à l'embouchure de l'Escaut. Les estuaires méridionaux ont donc les plus fortes pentes, les plus puissants courants de marée, les moyens les plus efficaces pour approfondir les chenaux et attirer vers eux les bras oscillants du delta. Aussi voit-on les estuaires du Nord s'ensabler et se fermer au profit des estuaires du Sud. Des estuaires abandonnés gardent leur ancien nom, des estuaires nouveaux se développent, pour lesquels il faut en créer un nouveau. Un seul bras d'eau conserve le nom de Rhin : c'est le Vieux Rhin (Oude Rijn) de Leyde. Au bras de Rotterdam on a appliqué le nom de Meuse, et au bras de Gorinchem le nom de Merwede. La rivière wallonne, la Meuse, usurpe ainsi dans la nomenclature une place aux dépens du Rhin, et seul un maigre courant d'eau, perdu dans les sables, garde le nom du grand fleuve alpestre, « tel, dit Kohi, un noble personnage appauvri conserve le nom de sa famille ». L'Escaut lui-même a cédé à la même migration; il coulait jadis vers le Nord le long des hautes terrasses de Bergen op Zoom et gagnait, par l'Eendracht, les eaux des grandes rivières; à la suite de la formation du Hont (Escaut occidental), force lui fut de dévier vers l'Ouest.

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Ces transformations du tracé des estuaires ont pris parfois pour les hommes la proportion de catastroplies. Aussi ont-ils voulu limiter ces migrations en fixant les chenaux artificiellement. Plusieurs de ces estuaires à marée ne sont plus que des constructions humaines : tels les bras de mer de l'archipel hollandais et zélandais dont les rives se dressent au-dessus des eaux en énormes bastions de pierre; tels le Nieuwe Waterweg de Rotterdam, la Nouvelle Merwede en aval de Werkendam et à travers le Biesbosch, ou bien encore le cours inférieur de la Meuse ou Bergsche Maas (fig. 13).

L'hydrographie du Rhin. — Comme tous les fleuves de delta, le Rhin néerlandais n'a plus qu'une pente très faible : 0 m. 10 par kilomètre en eaux moyennes d'Emmerich à Lobit; 0 m. 04 à Krimpen sur le Lek et à Gorinchem sur le Waal; aussi les matières solides que transportent les eaux se déposent. Le Rhin charrie annuellement une moyenne de 1 500 000 mètres cubes de boue, soit 54 décigrammes par mètre cube et, en tout, 4 milliards de kilogrammes. A l'état de nature, les matériaux déposés exhaussent graduellement le lit et les rives des fleuves : de là, l'instabilité des chenaux, la formation de bras nouveaux, l'abandon des anciens. Toute la topographie de la vallée en amont de Pannerden évoque ces déplacements du lit par le grand nombre de vieux Rhins qui la sillonnent de bras d'eau circulaires. En fait, comme tous les fleuves coulent entre des digues, il n'y a plus de dépôts qu'à l'intérieur des digues; ils forment, de chaque côté de la rivière, ces bandes d'alluvions, couvertes d'herbe en été, appelées uiterivaarden. Les matériaux qui ne s'arrêtent pas en chemin continuent leur route jusqu'aux estuaires qu'ils comblent progressivement, comme on l'observe dans le Biesbosch (Pl. VII).

A la différence de la Meuse, le Rhin possède dans son bassin de hautes montagnes neigeuses. Il doit aux glaciers suisses de conserver un fort débit en été : cet apport estival assure sa navigabilité en toute saison. D'autre part, comme il reçoit les grandes rivières de l'Allemagne moyenne, qui ont leurs crues en hiver, c'est en hiver qu'il monte le plus haut; sur tous ses bras, le niveau moyen est de G m. 30 à 0 m. 40 plus élevé en hiver qu'en été (fig. 47). Mais, si l'on considère les niveaux extrêmes, on constate des écarts très grands; par exemple en 1912, à Nimègue, le niveau maximum atteignit 11 m. 62 + A. P. ^ le 15 janvier; le niveau minimum, 7 m. 43 le 8 mai. Aussi, par les grandes crues, tout l'espace entre les digues ne forme plus qu'une immense nappe d'eau d'où émergent les cimes des arbres et des saules des aiierwaarden; le spectacle est grandiose sur certains points de la vallée du Waal, où la distance entre les digues dépasse 2 kilomètres. Les profondeurs se montrent très irrégulières le long de ces grands fleuves; elles se creusent au pied des rives concaves que ronge le courant; entre deux fosses, le fond se relève, et l'on passe de l'une à l'autre par des seuils élevés; ainsi, en amont de Lobit près de la frontière, on mesure, ici, des profondeurs de 5 mètres, là, des profondeurs de 9 m. 50. C'est pourquoi le chenal navigable, c'està-dire la ligne joignant les points de plus grande profondeur, suit, dans le lit d'été, un tracé sinueux, sautant d'une rive à l'autre, laissant, dans l'intervalle, des zones dangereuses pour les bateaux. Aussi des travaux de correction et d'amélioration s'effectuent sans cesse pour maintenir le chenal en bon état.

