‹ BélisaireChapitre 109 sur 116 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

relies interminables 5 elles lui ont coûté plus de veilles que ses plus utiles travaux. Qu'ont-elles produit ? des séditions , des révoltes et des massacres. Elles ont troublé son repos et le repos de ses états.

Le repos des états , reprit l'empereur , dépend de l'union des esprits. C'est une maxime équivoque , dit Bélisaire , et dont on abuse souvent. Les esprits ne sont jamais plus unis que lorsque chacun est libre de penser comme bon lui semble. Savezvous ce qui fait que l'opinion est jalouse 7 tyrannique et intolérable? C'est l'importance que les souverains ont le mallieur d'y attacher $ c'est la faveur qu'ils accordent à une secte , au préjudice et à l'exclusion de toutes les sectes rivales. Personne ne veut être avili , rebuté , privé des droits de citoyen et de sujet fidèle 5 et toutes les fois que dans un état on fera deux classes d'hommes , dont l'une écartera l'autre de l'avantage de la société 7 quel que soit le motif de l'exhérédation , la classe proscrite regardera la patrie comme sa marâtre» Le plus frivole objet

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devient grave, dès qu'il influe sérieusement sur l'état des citoyens. Et croyez que cette influence est ce qui anime les partis. Qu'on attache le même intérêt à une dispute élevée sur le nombre des grains de sable de la mer , on verra naître les mêmes haines. Le fanatisme n'est le plus souvent (0 que l'envie, la cupidité ? l'orgueil3 l'ambition, la haine, la vengeance, qui s'exercent au nom du ciel 5 et voilà de quels dieux un souverain crédule et violent se, rend l'implacable ministre. Qu'il n'y ait plus rien à gagner sur la terre à se débattra pour le ciel 5 que le zèle de la vérité ne soit plus un moyen de perdre son rival ou son ennemi , de s'élever sur leurs débris , de s'enrichir de leurs dépouilles , d'obtenir une préférence à laquelle ils pouvoient prétendre ; tous les esprits se caimeront , toutes les sectes seront tranquilles.

(1) Privatœ causœ pietatis aguntur obtentu, et cupiditatem quisque suarum religionem habetvelutpedisequam* (Le pape Léon à l'em= pereur Théodose.)

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