‹ BélisaireChapitre 6 sur 18 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Ai'RÈs une roarche (le dix heures, au milieu d'une n;iit profonde , les deux voyageurs demandèrent si l'on avoit encore beaucoup de chemin à faire; on leur répondit qu'on arriveroit bientôt. Le cœur paternel de Bélisaire palpita de tendresse et de joie, en pensant qu'il alloit serrer contreson sein cettefillechérie qu'il ne pou voit plus revoir, mais dont il entendroit la douce voix !... Le souvenir de son épouse mêloit à ce bonheur une affreuse amertume; cependant il pressojt la marche du char, si lente à son gré, lorsque Gélimer s'aperçut qvi\|n de leurs guides les avoit quittés: il questionna à ce sujet,

on lui répondit cl/ime manière ambiguë, qui lui donna quelques soupçons vagues... Dans ce moment, il vit, à une distancp peu éloignée, une grande quantité de lumières ; il le dit à Béiisaire , qui , transporté de joie, s'écria : Ah! sans doute, c'est le château de la princesse Sophie!... O ma fiille! 6 ma chère Anastasie! quelle sera ta surprise et ton attendrissement!... Comme il disoitcesmots, on entendit un grand bruit de chevaux; le char s'arrêta, le guide qui restoil sonna de la trompette : Quest-ce ceci? dit Béiisaire.

On ne répondit point , et tout à coup le char se trouva environné par une troupe armée. Le chef, s'approchant de Béiisaire, lui dit: Vieillard respectable et malheureux , on ta'livréànous,mais ne crains rien , le grand Béiisaire sera plus en sûreté avec nous que parmi ceux de

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sa nation. Lâche et iraîlre Pharas î s'écria Belisaire... Où me concliiisezvous? poursuivit-il. Dans lecbàleaii de Narsès, ton ennemi, réponditoqg^ Je suis donc au pouvoir des Bulgares? — Oui, nous sommes fortifiés dans ce lieu; Abdaliz notre roi rhabite^ il recevra avec honneur celui qui , jadis, lui rendit généreusement son fils. A ces mots le char se remit en marche.

lo4 BÉLÎSA.1RE.

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