CHAPITRE XIV
Constantin a pris sur lui cette dépense ruineuse. Mais a quel titre un peuple fainéant , qui n'est plus ni roi ni soldat , estil à la charge publique? Le peuple romain, tout militaire, avoitle droit d'être nourri, même au sein de la paix , du fruit de ses conquêtes 5 encore ne demandoit-il , dans les plus beaux jours de sa gloire , que des terres à cultiver 5 et quand l'état lui en accordoit, vous savez avec quelle joie il se répandoit dans les champs. Ici, que faisons-nous de cette multitude affamée qui assiège les portes du palais (1)? Est-ce avec elle que j'ai chassé les Huns qui ravageoient la Thrace? Qu'on n'en retienne que ce que l'industrie en peut occuper et nourrir, et que du reste on fasse d'heureuses colonies : elles repeupleront l'état, et vivront du fruit de leur peine. L'agri-
(1) Et quem panis alit gradihus dispensus ah altis. Prud. L, 1. In Symm.
Panes Palatini bilibres. La livre des Romains faisoif dix onces de la nôtre. Buling. De trib, ac Vectig. Pop. R,
culture est la mère de la milice 5 et ce n'est pas au sein d'une oisive indolence que s'élèvent de bons soldats. '
Toutes les lois simplifiées , et surtout celle du tribut , la milice palatine tombe d'elle -même par sa propre inutilité 5 et vous savez de quels frais immenses (1) nous sommes par-là soulagés.
La dépense la plus effrayante qui nous reste est celle des troupes} mais elle se réduit aux seules légions. Les colonies des vétérans , établies sur les frontières, vivent de leur travail 5 et leurs immunités (2) leur tiennent lieu de solde. Ces colonies , le chef-d'œuvre du génie de Constantin , ne sont pas éteintes encore 5 et , pour les voir revivre , on n'a qu'à le vouloir : tant de
(1) V. M. l'abbé Garnier, de VOrig. du Gouv. F.
(2) Jam nunc munificentiâ med( Consiantlni) omnibus veleranis id esse concesswit perspicuum sit, ne quis illorum ullo munere
civili neque operibus publicis convenialur
Traçantes terras accipiant, easque perpeiub habeant immunes, Cod. Theod. L. J.T* 20.