‹ Bellegarde ou L'enfant indien adopté [microforme]Chapitre 53 sur 61 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

To gain the point to which our soul aspires VWVe nourish toil, and deem hard labour swect. For this through Greenland’s frosts , through India’s fires, ï. The hardy sailors death and danger meet; And the proud chieftain , bolder than discreet , In blood imbru’d, pursues the martial fray ; And lovers’ eke through life’s loud tempests beat, : Led on by hope, that never-dying ray :

J Hope wantons in their breast, ads strews with flow’rs the way. THE SQUIRE OF DAMES.

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HE ÉRREEPES

Pour atteindre le but que notre ame désire, quelle peine nous coûte ? quelle fatigue ne jugeons-nous pas légère ? Voyez à travers les glaces du pôle, et les champs de l’Inde brûlés du soleil, le hardi voyageur braver la mort et les périls. Voyez l’homme de guerre , teint de sang , se débattre dans la mêlée Voyez l'amour lui-même en butte aux orages de la vie , suivre un rayon lointain, une faible espérance , feu-follet qui le guide, baume qui ranime son cœur, fée qui sème de fleurs sa route trompeuse

En partant pour le château d'Argenteuil, Bertin-

val n’avait fait que se rendre à l'invitation du baron qui persistait dans le projet de lui accorder sa fille

en mariage, avec l’entétement d’un homme accoutumé à faire sa volonté, et résolu à être obéi dans tout ce qui se rapportait à sa famille. I] se détermina à l’arracher de la société de la ville, dans l'espoir que son séjour au château le sévrerait petit à petit des habitudes vicieuses qu’il avait contractées, et le rendrait, avec le temps et l’occasion, agréable à sa fille.

Conformément à cette sage résolution, il écrivit à son neveu pour l’engager äfivenir demeurer au lac des Deux-Montagnes, et à chercher par tous les moyens qui seraunt en son pouvoir à mériter l’estime de Mathilde, qui avait, remarquait-il en passant, un caractère qui pouvait rendre un mariage entre elle et un homme qu’elle n’avait pas vu depuis son enfance chose bien difficile à conclure.

Docile à cette invitation, Bertinval se hâta de se rendre au château. Après avoir eu avec son oncle une longue et secrète conférence dans laquelle il n’oublia pas de se montrer soumis aux remontrances du vieux baron, et de promettre de se comporter en tout d’après ses conseils, il fut présenté à Mathiilde comme son futur époux, comme l'héritier de la maison d'Argenteuil, Mathilde qui, comme notre lecteur a pu en faire la remarque, n’était pas habituée à déguiser ses sentimens sur quelque chose

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que ce fût, se tourna vers le baron avec vivacité et lui dit.

— Mon cher père, j'ai quelque chose à vous demander.

— Qu'est-ce donc, ma fille?

— Vous connaissez le proverbe Qui ne dit mot consent ; je désire savoir si mon silence dans cette circonstance doit être interprété de cette manière.

— Je me réserye de répondre dans une occasion plus convenable, dit le baron avec impatience; d’autant plus que je ne suis pas d'humeur à être questionné sur la convenance de mes décisions dans ce qui ne dépende que de ma propre juridiction.

Madame de Belrose était tremblante; le chape- Jain se retira; Bertinval fut déconcerté ; Mathilde seule conserva son sang-froid, Sa contenance était ferme et assurée, sa résolution était prise, et elle aurait refusé net, si son père l’avait pressée de. se décider sur une question qu’il avait si brusquement * et si indiscrètement amenée. |

Mais elle en avait dit assez pour convaincre sa famille qu’elle était disposée à mettre des bornes à

son obéissance, et à agir dans les grandes occasions

d’après son propre jugement, dont elle croyait ne devoir rendre compte qu’à son Créateur. Dans l’intention de dissiper l'impression pénible que cette courte

conversation avait faite, elle invita son cousin à prendre un siêge, et commença à le questionner d’un ton aisé et gracieux sur ses voyages, et sur la société et les mœurs du peuple anglais.

Bertinval répondit à toutes ces questions de la manière la plus propre à donner de lui une idte avantageuse. Pendant le diner, elle fut pour lui prévenante et polie, comme si elle avait pris d’avance la résolution de le dédommager de la mortification et du désappointement qu’elle lui réservait sur le sujet de sa visite, toutes les fois qu’on le discuterait d’une manière sérieuse.

Bertinval, qui avait passé sa vie dans la société de femmes qui par leur éducation et leurs habitudes étaient peu réservées dans leurs manières et dans leurs paroles, était en quelque sorte la dupe des aimables attentions de sa cousine. Il pensait qu’elle jouait le rôle de toutes les personnes de son sex, et

"s'étant bientôt remis du désappointement qu’il avait

reçu, il se flattait que ses soins, aidés par le temps, surmonteraient tous les obstacles qui s’opposaient à l'exécution de son projet. Les femmès, se disait il, sontinstruites à dissimuler ; la premièreleçon qu'elles reçoivent en sortant de nourrice leur apprend à cacher leurs désirs et à inspirer ceux des autres. Un peu d’assiduité, secondée par l'autorité de son père,

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Le baron lui-même ne désespérait pas de voir son plan réussir; sa fille n’avait jamais donné le moindre signe de résistance à son autorité. Néanmoins il jugea plus prudent d’attendre patiemment que de s'exposer à une discussion sérieuse avec elle, et de provoquer de sa part un acte d’insubordination qui pouvait blesser sa fierté et son amour-propre. Il chercha à s’aider de sa sœur et du chapelain; la première ne pouvait rien lui apprendre des inclinations de Mathilde, et le père Leclerc déclina d’une manière formelle la responssbilité de conseiller ce

qu'il n’approuvait pas. Tout en les consultant, le

baron insista sur la légitimité du droit qu'il avait de disposer de sa fille; droit qu’il regardait comme tout aussi divin que celui que le roi de France avait de disposer de ses sujets conformément à sa volonté royale et à son bon plaisir. Mais comment forcer Mathilde à une obéissance passive ? C'était une question qu’il n’avait pas encore dûment examinée.

Le temps s'écoulait , et rien ne se décidait sur la grande question. Bertinval continuait à être assidu dans ses attentions pour sa cousine ; il l’accompa-

gnait dans ses courses et dans ses promenades, et

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cherchait avec beaucoup d’adresse à sonder ses in tentions; mais elle demeurait impénétrable. Sa conversation ne tendait qu’à le convaincre, en dépit de ses espérances , qu'elle ne pouvait concevoir de bonheur égal à la liberté et à l'indépendance dont elle avait toujours joui. Néanmoins sa vanité lui faisait croire que cet état d'incertitude ne pouvait durer long-temps, et l’espoir lui donnait de la persévérance.Souventil s’imaginaitque sa cousine n'avait d’autre but que de rendre sa conquête plus difficile, et alors il ne savait comment concilier cette ruse de femme avec le caractère simple et naïf d’une jeune fille élevée loin du monde.

Fatigué d’un état d'incertitude que des circonstances qui lui étaient bien connues lui rendaient pénible et dangereux, il se hasarda à la fin à presser Mathilde de s'expliquer. Il choisit, comme le moment le plus favorable, une de leurs courses matinales où elle paraissait disposée à l'écouter avec complaisance.

—Vous savez, ma belle cousine, lui dit-il, que dès ma plus tendre jeunesse j'ai été élevé dans l’espoir que nous serions un jour unis; votre père adoucit par cette espérance la dernière heure de sa sœur bien-aimée, lorsque vous et moi n’étions encore que des #nfans; et désirant aujourd’hui voir s’'accomplir

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