‹ Bélisama ou L'occultisme celtiqueChapitre 73 sur 83 · DESTRUCTION DES MYSTERES · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES MYSTERES

Jules César a grandement contribué à la dispersion et à la destruction des mystères Celtiques dans les Gaules: comme nous allons voir en utilisant les travaux d’un consciencieux auteur J. M. Ragon.

Ainsi que l’avait prédit Hermès dans son dialogue avec Asclépios (1), le temps est bien venu, où les étrangers impies accusent l’Egypte d’avoir adoré des monstres et où i! ne reste plus d’elle que ce qui est grand sur les pierres de ses monuments, bien que l’Egypte ait été le temple du monde entier.

Ses Scribes et ses Hiérophantes sacrés exercent sur toute la surface de la terre ; quand à ceux qui étaient restés en Egypte, ils se trouvèrent dans l’obligation, crainte de profanation des mystères, de fuir dans les déserts et les montagnes pour y chercher un refuge et y fonder des F ra terni tés et des Sociétés Secrètes ; celle des Esséniens parexemple (2). Les Hiérophantes qui avaient traversé l’Océan pour se rendre aux Indes s'engagèrent

(1) Çf. — Isis Dévoilée passim et p. 288, 2 vol. in-12, Paris-Chamuel ; 2® édition, H. Chacornac, S-D.

^2) Gf. — Au sujet des Esséniens. Vie ésotérique de Jésus de nazareth. 1 vol. in-8e. Paris Chacornac, 1902 et Chamuel.

par serment à garder secrète, la science sacrée, ioecultisme et toutes ses connaissances furent enfouies dans les profondeurs des cryptes et mises ainsi hors de portée des regards humains. Lors de l'invasion de l’Inde par Alexandre, tous vestiges de religion et d’occultisme disparurent.

G est en l’an 47 av. J.-C. que les derniers coups furent portés aux Mystères Celtiques, comme le dit fort bien J.-M. Ragon dans son Orthodoxie maçonnique (p. 22): Bibracle, la mère des sciences, Lame des premières nations (de l’Europe) ville aussi fameuse par son collège sacré de Druides, que pour ses civilisations et ses écoles, dans lesquelles 40.000 élèves étudiaient la philosophie, la littérature, la grammaire, la jurisprudence, ia médecine et l’astrologie, les sciences occultes, l’architecture etc. Rivale de Thèbes, de Memphis, d’Athènes et de Rome, elle possédait un amphithéâtre entouré de statues colossales et pouvant contenir 100.000 spectateurs et gladiateurs, un capitole, des temples dédiés à Janus, Piulon, ce fut cette dernière ville de la Gaule où périrent pour l’Europe les secrets Initiatiques ainsi que les grands secrets de la Nature ou de l’Occultisme. Ce fut ce mèmeCésar (1) qui, incendiant la bibliothèque d’Alexandrie détruisit les rouleaux et les manusci its celtiques ; et tandis que « l’histoire condamne (nous dit II. -P. -B.) l’action du général arabe Amrou, qui complète l’acte de vandalisme commis par le grand con-

(t) En l’an 389 de notre ère, la populace chrétienne acheva de détruire ce qui restait, la plupart des œuvres inestimables furent sauvées pour les étudiants de l’occullisme, mais furent perdues pour le monde.

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qaérant, elle n’adresse pas un mot de reproche à ce dernier, ni pour la destruction d’Alésiad’unequanlilé à peu près égale de rouleaux de manuscrits, ni pour la destruction de Bibracle (et d’Alésia). Pendant que Sacrovir (chef des Gaulois qui, sous le règne de Tibère se révoltèrent contre le despotisme Romain et furent vaincus par Silésius en l’an 2i de notre ère) se brûlait vivant avec ses compagnons sur un bûcher funéraire dressé devant les portes de la ville, nous dit Ragon, celle-ci saccagée et pillée et ses trésors littéraires traitant des sciences Occultes, périrent par le feu.

Un peu plus loin, Ragon ajoute:

« Arles, fondée 2.000 ans avant J.-C. fut saccagée en 270. Cette métropole de la Gaule, restaurée 40 ans plus tard par Constantin, a conservé jusqu’à présent quelques vestiges de son ancienne splendeur : un amphithéâtre, un capitole, un obélisque, un bloc de granit de diç-sept mètres de haut, un arc de triomphe, des catacombes, etc. Ainsi finit, la civilisation Celto-Gauloise, César en barbare digne de Rome, avait déjà accompli la destruction des anciens Mystères, par le sac des temples et de leurs collèges d’initiation et par le massacre des Initiés et des Druides. 11 restait Rome, mais elle n’eût jamais que des Mystères inférieurs, ombres des Sciences Secrètes. La grande Initiation était éteinte». (1)

