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Op. cit. Avant-Propos, p. vi

BÉLISAMA OU l’oCCULTISME CELTIQUE

serait pas en Asie, mais en Europe, dans notre France môme, et qu’après le grand Déluge, celui de Deucalion ou d’Ogigès, l’humanité aurait recommencé sa course à travers le monde, en partant de la vieille Celtique (notre France) et que de là, elle se serait répandue dans le monde entier.

Arrivés à ce point de notre étude, nous ne saurions mieux conclure ce que renferme le présent chapitre qu’en donnant un extrait d’un ouvrage de Th. Cailleux, extrait qu’on peut aussi bien appliquer à la question de la linguistique Celtique qu’à sa civilisation même; voici ce que dit cet éminent auteur, c’est, d’après nous, le meilleur commentaire à fournir sur la question de nos origines, que certains auteurs étrangers ont l’air de vouloir embrouiller et obscurcir, sinon obscurer à plaisir.

« Il est bien remarquable, dit Th. Cailleux, que le pays où nous avons été conduits à placer le berceau de la Société primitive soit justement celui que nous occupons et que la race qui autrefois donna au monde ses premières institutions, soit par conséquent encore, la même qui les complète aujourd’hui. On a appelé Druides ceux qui ont commencé le travail ; nous appelons savants ceux qui le poursuivent.

« D’après ces rapprochements, il faudrait admettre que la haute science est indigène dans nos contrées, quelle s’y est perpétuée, qu’elle y a pris son^accroissement et que c’est de là, qu’à toutes les époques elle s’est répandue dans le monde.

« Lorsque les Romains arrivèrent dans nos régions, ces étrangers, qui ne possédaient d’autre art que celui de se battre, furent surpris d’y trouver des corps savants, cultivant tous les arts, soit d’utilité, soit de luxe, se livrant aux plus hautes recherches de la philosophie : Les Druides , dit César, s occupent des corps célestes et de leurs mouvements ; ils traitent de la grandeur du monde , de la mesure du globe, de la nature des choses , des attributs de la Divinité.

Ce sont là, dit-on, les études d’un peuple barbare mais ce que nous avons fait, nous-mêmes, dans ces derniers temps, c’est de les reprendre et la phrase de César est encore aujourd’hui le programme de nos recherches ; si nos aïeux étaient des barbares, nous le sommes nous-mêmes.

a Longtemps avant César, les philosophes grecs tenaient sur les Druides un langage parfaitement en harmonie avec notre système : Plusieurs , dit Aristote, cité par Diogène Laërce, pensent que la philosophie nous est venue de V étranger, qu'elle fut enseignée primitivement aux Perses par les Mages , aux Babyloniens par les Chaldéens , aux Indous par les Gymnosopliistes , aux Celtes par les Druides .

« 11 est d’usage de faire sonner haut la science des trois premiers de ces peuples : pourquoi le quatrième serait-il barbare? »

Notre auteur poursuit :

« Dans la citation précédente, il est parlé des Perses. Ces mêmes peuples sont ceux que la science moderne appelle des Aryas ; elle les fait

habiter sur le plateau Asiatique, et c'est de là, ajoute-t-elle, qu'ils se sont répandus partout et sont arrivés dans nos contrées sauvages qu’ils policèrent. A défaut de preuves modernes, il eut été convenable que ce système se trouvât au moins en harmonie avec les témoignages anciens. Pline, par exemple, écrivait au temps où les Romains avaient l’empire le plus vaste et les notions les plus étendues ; il connaissait également et les Celtes et les Perses, donnant indistinctement aux savants de ces deux peuples le nom de Mages ; or, parlant des Bretons, voici ce qu’il dit : Ces peuples célèbrent leur religion avec de telles cérémonies qu'il y a lieu de croire que ce sont eux qui l'ont communiquée aux Perses. Cette communication n’a pu se faire que dans des temps fort reculés; il y eut donc, selon Pline, d’antiques émigrations des Celtes vers l’Asie, vers le plateau asiatique.

