LES DIEUX
Passons à la nomenclature des dieux et parlons en premier lieu de Teutatès ou Tout, qui rappelle tout à fait le nom de Tat , Taaut , Thot , le dieu égyptien, que les Grecs assimilaient à Hermès et qui, avec l’Hercule Tyrien, avait une grande analogie. Chez les Phéniciens, ce dieu était ophiomorphe, c'est-à-dire en forme de serpent, ce qui pourrait faire supposer qu’il ne représentait pas seulement l’image du ciel, mais encore que, sous l’identification de Mercure, il était un peu médecin, ce qui donnerait une sorte de Triade ; Hercule-Hermès-Esculape.
Du reste, suivant l’époque et suivant la localité les attributs des dieux étaient fort variables. Ainsi Og-mi, autre divinité celtique, était un dieu mixte, c'est-à-dire à la fois un Hercule et un Mercure, une personnification du dieu Og , inventeur du feu, emblème de la force, et du dieuA/f, emblème de l’éloquence persuasive. Og-mi passe pour le chef des Celtes qu’il réunit en une forte nation et fondateur d’Alésia, le centre, la capitale des Celtes dans les Gaules.
Craignant de voir son empire compromis par des
106 BÉL1SAMA OU l’oCGULTISME CELTIQUE
dissensions intestines, sucloat par suite de la fougue de la Jeunesse celte, il en entraîna une partie par son éloquence au delà des Pyrénées et fondaainsi en Espagne la Colonie Celto-ibérienne. Puis, après une grande bataille qu’il livra à deux géants, Albion et Bergion, il traversa en vainqueur les monts et poursuivit sa marche jusqu’à Gadès (Cadix), où régnait le tyran Géryon qu’il tua dans un combat singulier.
Puis il rompit les rochers qui séparaient Calpé d’Abila et il fit passer la mer entre deux montagnes. A ce moment, la Celtique comprenait toute la France jusqu’au Rhin, la Belgique et l’Espagne jusqu’à Calpé, qui signifierait, d’après quelques linguistes, pied de la Celtique .
Pour perpétuer le souvenir du passage de l’Océan entre les promontoires de Calpé et d’Abila, Ogmi éleva à Gadès un temple au Soleil, lequel temple comportait dans son ordonnancement des colonnes couvertes d’inscriptions hiéroglyphiques, dont l’une signalait l' alliance des hommes avec V Océan , c’està-dire le culte des eaux.
Philostrate nous dit que, sous Néron, on voyait encore à Cadix des colonnes érigées par Ogmi et couvertes d’inscriptions que ne pouvaient traduire les prêtres de la contrée, mais qu’Apollônius de Tyane déchiffra parfaitement et dont l’une mentionnait l'alliance des hommes avec l'Océan.
Ces colonnes furent dénommées Colonnes d} Hercule (Gibraltar actuel).
C’est ce même Ogmi ou Ogmius dont quelques
mythographes ont fait Melcartoù Melkarth, l'Hercule Tyrien.
Suivant une tradition grecque, Hercule aurait combattu les Ligures dans les Campi lapidei, c'està-dire dans les champs de pierres (La Crau en Provence).
D’après Pomponius Mêla (1), Hercule se serait battu contre Albion et Belgion, fils de Neptune; on voit bien ici que sous ces mythes se cache une ancienne invasion des Tyriens et de leur Dieu dans la Celtique.
D’après une légende grecque, l’Hercule Tyrien pour se rendre chez les Ligures avait suivi une route dénommée à cause de cela, voie Héracléenne (2). Du reste, en Gaule, en Ligurie et en Germanie, un grand nombre de localités portent le nom d’Hercule : Herculis castra (Erkeleus) Hercnlis columnœ , Ilerculis Monœci Portus ( Monaco ).
Nous savons par Lucien (3) que l’Hercule celte se nommait Ogmius ; et il avait tant d'éloquence, que ses représentations figurées le montraient avec des chaînes sortant de sa bouche pour symboliser l’enchaînement de ses auditeurs.
Cet Hercule était donc aussi Mercure, le Dieu de l’éloquence (4).
L’Hercule Phénicien était représenté par un nain