(1) J. Ragon, op-cit. p. 23. Cet auteur d’origine Belge, connaissait plus d’occultisme que tout auteur non-initié; il était franc-maçon de haut grade et comme durant quarante années, il étudia les anciens mystères, il pouvait en parler. — C’est lui qui fonda à Paris la Fraternité des Trinosophes , Loge dans laquelle il fit de nombreuses confé-

fié USA. ma ou i/occuutisme celtique

Les Celtes avaient appris l'art d’écrire du Dieu Ogmius ; aussi dans ses statues, nous dit Lucien, on voyait une chaîne d’or et d’ambre qui partant de sa bouche, allait s’attacher aux oreilles d’une foule d’audileurs. En Irlande, on trouve encore, dans les inscriptions et sur des rochers, les vestiges des lettres, qui de son nom, ont été appelées, Ogham (1) et ne se composent que de lignes droites ; le terme pélasgique Ogmos , signifie ligne droite . L’alphabet formé de ces lettres est luimême primitif, il n’a pas encore de voyelles et sa première lettre est belh qui signifie Ecorce de bouleau , sur laquelle on a commencé à écrire. Les peuples chez lesquels, on rencontre des rochers portant des inscriptions en Ogham , sont les Feningi et partout en latin, en grec, en Sanscrit, en chinois, la racine fen , désigne l’écriture.

L’abax (ou abaque) était la planchette sur laquelle on écrivait en grec ; a, b, c.

Le Erse dénomme ces lettres Beth1 Luis , Ion .

L’Ecriture Ogham, remplaça les hiéroglyphes, et se répandit en Orient, et alla former ces inscriptions cunéiques ou cunéiformes de l’atrapathène et deNivine(2).

rences sur l’Initiation antique et moderne (en 1838 et en 1841), ces conférences qui furent cependant publiées, sont aujourd’hui introuvables. — On a du les détruire.

(1) de Petity. — Bibliothèque des artistes tome ni.

Les légendes irlandaises recueillies par Flaberty surnomment Fenisius, l’inventeur de l’alphabet Ogham .

(2) Chez les Atrebates à Regiacum, se trouvait l’abbaye druidique des Vedastes. C’est de l’atropathène que les Brahmes paraissent avoir tiré le Rig-Véda le plus ancien des quatre védas.

«Quant aux Celles ce sont les historiens de Rome qui nous les fonl connaître. Comme ils ne parlent d’eux que par circonstance, on comprend qu’ils les peignent sous les traits qui ont le plus vivement frappé leur attention, or, dans César, ils nous apparaissent comme livrés aux recherches de pure spéculation; dans Tite- Live, ils franchissent leurs barrières pour répandre au loin leurs émigrations et leurs idées. C’est tout ce que les Romains savent de ces peuples. Recherches spéculatives, émigrations lointaines : voilà toute la nation celtique et à celte époque et vingt siècles après. » (Th. Cailleux, page 29).

« Aujourd’hui encore, les Celtes, non contents d’user de la nature et de faire servir ses propriétés à leurs besoins se plaisent à rechercher ses lois, à la dégager de la matière pour n’en voir que l’essence. — « Les perfections des Dieux : l’homme se distingue de la bête par la faculté de concevoir en dehors de lui un être d’une nature supérieure, auquel il donne différents noms qui reviennent à celui de Dieu ; mais le Celte se distingue des autres hommes par la tendance à la rechercher en dehors de la matière, sans s’aider de formes visibles, soit dans le passé, soit dans le présent, il laisse aux races qui l’entourent les belles images, les statues bien taillées ; vains escabeaux dont il n’est pas besoin pour s’élever à l’Etre suprême et étudier ses perfections (1). »

Dans le cours de notre ouvrage (2) nous disons, qu’il

(t) Th. Cailleux, Les Celtes , origine de tous les peuples^ p» 30.1

(2) Page 168, ligne 5.

BÉLISAMA OU l’oCCIJLTISME CELTIQUE

ne serait pas hors de propos d’expliquer les (ermes « Delphes et Ifyperboréens », nous donnerons ici cette explication :

Macrobe nous dit que le terme Delphes signifie, le seul } V Unique, c’est pour cela, qu’Apollon ou le Soleil était surnommé Delphique .

Mnaséas dit que ce terme est celtique et désigne les Celles du Dauphiné, or Posidonius cité par Athénée (Livre VI, chap . 4) nous dit que le Pays des Hyperbo réens était situé dans le Dauphiné.

De ce qui précède, on pourrait donc conclure sans crainte de faire fausse route, que les habitants deDelphes, les Delphiniens ou Delphiens, étaient une colonie de Celtes du Dauphiné et que ce furent ceux-là même qui fondèrent le temple de Delphes et l’oracle de Dodone. Ce qui confirmerait cette hypothèse, c’est qu’on a trouvé de temps immémorial des Dodoniens dans les Gaules et que nous savons que sous Chilpéric une partie de la Bretagne s’appelait Dodonèe .

Or, on désignait la Bretagne sous ce nom parce qu’en celtique toute sorte de fruits sauvages du chêne, du hêtre, du châtaignier, du cornouillier se nommait Dodone ; c’est par suite de celte ancienne tradition, qu’on présentait des glands aux nouveaux mariés, pour leur rappeler qu’anciennement tes hommes se nourrissaient de glands dans la forêt de Dodone.

