‹ BélisaireChapitre 78 sur 116 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Je sais que vous l'aviez banni de vos armées, lui dit Tibère; comment y étieztfous parvenu ? Le plus aisément du monde, dit le vieillard : je Pavois banni dema tente,

| et je Pavois dévoué au mépris. Le mépris est un puissant remède contre le poison de Porgueil ! Jésus qu'un jeun eAsiatiqueavoit porté dans mon camp les délices de sa patrie; qu'il dormoit sous un pavillon de pourpre 9

' qu'il buvoit dans des coupes d'or , qu'il faisoit servir à sa table les vins les plus exquis et les mets les plus rares . J e l'invitai à dîner; et, en présence de ses camarades : Jeune homme , lui dis je, vous voyez qu'on fait ici mauvaise chère 5 c'est quelquefois bien

t pis , et il faut s'y attendre : car ceux qui courent après la gloire sont exposés à manquer de pain. Croyez-moi, votre délicatesse auroit trop à souffrir de la vie que nous allons mener : je vous conseille de ne pas nous suivre. Il fut sensible à ce reproche. Il demanda grâce , il l'obtint mais i! renvoya ses bagages. Et cette leçon. \uus suffit ? lui demanda le jeune homme,. Oui, saas doute, dit le héros; cav niOJk

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exemple l'appuyoit , et l'on me connoissoit une volonté ferme. —Vous diites exciter bien des plaintes !— Quand la loi esî égale et nécessaire, personne ne s'en plaint. —Non , mais il est dur pour le riche d'être mis au niveau du pauvre. — En revanche , il est doux pour le pauvre de voir le riche au niveau de lui 5 et par-tout les pauvres sont le plus grand nombre. — Mais les riches sont à la cour les plus puissans et les mieux écoutés. — Aussi n'ont-ils pas mal réussi à me nuire. Mais ce que j'ai fait, je le ferois encore 5 car la force de l'ame , comme celle du corps , est le fruit de la tempérance. Sans elle , point de désintéressement 5 sans désintéressement , point de vertu. Je demandois à un berger pourquoi ses chiens étoientsi fidèles. C'est , me dit-il, parce qu'ils ne vivent que de pain. Si je les avois nourris de chair , ils seroient des loups. Je fus frappé de sa réponse. En général , mes amis , la plus sûre façon de réprimer les vices , c'est de restreindre les besoins.

Tout cela est possible dans une armée?

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