LONGÉVITÉ ANNONCÉE AUX GOURMANDS
69. — D*après mes dernières lectures, je suis heureux, on ne peut pas plus heureux, de pouvoir donner à mes lecteurs une bonne nouvelle, savoir, que la bonne chère est bien loin de nuire à la santé, et que, toutes choses égales, les gourmands vivent plus longtemps que les autres. C'est ce qui est arithmétiguement prouvé dans un mémoire très-bien fait, lu der^ nièrement à l'Académie des Sciences par le docteur Villermet.
Il a comparé les divers états de la société où l'on fait bonne chère avec ceux oii l'on se nourrit mal, et en a parcouru l'échelle tout entière. Il a également comparé entre eux les divers arrondissements de Paris où l'aisance est plus ou moins généralement répandue, et où l'on sait que, sous ce rapport^ il existe une extrême différence, comme, par exemple, entre le faubourg Saint-Marceau et la Chaussée-d'Antin.
Enfin, le docteur a poussé ses recherches jusqu'aux départements de la France, et comparé, sous le même rapport, ceux qui sont plus ou moins fertiles : partout il a obtenu pour résultat général que la mortalité diminue dans la même proportion que les moyens qu'on a de se bien nourrir augmentent, et qu'ainsi ceux que la fortune soumet au malheur de se mal nourrir peuvent du moins être surs que la mort les en délivrera plus vite.
ieux extrêmes de cette progression sont que , Stat de la vie le plus favorisé, il ne meurt dans ju'un individu sur cinquante, tandis que, parmi li sont les plus exposés à la misère, il en meurt quatre dans le même espace de temps, 'est pas que ceux qui font excellente chère ne jamais malades, hélas 1 ils tombent aussi quel- ; dans le domaine de la Faculté, qui a coutume désigner sous la qualification de bons malades ; Dmme ils ont une plus grande dose de vitalité, toutes les parties de Torganisation sont mieux mues, la nature a plus de ressources, et le résiste incomparablement mieux à la destruc-
î vérité physiologique peut également s'appuyer istoire qui nous apprend que toutes les fois que constances impérieuses, telles que la guerre, les le dérangement des saisons, ont diminué les s de se nourrir, cet état de détresse a toujours été pagné de maladies contagieuses et d'un grand it de mortalité.
caisse Lafarge, si connue des Parisiens, aurait oute prospéré, si ceux qui l'ont établie avaient trerdans leurs calculs la vérité de fait développée docteur Villermet.
avaient calculé la mortalité d'après les tables de 1, de Parcieux et autres, qui sont toutes établies s nombres pris dans toutes les classes et dans tous is d'une population. Hais comme ceux qui plaes capitaux pour se faire un avenir ont en général pé aux dangers de l'enfance, et sont accoutumés >rdinaire réglé, soigné, et quelquefois succulent, H ri a pas donnée les espérances ont été déçues, et culation a manqué.
Cette cause n'a sans doute pas été la seule, maia eUe est élémentaire.
Cette dernière observation nous a été fournie, pa( M. le prçtesseur Pardessus.
M. du Belloy, archevêque de Paris, qui a vécu près d'un siècle, avait un appétit assez prononcé ; il aimait la bonne clière, et j'ai vu plusieurs fois sa ûgurepatriarcale s'animer à l'arrivée d'un morceau distingjié. Napoléon lui marquait, en toute occasion, défécenpd^et respect.
ÉPROUYBTTES GASTRONOMIQUES
70. — Oïl a vu dans le chapitre précédent que le caractère distinctif de ceux qui ont plus de prétentions que de droits aux honneurs de la gourmandise, consiste en ce qu'au sein de la meilleure chère leurs yeux rejstent ternes et leur visage inanimé.
Ceux-là ne sont pas'dignes qu'on leur prodigue des tréisors dont ils ne sentent pas le prix : il nous a donc paru très-intéressant de pouvoir les signaler, et nous avons cherché les moyens de parvenir à une connaissance si importante pour l'assortiment des hommes et pour la connaissance des convives.
Nous nous sommes occupé de cette recherche avec cette suite qui force le succès, et c'est à notre persévérance que nous devons l'avantage de présenter au corps