‹ BélisaireChapitre 81 sur 116 · CHAPITRE x'ilî · texte numérisé non relu

CHAPITRE x'ilî

dat combatte , que l'artisan et le laboureur travaillent sans cesse pour lui , ses droits acquis sur leurs services se renouvellent tous les ans , et le privilège qu'il a de vivre inutile est gravé sur des lames d'or.

Ainsi donc l'opulence tient le monde à ses gages , dit le jeune homme. Oui , mon ami , dit le vieillard , sans qu'il en coûte à l'homme opulent d'autre fatigue et d'autre soin que de rendre en détail à la société les titres de la servitude qu'elle a contractée avec lui. Et pourquoi cette servitude , demanda Tibère? Pourquoi des riches dans un état ? Parce que les lois , dit le héros , conservent à chacun ce qui lui est acquis ; que rien n'est mieux acquis que le fruit du travail , de l'industrie et de l'intelligence 5 qu'à la liberté d'acquérir se joint celle d'accumuler 5 et que la propriété comme la liberté doit être un droit inviolable (1). C'est un mal sans

(1) Un philosophe à Athènes ayant trouvé un trésor dans son champ , écrivit à Trajan : J'ai trouvé un trésor: Trajan lui répondit d'en user.

doute qu'il y ait des hommes cjui pujssent imposer à la société tous les frais de leur existence , et de celle d'une foule d'hommes qu'ils n'emploient que pour eux seuls ; mais ce seroit un plus grand mal encore d'ôter à l'émulation , au travail et à l'industrie l'espérance de posséder et la sûreté de jouir. Ne vous fâchez donc pas d'un mal inévitable. Tant qu'il y aura des hommes plus actifs 5 plus industrieux, plus économes, plus heureux que d'autres, il y mira de l'inégalité dans le partage des biens 5 cette inégalité sera même excessive dans les états âorissans , sans qu'on ait droit de la détruire.

Avouez donc , dit l'empereur , que 1« luxe est bon à quelque chose , car c'est lui qui , par ses dépenses , diminue et détruit cette inégalité. C'est-à-dire v que le îuxe est bon à tarir les sources du luxe , je l'avoue , dit Bélisaire , et je consens

// est trop grand pour un philosophe , lui éc ri vit ! encore celui-ci. Trajau lui répondit d'en abuser* I Alexandre- Sévère peusoit deniêiuô*

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