‹ Bellegarde ou L'enfant indien adopté [microforme]Chapitre 28 sur 61 · RS RU RE · texte numérisé non relu

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dont je suis privé depuis si long-temps et qui constitue la principale occupation de nos gentilshommes irlandais.

— Qu'ils doivent être heureux! dit Mathilde, un exercice salutaire, un bon appétit, un profond sommeil, de la gaieté et de l'innocence! C’est du bonheur ‘

— Ce tableau est séduisant , dit Eustace, et ne manque pas de vérité : tel fut, il est vrai, mon genre de vie pendant plusieurs années. Les premières choses que nous apprenons, sont l’équitation et la chasse au tir; on s’étonnerait bien plus de voir un gentilhomme irlandais, étranger à tous les termes de la vénerie,qu’aux règles simples de la grammaire. Je vous assure, mademoiselle, que j'ai passé une grande partie de ma vie à cheval. *

Eustace essayait assez habilement de s'associer aux goûts favoris de mademoiselle d'Argenteuil : mais elle arrêta ses remarques cn observant qu’il parlait sa langue trop élégamment pour avoir passé toute sa jeunesse dans Les champs.

— Je ne crois pas, dit-elle avec finesse , que vos‘ compatajgtes fassent assez peu de cas des connaissauces” utiles et agréables pour les sacrifier à ce genre de plaisirs.

il est vrai, dit Eustace, en se rétractant à demi.

en modérant son enthousiasme, nous nous adonnons à la chasse les jours de fête, lorsque nous n’avons rien de ‘mieux à faire: et je ne pourrais affirmer que je préférasse cet exercice à la littérature ou à une bonne bibliothèque. | — En ce cas, monsieur, vous pouvez vous y livrer ici, et surtout étudier l’art de l’attaque et de la défense. Mon père m'a expliqué pendant plusieurs heures les ouvrages de Vauban et de Cohorn, lorsqu'il formait le plan des fortifications de ce château. 41 n’avait pas l'intention de me faire entrer dans le Génie : néanmoins il m'a fait comprendre l'usage des bastions et des courtines. Regardant alors ses pieds couverts de poussière, elle ajouta : IL faut bien déposer cette veste et ce pantalon de mamelouck ; je les porte le matin pour faire plaisir à mon père : le soir je parais au diner vêtue à la française pour être au goût de ma tante. Puis elle disparut avec la vivacité d’ane biche, et laissa de Courcy rempli d’admiration.

Quand il fut dans son appartement, mille con- ‘jectures se formèrent dans son esprit sur cette personne si différente des autres jeunes rsonnes. Elle m'adresse la parole, se disait-il , sans affectation, sans contrainte ct sans embarras comme si j’é-

tais une vieille connaissance; et cependant il y a

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de la sieurs horn, de ce entrer endre ardant outa :

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dans ses manières un mélange de grâce, de vivacité et de dignité qui donne à chacune de ses paroles un charme incroyable. Elle a en apparence un esprit gai et léger; mais sa physionomie indique une réflexion profonde et même quelque mélancolie. On voit chez elle l’heureux résultat d’une éducation différente de celle que nos mères donnent à leurs filles; mademoiselle d'Argenteuil n’a ni affectation, ni coquetterie.

La cloche du diner mit fin aux méditations de de Courcy, et le fit penser à sa toilette. li donna l’ordre à son domestique de préparer ses plus beaux vêtemens, résolu sans doute à paraître aux yeux de cette nouvelle connaissance avec tous les avantages qu’un uniforme brillant ajoute à la beauté ; mais une réflexion l’arrêta. De tels enfantillages ne seraient probablement pas remarqués de la personne à laquelle il désirait plaire? Enfin après avoir discuté le pour et le contre, et s'être étonné luimême de l'importance qu’il y mettait , il exécuta sa première intention.

Madame de Belrose était dans le salon , revêtue de son costume de cour, à l'exception des paniers ; le chapelain, le père Leclerc, avait sa soutane; le vieux baron un habit de velours et un gilet brodé; enfin Mathilde portait une robe de soie unie, sem-

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