‹ Bellême sous Louis XIIIChapitre 4 sur 9 · PHELYPEAUX · texte numérisé non relu

PHELYPEAUX

La clarté fait défaut parfois à la correspondance qui est sous nos yeux. La lettre qui va suivre est pleine d'obscurités. Elle ne s'adresse pas à M. la Reinière, le gouverneur de Bellême, mais à son parent sieur de Courboyer. Un seul fait ne reste pas douteux ; notre pauvre compatriote était enfermé à Sarbruck ; il s'y comporta bravement. C'est une position ingrate que celle de s'enfermer dans une ville en temps de guerre, et d'avoir à y soutenir un siège ; il faut lutter contre l'ennemi du dehors ; contre l'indiscipline, les ennuis, les inquiétudes des défenseurs ; il faut se préoccuper de la rareté et de la pénurie des substances alimentaires, de la privation des matières de guerre, des maladies issues de l'état de siège ; et pour peu que l'ennemi ait le moyen de persévérer, on est privé de l'espérance du succès dans la résistance ; position pénible qui devint celle du gouver-

neur sieur de Courboyer. A bout de peine, la reddition devint une nécessité ; nécessité toujours fâcheuse qui fut sans honte ici, car le commandant de Courboyer put se retirer la tète haute. Voici donc cet arrangement de reddition parvenu jusqu'à nous.

« Par ordre de son excellence monseig'' le comte de Gallay lieutenant g»' des armées de sa Maje.

Il est permis à la garnison du Roy très chrétien présentement dans Sarbruck commandée par mons. de Courboyer de sortir tout a l'heure avecques armes bagages balles en bouche et mesches allumées aux deux bouts il seront convoyés par deux cents chevaux allemans jusques à Metz, a rencontre il laissera auprès de moy un capitaine en ostage pour le dît convoy lequel serat renvoyé en toult asseurance par un trompette à M»" le cardinal de la Valette et s elle a des drapeaux elle serat obligée de me les livrer et a ne les pas cacher car s elle le fait la capitulation sera nulle fait en campaigne ce 3 octobre 1633

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