THÉORIE DE LA FRITURE
48. — C'était un beau jour du mois de mai : le soleil versait ses rayons les plus doux sur les toits enfumés de la ville aux jouissances, et les rues (chose rare) ne présentaient ni boue ni poussière.
Les lourdes diligences avaient depuis longtemps cessé d'ébranler le pavé; les tombereaux massifs se reposaient encore, et on ne voyait plus circuler que ces voitures découvertes, d'où les beautés indigènes et exotiques, abritées sous les chapeaux les plus élégants, ont coutume de laisser tomber des regards tant dédaigneux sur les chétifs, et tant coquets sur les beaux garçons. .
Il était donc trois heures après midi quand le profes^^ seur vint s'asseoir dans le fauteuil aux méditations.
Sa jambe droite était verticalement appuyée sur le parquet; Vb, gauche, en s'étendant, formait une diagonale; il avait les reins convenablement adossés, et ses
i^Sj^ moi friture s'applique égAlementà TacUoft ÙAfrire^ au moyett^nipiéfé PWff frire, et à la chose frite.
120 MÉDITATION YII.
mains étaient posées sur les têtes de lion qui terminent les sous-bras de ce meuble vénérable.
Son front élevé indiquait Tamour des études sévères, et sa bouchp le goût des distractions aimables. Son air était recueilli, et sa pose telle, que tout homme qui l'eût vu n'aurait pas manqué de dire : « Cet ancien des jours doit être un sage. »
Ainsi établi, le professeur fit appeler son préparateur en chef, et bientôt le serviteur arriva, prêt à recevoir des conseils, des leçons ou des ordres.