Nous pensons avoir donné dans les pages qui précèdent des preuves et des témoignages assez nombreux pour démontrer non seulement la haute antiquité des Celtes, mais encore de leur point de départ (les environs des Pyrénées) et de leur dispersion en Europe, en Asie

et en Afrique ; nous ne dirons donc quelques mois que pour prouver qu’ils sont les inventeurs du blason et du tatouage .

Plutarque, en effet, nous apprend que les armoiries ou symboles des races étaient en usage chez les Celtes de même que chez les Cimbres, ces descendanls des Cimmériens, les premiers fils des hommes échappés au Déluge. Or, les marques distinctives de ces familles se portaient primitivement, par tatouage , sur la peau, puis sur l’épée, plus tard sur le casque, la cuirasse ou le bouclier, enfin sur les chars ou sur la poupe des vaisseaux.

L’usage des marques imprimées sur la peau était antérieur à l’emploi des vêlements ; cet usage était d’une si haute Antiquité qu’ABis, roi des Celles-Ibères, portait sur son corps le tatouage distinctif de sa race.

Hérodote nous dit que ces stigmates étaient des marques de noblesse.

Les Thraces se tatouaient celles-ci sur le front, comme étant la plus noble partie de l’homme. Dès que les hommes se vêtirent, ces marques furent brodées sur les vêtements ou estampées, ciselées ou gravées sur leurs armes ou leurs armures, d’où leur nom : Armoiries.

Diodore de Sicile nous apprend que l’usage de cellesci était général parmi les familles de la Celtique ; il nous dit aussi, que ces symboles étaient parlants chez les Egyptiens; ainsi Médéon avait un loup ; Anubis, un chien ; Nilée les sept embouchures du Nil, dont une était d’or et les six autres d’argent.

Les signes de la Royauté en Egypte étaient une coiffure ornée d’une tête de lion, de dragon ou de taureau.

Les rois Egyptiens avaient emprunté cette coiffure aux Celtes chez lesquels les nobles avaient seul la prérogative d’orner leur coiffure ; du reste, un grand nombre de Dieux jouissaient de cette même prérogative ; ainsi Jupiter-Lybien avait pour symbole un bélier; Apollon un corbeau ; Bacchus un bouc, Junon une vache, la Lune une chatte, Esculape un serpent ; Minerve une chouette; Mars un loup; Mercure un ibis; Neptune un cheval ; Vénus un poisson. Mais les mêmes divinités avaient souvent aussi comme symbole, une plante, un arbre : Bacchus avait le lierre et les pampres, Apollon, le laurier ; Cybéle, le pin; Minerve, l’olivier; Jupiter, le chêne; Hercule, le peuplier; Vénus, le myrte, etc., etc.

Parlant ensuite de la Monade, nous avons vu qu’elle pouvait régresser, ici nous donnerons l’opinion d’un auteur compétent Pezzani, après avoir dit toutefois que les Monades douées de mouvement et de vie passent de leur point initial par une suite de transformations successives vers leur type perfectible. Nous appelons la matière monade tant qu’elle est à l’état confus, chaotique, multiforme, soit qu’elle existe dans la forme minérale, végétale ou animale. Quand elle s’est élevée à la forme humaine, c’est une âme ; enfin si elle s’élève encore, elle devient Esprit, enfin après une série d’existences, de transformations et de développements sans nombre, la Monade, suivant l’expression druidique, devient Aive?i ; elle a conquis alors l’équivalent du Nirvànâ Hindou ; c’est à-dire qu’elle conquiert la plénitude de son individualité et de son génie primitif.

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Voici comment Pezzani (I) décrit les monades: « Ce sont des êtres projetés du sein de Dieu doués de mouvement et de vie et d’une intelligence en incubation, passant de leur point initial par une suite de transformations en marche tendanlielle vers leur type perfectible à tout jamais, possédant en germe et en virtualité l’infinité d’infinités d’attributs qui sont dans l’infini, développable par séries dans les siècles des siècles, mais jamais de manière à ce qu’ils existent actuellement el absolument puisque l’infini ne peut jamais être atteint.

Encore un mot, et nous aurons terminé notre tâche. Notre œuvre démontre bien que la terre n’cst qu’un immense cbarnp d’asile, une sorte de tombeau même, qui renferme toutes les civilisations disparues.

Les Nations, les peuples, les races apparaissent, brillent quelque temps, puis s’éteignent.

On voit monter et descendre de vastes empires fiers et orgueilleux de leurs prospérités et de leurs richesses, ils retombent ensuite avec fracas. — L’Egypte, la Perse, la Babylonie et autres civilisations laissent dans leur désert les vastes débris de leur écroulement, de leurs ruines, de leurs cendres. Et ces révo’uilons, ces destructions sont pour ainsi dire mesurées et réglées d’avance par une ac'.ion puissante, qui pousse toujours en avant le mouvement initial et qui constitue pour l’avenir le règne intellectuel de I’Homme, son évolution incessante et admirable.

(1) André Pezzani, Les Bardes druidiques , Pr. VI.

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