‹ BélisaireChapitre 27 sur 116 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Son front élevé , sans défier le sort 5 semtloit s'exposer à ses coups.

Tibère lui-même assista à cette triste cérémonie. Il fut témoin des regrets touchans qu'Eudoxe donnoit à sa mère ? et il en revint pénétré.

Bélisaire alors s'adressant à lui : Brave jeune homme , lui dit -il , c'est vous, je le vois 5 qui avez pris soin de me recommander sur la route 5 apprenez-moi qui vous êtes, et ce qui peut m'attirer cet empressement généreux. Je m'appelle Tibère , répondit lejeune homme 5 j'ai servi sous Narsèsen Italiej j'ai fait depuis la guerre deColchide. Je suis l'un de ces chasseurs à qui vous avez demandé l'asile , et dont vous avez si bien réprimé l'imprudence. Je n'ai pas eu de paix avec moi-même que je ne vous sois venu demander pardon , et une grâce encore plus chère. Je suis riche : c'est un malheur peut-être 5 mais si vous vouliez> ce seroit un bien. J'ai près d'ici une maison de campagne 5 et toute mon ambition seroit de la consacrer, en en faisant l'asile d'un héros. Ma tendre vénération pour vous.

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est un titre si simple, que je n'oseroîs m'en prévaloir: il suffit d'aimer la patrie , pour partager la disgrâce de Bélisaire et pour chercher à l'adoucir. Mais un intérêt digne de vous toucher , c'est le mien , c'est celui d'un jeune homme qui désire passionnément d'être admis dans l'intimité d'un héros, et de puiser dans son ame , comme à la source de la sagesse , de la gloire et de la vertu.

Vous honorez trop ma vieillesse, lui ré* pondit Bélisaire 5 mais je reconnois une belle ame à la sensibilité que vous témoignez pour mon malheur. Dans ce moment je désire être seul avec moi-même : mon ame ébranlée a besoin de se raffermir en silence. Mais , pour l'avenir, j'accepte une partie de ce que vous me proposez , le plaisir de vivre en bons voisins et de communiquer ensemble. J'aime la jeunesse :

l'ame encore neuve dans cet âge heureux , est susceptible des impressions dubien$ elle s'enflamme et s'élève au grand , et rien ne la retient captive. Venez me voir , je serai bien aise de converser avec vous.

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