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DERNIERS PERFECTIONNEMENTS

4 36. — On a ressuscité du grec le mot de gastronomie; il a paru doux aux oreilles françaises, et, quoiqu'à peine compris, il a suffi de le prononcer pour porter sur toutes les physionomies le sourire de l'hilarité.

On a commencé à séparer la gourmandise de la voracité et de lagoinfrerie; on Ta regardée comme un penchant qu'on pouvait avouer, comme une qualité sociale, agréable à l'amphitryon, profitable au convive, utile à la science, et on a mis les gourmands à côté de tous les autres amateurs qui ont aussi un objet connu de prédilection.

Un esprit général de convivialité s'est répandu dans toutes les classes de la société, les réunions se sont multipliées, et chacun, en régalant ses amis, s'est efi*orcé de leur offrir ce qu'il avait remarqué de meilleur dans les zones supérieures.

Par suite du plaisir qu'on a trouvé à être ensemble, on a adopté pour le temps une division plus commode, en donnant aux affaires le temps qui s'écoule depuis le commencement dujourjusqu'à sa chute, et en destinant le surplus aux plaisirs qui accompagnent et suivent les festins.

On a institué le déjeuner à la fourchette, repas qui a un caractère particulier par les mets dont il est composé, par la gaieté qui y règne, et par la toilette négligée qui y est tolérée.

On a donné des thés, genre de comessation tout à fait

extraordinaire, en ce que, étant offerte à des personnes

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qui ont bien dîné, elle ne suppose ni Tappétit ni lascif» qu elle n'a pour but que la distraction et pour baseque la friandise.

On a créé les banquets politiques, qui ont constamment eu lieu depuis trente ans toutes les fois qu'il a été nécessaire d'exercer une influence actuelle sur un grand nombre de volontés, repas qui exigent une gramée chère^ à laquelle on ne fait pas attention, et où le plaisir n'est compté que pour mémoire.

Enfin les restaurateurs ont paru : institution tout à fait nouvelle, qu'on n'a point assez méditée, et dont l'effet est tel que tout homme qui est mattre de trois ou quatre pistoles peut immédiatement, infailliblement, et sans autre peine que celle de désirer, se procurer toutes les jouissances positives dont le goât est susceptible.

MÉDITATION XXYIII

^ 37. — Un restaurateur est celui dont le commerce consiste à offrir au pubMc un festin toujours prêt, et dont les mets se détaillent en portion à prix fixe, »ir la demande des consommateurs.

L'établissement se nomme restaurant^ celui qui le dirige est le restaurateur. On appelle simplement carte l'état nominatif des mets, avec l'indication du prix, et

carte à payer^ la note de la quantité des mets fournis et de leur prix.

Parmi ceux qui accourent en foule chez les restaurateurs, il en est peu qui se doutent qu'il est impossible que celui qui créa le restaurant ne fût pas un homme de génie et un observateur profond.

Nous allons aider la paresse et suivre la filiation des idées dont la succession dut amener cet établissement si usuel et si commode.

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