‹ BélisaireChapitre 7 sur 116 · CHAPITRE II. s · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. s

trave homme , qui soutient courageusement la plus dure épreuve de la vertu.

Mon camarade, ajouta -t- il , n'ayez pas honte de l'état où vous êtes devant une famille qui connoît le malheur. Reposezvous : nous allons souper. En attendant , dites-moi, je vous prie, dans quelles guerres vous avez servi. J'ai fait la guerre d'Italie contre les Goths , ditBélisaire , celle d'Asie contre les Perses , celle d'Afrique contre les Vandales et les Maures.

A ces derniers mots , le villageois ne put retenir un profond soupir. Ainsi , dit-il , vous avez fait toutes les campagnes de Bélisaire ! — Nous ne nous sommes point quittés.-— L'excellent homme ! Quelle égalité d'ame ! Quelle droiture ! Quelle élévation ! Est-il- vivant ? car dans ma solitude , il y a plus de vingt-cinq ans que je n'entends parler de rien.-— Il est vivant. — Ah! que le ciel bénisse et prolonge ses jours! —S'il vous entendoit, il seroithien touché des vœux que vous faites pour lui ! — Et comment dit-on qu'il est à la cour ? toutj> uissant ? adoré sans doute Héias l vous

&4 BÈLÎSAIRB ,

savez que l'envie s1 attache à la prospérité- -—Ah ! que l'empereur se garde bien d'é-* coûter les ennemis de ce grand homme.

C'est le génie tutélaire et le vengeur de son Empire.— Il est bien vieux ! N'importe 5 il sera dans les conseils ce qu'il étoit dans les armées 5 et sa sagesse , si on l' écoute 9 sera peut-être encore plus utile que ne l'a été sa valeur. D'où vous est-il connu? de* manda Bélisaire attendri Mettons-nous à table, dit le villageois: ce que vous me de-* mandez nous mèneroit trop loin.

Bélisaire ne douta point que son hôte n0 fût quelque officier de ses armées qui avoit eu à se louer de lui. Celui-ci , pendant le souper , lui demanda des détails sur les guerres d'Italie et d'Orient, sans lui parler de celle d'Afrique. Bélisaire , par des réponses simples, le satisfit pleinement. Buvons, lui dit son hôte, vers la fin du repas, buvons à la santé de votre général; etpuisse le ciel lui faire autant de bien qu'il m'a fait de mal en sa vie! — Lui ! reprit Bélisaire, il vous a fait du mal ! — Il a fait son devoir , et je n'ai pas à m'en plaindre. Mais , mon

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