« Encore une fois, pour prétendre que tous ces auteurs se trompent, il faut des preuves. Il reste donc établi, malgré les fantaisies de la science moderne, que nos aïeux ne doivent qu’à eux-mèmes leurs institutions et qu’ils sont ce peuple qui civilisa l’ancien monde et que la science moderne cherche à trouver. »

Ceci nous paraît concluant et, comme le dit Th. Cailleux, les considérations qui appuient sa thèse ont pour elle les preuves que l’on allègue pour appuyer les autres systèmes; mais la suite de sa démonstration nous paraît bien plus /concluante encore, la voici : U

« Les savants de tous les pays, avec une effrayante unanimité, avaient placé d’abord le berceau de l’homme primitif dans l’Asie Centrale ; puis, quand l’erreur fut reconnue, on se détacha peu à peu de ce système, on se porta vers d’autres points, on essaya vingt autres pays, la Chine, l’Inde, l’Egypte, laTartarie, mais préférablejncnt ceux où l’on apprit qu’il se trouvait de grands monuments; on resta d’accord sur ce point, c’est que les peuples qui ont civilisé nos contrées sont venus de l’Orient.

« Cette dernière hypothèse semblerait indiquer que les nations orientales, aujourd’hui inertes, auraient eu autrefois un mouvement et se seraient avancées jusque dans nos régions. 11 y eut, en effet, dans l’Antiquité, de grands déplacements de peuples, de continuelles émigrations, dont l’histoire nous a conservé le souvenir ; mais c’est de nos régions que part ce courant et vers l’Asie qu’il se dirige. Les Grecs et les Romains ont retenu et nous citent les noms de ces anciens émigrants, ils les appellent Celtes, Ibères, Bituriges, Gaulois, Belges ; les Bituriges, par exemple, franchissant le Rhin, vont exploiter les mines de la forêt Hercynienne; puis, portant en Asie ce dernier nom, ils le laissent à la province d’Hyrcanie, d’où ils passent en Chine ; les Gaulois envahissent l’Italie, dont ils occupent aujourd’hui la plus riche province, poussent plus loin, ravagent la Grèce et arrivent en Asie, où ils laissent, dans leurs noms légèrement défigurés, des souvenirs de leursorigines : Galls, ils furent appelés Galates ; Iveltes, ils furent appelés lvaldéens. »

Voilà qui nous paraît concluant. Jamais les populations apathiques du midi de l’Orient n’ont pris une initiative d’invasion ; celle-ci part toujours de l’Occident et cela à toutes les époques. Est-ce qu’aujourd’hui ce ne sont pas les peuples d’Europe qui envahissent encore l’Asie et l’Afrique, est-ce qu'une poignée d’Anglais ne tient pas encore sous sa domination des centaines de millions d’Hindous ; est-ce que la Russie n’envahit pas chaque jour l’Asie, est-ce que l’Allemagne, la Belgique, la France n’occupent pas en Orient de vastes pays; donc par ce qui se passe sous nos yeux, nous pouvons certainement conclure qu’il en a été de même dans le passé, donc que la civilisation nous venant de l’Orient n’est absolument qu’un mirage et nous ne pouvons que partager entièrement la belle conclusion de Th. Cailleux, quand il nous dit : « Ces faits sont positifs, ils font partie des histoires qui sont entre nos mains, ils nous sont devenus familiers par notre première éducation ; les partisans de l’origine asiatique auraient du, au moins, en tenir compte et nous expliquer cet étrange problème, que la civilisation nous soit venue de l’Asie et que les civilisateurs soient partis de l’Europe.

« Il y avait un moyen de détruire les allégations qui précèdent : c’étàit de trouver aussi des auteurs favorables à la cause asiatique, de montrer aussi, dans les Annales des plus anciennes nations, un vestige quelconque de colonies venues de l’Orient ; mais nulle part, dans aucun auteur, dans aucun pays, ni en Orient, ni en Occident, il n’est ques-

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tiou d’un pareil phénomène, d’une colonie aryenne, chaldéenne, indienne ; une telle union de mots blesserait tous les instincts, toutes les habitudes de rhistoire.

« Les Asiomanes ont une réponse à ce que nous venons de dire ; mais nous allons voir que cette réponse est un embarras pour leur système.

« Ces Romains, ces Grecs mentionnés plus haut sont, disent-ils, de formation récente, sans antiquité., ne remontant pas assez loin dans le passé pour atteindre aux événements des temps primitifs ; leur histoire ne commence qu’à Hérodote à peine cinq siècles avant notre ère ; ils ne peuvent donc décrire que les dernières émigrations des peuples ; mais longtemps auparavant, dans les siècles préhistoriques, dans cet âge obscur qui renferme tant de mystères, d’autres émigrations ont pu avoir lieu et celles-là ont pu venir d’Orient.