1. Nous rappelons que le nivellement néerlandais compte les altitudes à partir du 0 de l'échelle d'Amsterdam (A. P.).

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La navigation du Rhin. — Grâce à ces travaux, la navigation dispose pendant toute l'année, sauf de rares exceptions, d'une profondeur minima de 3 mètres dans le Waal, la Merwede, le Noord et la Nieuwe Maas; de 2 mètres dans le Rhin inférieur et le Lek. Il est peu fréquent que les basses eaux arrêtent la navigation; le cas s'est produit, sur le Rhin inférieur et le Lek, pendant quelques jours du mois de mai 1912. La même année, les glaces ont pris le Lek durant deux jours, et la débâcle des glaçons le rendit dangereux pendant six jours. Mais ces obstacles momentanés diminuent à peine la valeur admirable du Rhin comme voie navigable. Il n'effectue pas seulement les transports nationaux des Pays- Bas; mais, route internationale, il dessert la grande région industrielle de l'Allemagne occidentale, dont le trafic traverse le territoire néerlandais. C'est le Waal, le bras le plus profond et le plus volumineux, que ce trafic fréquente le plus"; c'est

par lui que Rotterdam, Amsterdam, Dordrecht et Anvers communiquent avec le Rhin allemand.

Les statistiques du port frontière de Lobit permettent de mesurer l'intensité de ce courant de circulation. En 1912

11 est passé devant Lobit 91 940 bateaux chargeant 34621700 tonnes; en 1922, 50200 bateaux chargeant 31500 000 t.

Les deux tiers des transports se font sous pavillon néerlandais. Il y a donc toute une flotte rhé-

En haut, régime de la Meuse à Maastricht; en bas, régime du Rhin à Coblentz. Maigres prononcés de la Meuse en été; abondance d eau du Rhin en été. liaiie, COmptaUt prèS dC

12 500 bateaux et plus de

25 000 hommes d'équipage, dont les principales maisons d'armement pour les Pays-Bas ont leur siège à Rotterdam et à Amsterdam. Le port fluvial de Rotterdam symbolise cette énorme puissance de transport et le rôle qu'elle joue dans l'économie internationale; sur l'ensemble de son trafic rhénan, les trois quarts se dirigent vers l'amont, minerais et céréales pour l'Allemagne; l'autre quart, charbon et fer, se rend vers l'aval. Pareille circulation, disproportionnée à l'économie néerlandaise, lui apporte d'énormes bénéfices; à lui seul le trafic du Rhin à Lobit représente 35 p. 100 du commerce extérieur des marchandises des Pays-Bas, autant que le trafic maritime.

La Meuse. — En pénétrant sur le territoire néerlandais, la Meuse est un fleuve tout formé, parvenu vers la fin de son cours, ne recevant plus que de faibles affluents. Quittant à l'aval de Maastricht les roches dures du massif ardennais et des plateaux limbourgeois, elle pénètre dans la masse des sables et des cailloutis du delta néerlandais; sur ces matériaux meubles, elle ouvre et élargit sa vallée; elle s'épanouit sur une plaine alluviale avec des faux bras,

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des formations d'îles, des pentes faibles, de vastes zones inondées; des prairies, plantées de peupliers, sillonnées de fossés, semées de villages qu'entourent des vergers, couvrent le fond de la vallée.

