CHAPITRE IV
îe père de famille , un jeune seigneur nous demanda si nous n'avions pas vu passer un vieillard qu'il nous dépeignit. Nous lui répondîmes que non. Hé bien , nous dit-il , veillez à son passage, et dites-lui qu'un ami l'attend dans le lieu où il doit se rendra II manque de tout; ayez soin, je vous pue , de pourvoir à tous ses besoins. A mon retour, jereconnoîtraice que vous aurez fait pour lui- Nous répondîmes que chacun de nous ét oit occupé, ou du travailles champs^ on des soins du ménage, et que nous n'avions pas le loisir de prendre garde aux passans. Quittez tout plutôt, nous dit-il , que de manquer de rendre à ce vieillard ce que vous lui devez. C'est votre défenseur, votre libérateur , c'est Bélisaire enfin que je vous recommande^ et il nous conta vos malheurs . A ce nom , qui nous est si cher , jugez de notre impatience. Mon fils a veillé toute la nuit à attendre son général, car il a eu l'honneur de servir sous vos drapeaux quand vous avez délivré la Thrace ; mes filles ^ dès le point du jour, ont été sur le seuil de la porte. A la fin nous vous possédons. Dis*
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posez de nous, de nos Liens; il sont à tous, Le jeune seigneur qui vous attend vous en offrira davantage , mais non pas de meilleur cœur que nous le peu que nous avons.
Tandis que le père lui tenoit ce langage, le fils, debout devant le héros, le regardoit d'un air pensif, les mains jointes , la tête baissée, la consternation 1 la pitié et le respect sur le visage.
Mon ami , dit Bélisaire au vieillard , je vous rend grâce de votre tonne volonté. J'ai de quoi me conduire jusqu'à mon asile; Mais dites-moi si vous êtes aussi heureux que bienfaisant. Votre fils a servi sous moi^ je m'intéresse à lui. Est-il sage? Est-il laborieux ? Est -il bon mari et bon père? II fait, répondit le vieillard attendri, ma consolation et ma joie. Il s'est retiré du service à la mort de son frère aîné , couvert de blessures honorables ; il me soulage dans nies travaux; il est l'appui de ma vieillesse} il a épousé la fille de mon ami 5 le ciel a béni cette union. Il est vif; mais sa femme est douce. Ma fille , que voilà ? n'est pas