‹ BélisaireChapitre 47 sur 116 · CHAPITRE IX. 1C · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 1C

mollesse de sa police , aux privilèges insensés qu'elle accorde à ses partisans, à tout ce qu'elle est obligée de céder , de dissimuler , de souffrir ? de peur qu'ils ne l'abandonnent*

Mais que l'autorité soit conforme aux lois, c^est aux lois seules qu'elle est soumise. Elle est fondée sur la volonté et sur la force de tout un peuple. Elle n'a plus pour ennemis que les méchans 5 les ennemis communs. Quiconque est intéressé au maintien de l'ordre et du repos public est le défenseur né de la puissance qui les protège 5 et chaque citoyen ? dans l'ennemi du prince , voit son ennemi personnel» Dès-lors il n'y a plus au dedans deux intérêts qui se combattent 5 et le souverain , ligué avec son peuple, est riche et fort de toutes les richesses et de toutes les forces de l'état. C'est alors qu'il est libre, et qu'il peut être juste, sans avoir de rivaux à craindre, ni de partis à ménager. Sa puissance , affermie au dedans , en est d'autant plus imposante et plus respectable au dehors 5 et comme l'am- Mtîon 5 l'orgueil , ni le caprice ne lui met-

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ent jamais les armes à la main , ses forces, qu'il ménage, ont toute leur vigueur, quand 1 s'agit de protéger son peuple contre l'oppresseur domestique ou l'usurpateur étranger. O mon ami ! si la justice est la base du pouvoir suprême, la reconnoissance en est l'ame et le ressort le plus actif. L'esclave combat à regret pour sa prison et pour sa chaîne 5 le citoyen libre et content, jui aime son prince et qui en est aimé, déend le sceptre comme son appui , le trône nmme son asile 5 et en marchant pour la )atrie , il y voit par- tout ses foyers.

Ah ! vos leçons , lui dit Tibère , se gravent dans mon cœur avec des traits de flamme. Que ne suis-je digne moi-même d'en pénétrer l'ame des rois !

Vous voyez donc bien , reprit Bélisaire, que leur grandeur , que leur puissance est fondée sur la justice, que la bonté y ajoute encore , et que le plus absolu des monarques est celui qui est le plus aimé. Je vois, dit le jeune homme , que la saine politique n'est que la saine raison , et que l'art de régner consiste à suivre les mouveniens

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