La Meuse se distingue nettement du Rhin par sa pente plus forte, qui révèle une évolution moins avancée. Entre Maastricht et Maasband (au Nord d'Elsloo), cette pente s'élève, en eaux moyennes, à 0 m, 43 par kilomètre; or, sur le Rhin, de Cologne à Emmerich, la pente n'est déjà plus que de 0 m. 13 et, d'Emmerich à Lobit, que de 0 m. 109; de là, la grande vitesse des eaux de la Meuse. A cet inconvénient sérieux pour la navigation et très sensible pendant les crues d'hiver, s'ajoute l'insuffisance des débits d'été. A la différence du Rhin, que nourrissent en été les eaux des neiges et des glaces alpestres, la Meuse, rivière de plateaux et de basses montagnes, dépend, avant tout, de l'alimentation fluviale, forte pendant la saison froide, faible pendant la saison chaude; de là, son régime inégal avec des maigres prononcés en été et de fortes crues en hiver (fig. 47). Tandis que le débit maximum et le débit minimum sur le Rhin sont entre eux comme 6 et 1, ils sont sur la Meuse comme 20 et 1 ; en été, la navigation ne remonte pas au delà de Venlo, à cause du manque d'eau. En 1880, à Venlo, on put mesurer le 7 septembre un débit de 65 mètres cubes par seconde; le 28 décembre, un débit de 2 097 mètres cubes. A Maastricht, on a constaté des débits d'étiage de 35 à 40 mètres cubes.

A partir de Grave, la Meuse prend de plus en plus les caractères d'une rivière de delta, exhaussant son lit, incapable de contenir toutes ses eaux, sujette à inonder les campagnes voisines situées plus bas, et soumise à l'endiguement; des digues l'emprisonnent déjà à Mook sur la rive droite, et à partir de Grave sur les deux rives. La nécessité de cette défense s'imposait aux riverains non seulement contre les crues de la Meuse constamment menaçantes, mais encore contre les crues du Rhin, puissant voisin, qui, situé plus haut que la Meuse, y déversait l'excès de ses eaux. Jusqu'en 1904, les deux fleuves avaient deux points de contact : l'un à Woudrichem, où la Meuse gagnait le Waal; l'autre à Saint-Andries, où l'on avait construit depuis longtemps pour les bateaux un canal de jonction fermé par une écluse, mais où subsistaient cependant des déversoirs pour les grosses crues. Or, il y avait de graves inconvénients à cette communication des deux fleuves. Le Waal, grossi des eaux alpestres, montre encore des crues à la fm du printemps et au commencement de l'été; ces crues, se déversant dans la Meuse, l'empêchaient de baisser et m.aintenaient ses berges submergées jusqu'à la fm du printemps ; d'autre part, par suite du soutirage de ses eaux par les déversoirs de Saint-Andries (à Heerenwaarden), le Waal perdait de la vitesse vers l'aval, ce qui amenait des alluvionnements dangereux pour la navigation et, en hiver, des embâcles de glaces. Les travaux d'amélioration ont comporté essentiellement trois opérations. D'abord on a remplacé les déversoirs de Heerenwaarden par une digue insubmersible. Ensuite, on a supprimé tout contact entre Meuse et Rhin à Woudrichem; on a créé pour le fleuve un nouveau lit, la Bergsche Maas, long de 22 kilomètres; cette nouvelle rivière part de Heleind à 3 kilomètres Est de Heusden; elle suit une partie d'un ancien lit de la Meuse (Oude Maasje), gagne l'Amer au Nord de Geertruidenberg et débouche dans le Hollandsch Diep devant Lage Zwaluwe où la marée basse est de 2 mètres moins haute qu'à Woudrichem sur le Waal. Ainsi les deux grands fleuves coulent désormais indépendants l'un de l'autre; et, d'autre part, la Meuse dans son estuaire suit un cours

Géocraphib universelle. — Belgique et Pays-Bas. 25

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artificiel que l'homme lui impose; elle est parvenue au terme de l'existence mouvementée qui la fit jadis errer à travers le delta en suivant des chenaux que nous retrouvons aujourd'hui çà et là, sous le nom de Oude Maas, jusque dans l'archipel littoral.

Avec le xx^ siècle, fixité et stabilité ont remplacé mobilité et indiscipline; un chenal artificiel, la Bergsche Maas, porte les eaux de la Meuse à l'Amer, estuaire maritime qui les conduit dans le Hollandsch Diep.

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