« Ainsi tout le système des Ethnographes repose sur une colonisation fictive, sur un événement qui a pu avoir lieu ; quant toutes les autres sciences sont parvenues à se rendre positives, celle-ci en est encore à se débattre sur un peut-être ! Depuis un siècle, le grand mot de la science est cette colonie préhistorique ;des ouvrages nombreux et de haute portée se sont occupés d’elle ; on a recherché quel était en Asie son point de départ, quelle route elle a du suivre, à quel type appartenaient les hommes qui en faisaient partie, de quelles inslitutionselle a doté nos contrées sauvages; on a oublié une seule chose : c’est de prouver qu’elle ait eu lieu. Aussi le

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système est aujourd’hui tombé en plein discrédit, et, tandis que ses défenseurs n’ont pu trouver aucune preuve pour le soutenir, ses détracteurs en apportent pour le renverser. D’abord ceux qui parlent de cette prétendue colonie ont bien soin de l’appeler préhistorique, c’est-à-dire antérieure à toutes les histoires, car les Orientaux eux-mèmes n’ontlà-dessus aucune tradition, eux qui possèdent, nous dit-on, les plus anciennes Annales du genre humain ; elle aurait donc eu lieu dans ces temps primitifs où l’on ne savait ni lire, ni écrire ; elle venait donc des Barbares de l’Orient : pourquoi ne serait-elle pas venue aussi bien des Barbares de l’Occident ? 11 faut avouer qu’il a fallu de l'audace pour jeter au public un système entaché d’une pareille inanité.

« Voici une nouvelle difficulté :

« La science ethnographique a imaginé sa nouvelle théorie, il y a un siècle. Elle commença par choisir son plateau asiatique, y plaça ses premiers civilisateurs, les lit sortir de là, et se disperser en émigrations dans les autres contrées pour y répandre les institutions de la mère patrie ; une filiation de savants poursuivit l’œuvre nouvelle, et tout alla bien pendant quelque temps. Mais un système rival vint tout à coup troubler cette sécurité : au fond de TOccident, au delà d’un Océan longtemps reconnu infranchissable, dans un monde que nous appelons Nouveau , on retrouva tout ce que l’on connaissait dans celui que nous appelons Ancien : des pyramides, des caveaux à momies, des empereurs fils

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du Soleil, des palais plus grands et plus ornés que ceux de llabylone ou de Ninive, la vénération des chiffres mystiques 3 et 7, des Dieux qui portent le même nom que ceux de l’Asie ets'incarnent comme eux, toute l’Egypte, toute la Chine, toute l'Inde, toute l’Assyrie.

« Le Orientalistes, surpris de cette nouveauté, essayèrent d’abord la vieille ressource du dédain ; mais le mal augmentant, la science nouvelle poursuivant son progrès, il fallut bien qu’ils sortissent de leur repos, déterminés à rester fidèles au système, ils durent s’enquérir par quelle voie on avait pu pénétrer du centre de l’Asie dans cette malencontreuse Amérique ; on se porta à toutes les issues pour rechercher si les hommes du plateau asiatique n’étaient point passés par là, on se jeta en désespéré dans toutes les hypothèses ; et, de nos jours, le peu de savants qui ont encore foi à l’Orientalisme sont réduits à prétendre que le passage a dû se faire par le détroit de Behring...

« On comprend ainsi que cette question Américaine ait fort endommagé le système Asiatique ; elle en a fait voir toute la faiblesse : il a vécu un siècle ; ce n’est plus une science, c’est une routine. »

Les lignes qui précèdent nous paraissent avoir montré sous son véritable jour la question qui nous occupe, nous ne pouvons l’étudier et la poursuivre plus longuement ; mais ceux de nos lecteurs qui voudraient la connaître plus à fond n’au-

raient qu’à consulter La Doctrine ésotérique à travers les cîges (1).

Ce que le lecteur devait connaître sur l’origine des Celtes et du Celtisme pour poursuivre la présente étude avec profit, il le connaît, nous allons donc dans le chapitre suivant nous occuper des Druides et du Druidisme.

1. 2 vol. in-18, Paris, Chacornac et à la librairie du XXe Siècle. — Cet ouvrage comporte le Symbolisme, la Langue sacrée, l’Evolution de l’Homme, le Transformisme, les Races et sous-Races, les Sémites, les Aryens, il traite d’Isis et d’Osiris, du Livre des Renaissances, des Viergesmères, des Cosmogonies, des Déluges, des Continents disparus, etc., etc.

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