‹ Bélisama ou L'occultisme celtiqueChapitre 39 sur 83 · Tome I, page · texte numérisé non relu

Tome I, page

ANEUR1N

On ne sait pas la date de naissance d’ Aneurin, on ne connaît que la date de sa mort survenue en 578 ; c’est donc un Barde du vie siècle. On lui donne pour père Caw-al-Geraint, chef des Gododins, c’està-dire habitants d'une région voisine des forêts .

Ayant échappé à la mort à la suite de la bataille de Cattracth, il se réfugia à la Cour du roi Arthur, dans la Galle du Sud, où il se lia d’amitié avec Taliésin. Aneurin ne nous a laissé qu’un poème, les Gododins, qui ne comporte pas moins de 900 lignes rimées, mais d’une longueur irrégulière, et cet ensemble ne forme qu’une partie, un fragment du poème consacré à la mémoire des guerriers, qui succombèrent à la bataille de Cattracth, défaits par les Saxons, dans laquelle bataille 359 chefs périrent ; seuls quatre purent échapper à la mort et Aneurin fut l’un des quatre ; mais il fut fait prisonnier, après la bataille. C’est pendant sa captivité qu’il composa son poème, comme il a soin de nous l’apprendre lui-même :

« Dans cette maison souterraine, malgré la chaîne de fer qui lie mes genoux, mon chant des Gododins n’est-il pas plus beau que l’Aurore? »

On a attribué à ce Barde un autre poème imprimé dans la Myvryiàm archaiology sous le titre de Englynion y Mosoeld (Vers sur les mois) ; mais l’authenticité de ce dernier poème n’est nullement certaine !

Beaucoup d’auteurs, et nous sommes de ce nombre, le considèrent comme apocryphe.

Kl AN OU GWENc’liLAN

Parmi les poèmes populaires chantés en Bretagne, il existe un fragment qui a pour titre : Prophéties de Gwenc’hlan, surnom d’un Barde du yie siècle, dont le véritable nom est Kian.

Voici ce que la Tradition nous apprend au sujet de ce poète :

Gwenc’hlan fut longtemps poursuivi par un prince étranger, qui, s’en étant emparé un jour, lui fit crever les yeux et le jeta dans un noir cachot où il le laissa mourir ; mais le Barde en expirant lança contre le prince une imprécation qui ne fut pas sans effet, puisque bientôt après le prince fut frappé de mort sur un champ de bataille!...

Voici ce que nous dit, dans son Introduction (1), Ifersart de la Villemarqué au sujet de ce Barde :

« Gwenc’hlan prédit avec une joie féroce qu’un jour les hommes du Christ seront traqués et hués comme des hètes sauvages, qu’on les égorgera en masse ; que leur sang, coulant à flots, fera tourner la roue du moulin et qu’elle n’en tournera que mieux. Ce n’est point la chair pourrie de chiens ou de moutons, c’est de la chair chrétienne qu’il nous faut. »

Puis, dans une poétique imprécation, il voit le

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