IV. — ROTTERDAM
Lorsque, venant de Zélande, on arrive dans les eaux rhénanes par Dordrecht, on pénètre au milieu d'un extraordinaire mouvement de batellerie : barques à voiles, bateaux à moteur, remorqueurs, chalands en fer, vapeurs de passagers; le long des rives plantées d'arbres se pressent les maisons, les estacades, les bassins, les ateliers, les fabriques. On a l'impression d'entrer dans un monde dont toute la vie se déploie sur l'eau, comme sur ces rivières chinoises qui disparaissent sous la cohue des jonques. Avec Rotterdam, le spectacle croît en grandeur. Sur le large fleuve où le vent chasse les fumées et soulève de courtes vagues, c'est un défilé trépidant de bateaux de toutes tailles qui se croisent, se dépassent ou se suivent : humbles bateaux de rivière et puissants navires de mer; petits vapeurs qui partent à chaque heure du jour pour les villes de Zélande et de Hollande, vaisseaux énormes qui font le voyage des Indes, longs-courriers transatlantiques. Tout donne l'image d'un grand port.
Phot. K. L. M.