‹ BélisaireChapitre 65 sur 116 · CHAPITRE XII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. l

droits ; c'est la manie de vouloir régler une infinité de détails , qui se règlent assez et beaucoup mieux d'eux-mêmes. On a fait sous ce règne une ample collection d'édits, et de décrets sans nombre $ mais c'est l'école desjurisconsultes ; ce n'est pas l'école du peuple : or , c'est le peuple qu'il s'agit d'instruire de ses devoirs et de ses droits. Chacun doit être son premier juge 5 chacun doit donc savoir ce qui lui est prescrit y défendu, permis par la loi (1). Il faut pour cela des lois simples, claires , sensibles , en petit nombre , et faciles à appliquer. C'est là surtout ce qui abrégera les détails de l'administration. Car dès que le peuple est instruit de ce qu'il doit et de ce qui lui est du , il est fier de sa sûreté, et content de sa dépendance ; il voit ce qui lui revient des sacrifices qu'il a faits 5 et dans le bien public apercevant le sien , il révère l'autorité qui fait concourir l'un à l'autre. Pourquoi le voit- on si souvent impatient du joug des

(1) Legis virtus hœc est : imperare, velare permiUere , puaire, Pand. L. 1. T. 2,*

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lois? Parce que la rigueur est toute du côté des lois qui le gênent , et la mollesse et la négligence du côté des lois qui le favorisent et qui doivent le protéger. Or, la simplicité d'un code populaire remédieroit encore à cet abus 5 car les juges voyant le peuple assez instruit pour les juger par eux-mêmes 2 et en état de réclamer contre eus une loi précise et constante, ils n'oseï oient plier la règle , ni changer de poids à leur gré.

Les plus abusives des lois sont celles qui donnent prise sur les biens. Car on n'en veut guère à la vie , ni à la liberté des peuples 5 et quand on leur lie les mains , ce n'est que pour les dépouiller. Aussi , de mille excès commis par les dépositaires de l'autorité , à peine y en a-t-il un seul qui ne soit pas le crime de l'avarice. C'est donc là que le prince doit porter la lumière , et commencer par éclairer la perception de l'impôt.

Tant que l'impôt sera multiplié, vague (1)

(1) Sub impçralorihm vecligaîia, non lèg$

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